Accueil | Par Pierre Jacquemain | 17 avril 2018

Christophe Ventura : "La démocratie brésilienne ne fonctionne plus."

Quel bilan pour les gauches latino-américaines au pouvoir ? Quel avenir pour Lula ? Et pour Cuba après Raul Castro ? Réponse dans la Midinale avec Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS.

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 Sur la politique latino-américaine d’Emmanuel Macron 
« Aujourd’hui, la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement vis-à-vis de l’Amérique Latine est une inconnue. »
« Il y a une réapparition de la France à travers le billet commercial, c’est-à-dire exportations des entreprises françaises. »
« La France est un pays latino-américain d’une certaine manière, avec la Guyane et la frontière brésilienne, mais aussi dans la Caraïbe. »
« Il y a un enjeu pour les Latino-Américains à sortir du modèle énergétique traditionnel lié au pétrole. Et la France pourrait jouer un rôle important à ce niveau-là. »

Sur Lula au Brésil 
« Le scénario dans lequel se trouve Lula aujourd’hui est inédit dans l’histoire brésilienne et latino-américaine. »
« Le plus probable, c’est qu’il reste en prison. »
« Ce qui s’est passé au Brésil a un objectif : empêcher Lula de se présenter à la présidentielle. »
« Il reste à Lula des recours juridiques à actionner. »
« La crise politique autour du cas Lula ne se résume pas à lui-même. »
« Il y a un problème de structure de la démocratie brésilienne. »
« Le système [brésilien] est largement pourri, en particulier au niveau politique, par l’argent dans le privé, la corruption… »
« La démocratie brésilienne ne fonctionne plus. »
« Lula doit, autour de sa condamnation, réussir à mobiliser une population atone. »

 Sur le bilan des gauches latino-américaines au pouvoir 
« Le bilan des gauches latino-américaines au pouvoir est un bilan contrasté. »
« Ces gouvernements ont construit la base d’un Etat social qui n’existait pas préalablement. »
« Mais ils n’ont pas modifié les structures de l’économie latino-américaine, c’est-à-dire un modèle de développement basé sur les ressources naturelles et l’exportation à faible valeur ajoutée qui les rend à la fois dépendants des capitaux et des technologies des pays riches. »

 Sur l’état des forces progressistes en Amérique latine 
« L’Amérique latine est la région du monde qui concentre les mouvements populaires, la société civile la plus intense et la plus dense au niveau de la planète. »
« Il y a foisons dans la région de débats, de productions de nouveaux paradigmes pour construire une société plus juste. »

 Sur Cuba 
« Cuba continue ses évolutions dans une maîtrise politique indiscutable à l’image de l’île. »
« Raul Castro va quitter le pouvoir formellement le 19 avril mais va quand même rester à la tête du Parti communiste. »
« Il y a des évolutions qui correspondent à une tentative d’ouverture de l’économie cubaine au niveau international, de libéralisation partielle avec un contrôle politique qui vise essentiellement, du point de vue des Cubains, de conserver leur souveraineté nationale envers et contre tout. »

 Sur les caricatures systématiques des gauches latino-américaines 
« A chaque fois que la droite cherche à disqualifier leurs adversaires de gauche, elle passe son temps à agiter des menaces sur la nature supposée des gauches au pouvoir. »
« Aucun processus d’émancipation est un long fleuve tranquille. »
« En Amérique latine, ceux qui accusent la gauche d’être hyper corrompue, c’est la droite hyper corrompue. »

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Vos réactions

  • L’échec de la gauche réformiste était prévisible :
    https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1898/

    À partir du moment où Lula a refusé de collectivisé les terres, trahissant tous les "sintierras", il était évident que ce pouvoir démocratico-libéro-humaniste allait ouvrir grand la porte à un coup d’État Fasciste.

    Nous y sommes. Vous ne voulez pas de la Dictature du Prolétariat ? Profitez bien des coups d’État Fascistes.

    La Dictature du Prolétariat n’est pas optionnelle, sans elle, les fascistes prennent le pouvoir par la force si nécessaire.

    kheymrad Le 20 avril à 13:33
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