Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 7 septembre 2020

Christian Paul : « Il faut des compromis offensifs à gauche »

Début septembre, la deuxième édition du Festival des Idées se tenait à La Charité-sur-Loire. Christian Paul, ancien député socialiste et cofondateur du festival, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur Lionel Jospin  
« Je suis heureux qu’il y ait des voix publiques qui s’élèvent pour y voir clair. Mais pour y voir clair pour l’avenir il faut aussi exercer le droit d’inventaire. »
« Je ne suis pas de ceux qui ont considéré que le quinquennat Jospin avait opéré un sans faute. C’est probablement le dernier moment où la gauche a pu réaliser de grandes et belles choses. Mais nous avons sans doute laissé passer la montée de la précarité et sous estimé les effets dévastateurs de la mondialisation économique, ultra-libérale. »
« Je n’approuve pas l’inversion du calendrier électoral qui accentue la présidentialisation. »
« Jospin n’a pas cédé à cette première étape de la dérive social-libérale qui avait été opérée par de nombreux autres gouvernements européen. »

 (Sur le Festival des idées 
« Le Festival des idées est d’abord une université citoyenne. Les partis politiques sont invités mais ne sont pas invitants. »
« Nous n’avons pas vocation à régler tous les problèmes des gauches et des écologistes dans la construction d’une coalition politique. Nous pouvons y aider si nous aidons à ce que la coalition des idées prépare la coalition des forces politiques. »
« La gauche plurielle de Lionel Jospin ou l’union de la gauche de François Mitterrand sont des concepts politiques très situés dans l’histoire. Il s’agit de concepts construits autour du Parti socialiste. »
« Ce qui aujourd’hui est d’une actualité absolue, est d’une tout autre nature : c’est la construction d’une coalition, d’une maison commune qui permette de préparer l’élection présidentielle de manière rassemblée. »
« L’unité n’est pas un projet (…) mais il y a suffisamment de communs, qu’on peut indiquer à quoi peut servir l’unité. »

 Sur la tentation hégémonique à gauche  
« Chaque fois que j’entends les leaders politiques parler de centralité ou d’hégémonie, je constate qu’aucun n’a aujourd’hui vocation à une centralité ou à une hégémonie. »
« Aussi longtemps qu’il y aura une compétition pour l’hégémonie ou la centralité, il y aura une impuissance collective et des blocages qui sont, au fond, assez dérisoires. »

Sur la stratégie à gauche
« Il faut enrichir la stratégie. Le huit clos des partis politiques est mortifère. Les partis politiques, tels qu’ils sont organisés, ne sont pas en capacité d’écouter les citoyens et de les entendre. »
« Le travail d’écoute sérieux des citoyens, qui doit être le préalable à toute politique, doit être fait. »
« Les partis sont profondément dévitalisés par rapport à ce qu’ils ont été dans l’histoire. Ça vaut pour le parti socialiste que je connais de l’intérieur. Les écologistes sont une force montante mais, ils l’avouent eux-mêmes, encore faiblement organisée. Et Jean-Luc Mélenchon, au moins jusqu’à ces derniers mois, était plus constitué comme une forteresse assiégée que comme un grand mouvement très ouvert. »

 Sur Jean-Luc Mélenchon, candidat commun 
« La question est de savoir si nous décidons collectivement de créer les conditions d’une candidature commune. »
« À ce stade, ni Jean-Luc Mélenchon ni d’autres n’ont vocation à se proclamer. Qu’ils déclarent leurs intentions est légitime. Nous serons très nombreux qui, dans un cadre à créer, puissent examiner ces candidatures. »
« Il va falloir trouver une façon d’avancer vers une candidature commune. »

 Sur les désaccords de fond à gauche 
« Les désaccords ne sont pas insupportables dès lors que l’on fait un patient travail de rapprochement et de construction d’une coalition. »
« Si Biden et Sanders ont réussi à le faire aux Etats-Unis, ça doit être possible pour les gauches, les écologistes et les citoyens organisés, de le faire. »
« Si j’avais à désigner trois façons d’agir dans cette rentrée pour fabriquer un programme d’intérêt général et de gouvernement - le programme d’une belle coalition : des initiatives programmatiques du côté des syndicats et des ONG s’acheminent ; des initiatives citoyennes qui ont germé pendant le confinement et qui se consolident ; et puis il faut aussi que depuis les partis politiques, des responsables, des militants, des experts travaillent ensemble sur les cinq ou six grands chantiers. »
« Il faut des compromis offensifs à gauche. »
« Ce qui a tué le quinquennat précédent, c’est l’absence d’ambition de transformation sociale et d’avoir cédé à l’infléchissement libéral - comme le dit Lionel Jospin. »

 Sur l’édition 2021 du festival 
« Il y aura, si l’équipe bénévole du festival s’en donne les moyens, une troisième édition du Festival des idées. »
« J’aimerais qu’à ce moment-là [avant la prochaine édition du festival], la question de la candidature commune soit tranchée. »
« Si nous pouvons d’ici l’été prochain avoir un candidat commun, nous aurons rendu service. »

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