Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 4 novembre 2019

Christophe Deltombe (La Cimade) dénonce une « chasse aux migrants »

Après son interview dans Valeurs Actuelles, quel rapport Emmanuel Macron entretient-il à la question migratoire ? Quel bilan de la loi Asile et Immigration ? Quel sort pour le droit d’asile et les droits des réfugiés et des migrants ? Christophe Deltombe, président de La Cimade, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’interview d’Emmanuel Macron dans Valeurs Actuelles et les « droits de l’hommistes » 
« On finit par avoir l’habitude de cette espèce de dénigrement à bas bruit de ces associations qui font un travail de terrain assez considérable et qui manifestement n’est pas pris en considération par les pouvoirs publics. »
« Les préfets ne prennent plus le téléphone, n’écoutent plus, ne répondent plus. Ça n’était pas le cas avant. »
« Aujourd’hui, il y a une espèce de mépris de l’Etat à l’égard du monde associatif en général. »
« On est très dénigré parce qu’on n’est pas forcément d’accord avec le gouvernement et ça déplait. »

 Sur les relations des associations avec l’Intérieur 
« Il n’y a aucun contact avec le ministère de l’Intérieur. »
« On a eu des contacts avec les ministres précédents : on pouvait ne pas être d’accord mais au moins, il y avait un dialogue. Aujourd’hui, il n’y a pas de dialogue. »

 Sur la polémique suscitée par Emmanuel Macron avec les pays de l’Est 
« On a une espèce de mode au gouvernement : brocarder les populations qui viennent de l’Est. »
« Sur 5.000 demandes d’asile de Géorgie, il y en a mille qui l’ont. Ça montre que, même quand on vient d’un pays sur, on peut avoir l’asile. »
« Ce n’est pas parce que des personnes se présentent en France et n’ont pas l’asile, que, pour autant, elles n’ont pas vocation à l’avoir. »
« On a aujourd’hui une population assez importante qui devrait avoir l’asile mais qui, par le biais du dublinage, n’ont pas la possibilité de déposer une demande d’asile. C’est tout à fait anormal et il y a en Europe un jeu de ping-pong où on se renvoie les migrants au motif que Dublin impose de renvoyer les personnes sur d’autres pays moyennant quoi, on n’étudie pas leur demande d’asile. Du coup, on se retrouve avec des personnes en situations dites irrégulières qui vont se balader d’un pays à l’autre. »

 Sur le rapport de Macron et l’immigration 
« Il y a, dans le discours du Président de la République, une espèce de systématisation de l’idée que des gens fraudent, que des gens sont là alors qu’ils ne devraient pas y être. Combien de personnes, en France, ont vocation à demander l’asile et ne peuvent pas y arriver parce qu’il y a des files d’attentes devant les préfectures, au téléphone ou par Internet, parce qu’on ne met pas suffisamment de personnels pour pouvoir accueillir les demandes ? »
« On est en train de compliquer de plus en plus les situations pour régulariser. »
« On passe son temps à réduire les droits et ensuite on dit que les gens n’ont pas accès à ces droits. C’est la chasse aux migrants purement et simplement - y compris des personnes qui ont vocation à demander l’asile. »

 Sur la loi asile et immigration
« On a affaibli le droit d’asile et on passe son temps à l’affaiblir. »
« En renforçant les frontières européennes, en compliquant les procédures d’accès, on interdit de plus en plus l’accès à l’asile à des personnes - alors que, normalement, elles devraient y avoir accès. »

 Sur le débat sur l’immigration 
« Personne ne demandait ce débat. »
« Le débat sur l’immigration a été mis en place pour des raisons purement électorales. »
« On nous dit que la loi asile et immigration est périmée et qu’il faudra la remplacer. Tous les six mois, on nous dit que la loi est périmée parce que, tous les six mois, on a des logiques électorales. »
« L’étape d’après, c’est toujours une réduction des droits. C’est systématiquement une réduction des droits qu’on constate depuis des années – avec une accélération particulièrement en ce moment. »
« Actuellement, les demandeurs d’asile qui ont vocation à être hébergés par l’Etat ne sont pas hébergés pour 50% d’entre eux. »
« L’hébergement est une priorité. »

 Sur la situation de Samira, qui a fui la Libye 
« La situation de Samira est une très belle illustration de l’absurdité du règlement Dublin. »
« On veut renvoyer Samira et son père en Italie. L’Italie n’étudie pas, ou très peu, les demandes d’asile en ce moment. »
« La France est parfaitement en droit d’examiner la demande d’asile de Samira - comme ça avait été le cas lors de l’évacuation du camp de Calais conformément à la clause de souveraineté. »
« C’est une question d’humanité mais, manifestement, l’humanité semble avoir été quelque fois oubliée par quelques préfets. »

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