Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 2 novembre 2021

Claire Lejeune : « La France régresse sur ses engagements climatiques »

La conférence de Glasgow, dite COP26, s’est ouverte dimanche dernier et se tiendra jusqu’au 12 novembre sans la Chine, la Russie ou même le Brésil qui comptent parmi les plus gros pollueurs du monde. Une nouvelle COP pour quoi faire ? Claire Lejeune, ancienne co-secrétaire fédérale des jeunes écologistes et membre de l’équipe de coordination de Résilience commune, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les COP en général 
« Avec les COP, on est entré dans quelque chose qui est de l’ordre de la diplomatie incantatoire. »
« Depuis la première COP, les gaz à effets de serre ont augmenté de 45%. L’ensemble des engagements pris ne sont pas respectés. La posture de Macron est emblématique de ça : il a un discours très paternaliste envers certains autres pays alors que la France est en situation de délinquance. Elle a été condamnée plusieurs fois par l’Union européenne pour non-respect notamment des normes en matière de pollution de l’air. Elle a aussi été condamnée par le Conseil d’Etat. »
« La France est mal placée pour donner des leçons au monde. »
« La France régresse sur ses engagements pris en matière climatique. »
« On est dans une phase où tous les espaces sont bons pour faire pression et faire avancer les choses. »
« Sans leadership et une coalition d’Etats qui prennent en main le défis climatique, ça restera des raouts diplomatiques sans effets réels. » 
« Selon les dernières estimations, on s’oriente vers un monde à +2,7°C d’ici à 2100 c’est-à-dire un enfer sur Terre. »
« Il faut changer les bases de notre système économique et social. »

 Sur les accords de libre échange  
« On est dans une situation de capitulation par rapport au dérèglement climatique. Et pour maquiller ça, on recourt au marché. »
« Le marché carbone est emblématique du fait qu’on n’est pas dans une compréhension de l’écologie politique qui inclut les questions de justice sociale. Avec le marché carbone, on crée des phénomènes de compensation et non pas de réduction et ou les inégalités entre les pays rejouent à plein. »
« L’écologie des petits gestes à la Macron fait partie d’une écologie libérale. »
« Il faut remplacer les décideurs qui restent dans une logique libérale qui ne veulent pas s’attaquer à la racine du problème. »
« La société civile n’a pas attendu les décideurs pour se mobiliser. »
« Il y a aussi un activisme juridique qui se met en place. »
« Il faut s’attaquer aux questions de fiscalité et remettre le modèle économique dans lequel on fonctionne. »

 Sur l’immobilisme des gouvernants  
« Une des facettes de l’immobilisme, c’est le fait que le débat public est saturé par les questions identitaires. »
« On est dans un état d’urgence climatique qui commence à avoir des répercussions en termes de vie humaine. »
« Cette COP a été décalée d’un an à cause d’une pandémie qui n’est pas sans lien avec la dégradation de la biodiversité. »
« On va rentrer dans un cycle de crises ou même la diplomatie climatique devient impossible. »
« On est dans une corde assez raide. »

 Sur la responsabilité des gouvernants  
« Macron ment et avance des contre vérités. »
« Le souci avec la responsabilité directe d’individus c’est que les élections passent mais la machine reste là, donc il nous faut des condamnations qui puissent tenir dans le temps. »
« Il y a toute une génération d’activistes qui s’empare de la question juridique. »
« Je doute que les deux condamnations pour inaction climatique soient suivies d’effets quand on voit la direction que prend le gouvernement d’Emmanuel Macron. »
« Il faudrait trouver les leviers juridiques pour mettre en cause la responsabilité directe des individus qui gouvernent. »
« Quelques centaines d’individus surpuissants qui, à l’échelle de la planète, sont en train de condamner l’avenir de l’humanité. »
« Il y a la diplomatie de façade très couverte par les médias quand, dans les coulisses, s’opère un lobbying intense par les industries fossiles. »

 Sur l’exemplarité nationale et individuelle en matière écologique 
« Dire que l’on va perdre en compétitivité en s’engageant dans la transition écologique, c’est concéder que l’on va rester dans une perspective libérale. »
« Le protectionnisme aujourd’hui, il est à la fois vert et solidaire : il faut que chaque espace territorial puisse avoir son autonomie du point de vue énergétique et alimentaire. »
« Si demain, on a un gouvernement écolo qui arrive à entraîner une coalition de pays européens, cela voudra dire que l’Union européenne sera figure de proue sur la question et cela reconfigurera la géopolitique à l’échelle globale. »
« L’écologie politique est systémique : c’est au système de changer pour que les individus puissent changer plutôt que l’inverse. »

 Sur 2022 
« Force est de constater que 2022 pour notre camp ne joue pas réellement en commun. »
« Il ne faut pas perdre l’espoir qu’il y ait, à un moment, une dynamique de rassemblement. »
« Aujourd’hui, je crois beaucoup plus dans l’émergence d’une dynamique à partir d’un centre de gravité plutôt que d’initiatives qui viendraient par l’extérieur forcer l’union de l’ensemble des candidatures. »
« On a besoin d’un front commun, notamment parce que l’on fait face à rien de moins qu’un péril fasciste en France. »

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  • « On a besoin d’un front commun, notamment parce que l’on fait face à rien de moins qu’un péril fasciste en France. »

    Je me souviens quand je tenais ce genre de propos il y a 10 ans on disait que j’exagerais.

    On va préciser : on n’est pas face à un péril fasciste, on est face à un retour du nazisme. Les délires de QAnon sur le pedosatanisme des élites et l’adrénochrome : c’est une simple maj du Protocole des sages de sion. La remigration était au coeur du programme du NSDAP dans les années 30 (le retour des juifs en Palestine). C’est dommage qu’on ne puisse plus parler de la théorie du Typhus aujourd’hui (purement et simplement interdite par la loi), car c’est l’histoire d’une remigration qui tourne mal et qui finit avec des millions de morts (une approche de la Shoah qui nous serait extrêmement utile aujourd’hui pour lutter contre l’extrême droite. Malheureusement grace aux juges les médias bourgeois peuvent tranquillement nous répondre que Zemmour ou Lepen ne sont pas des Nazi puisqu’ils ne veulent pas exterminer mais simplement remigrer).

    Les changements climatiques nous amènent vers un nouvel holocauste : celui des musulmans. Les pays musulmans vont subir de telles augmentation de température qu’ils vont devenir absolument incompatibles avec la vie humaine. Or, ce sont des dizaines de millions de musulmans qui vont être expulsés d’Europe dans la décennie qui vient.

    Enfin, rappelons que si les juifs avaient voté en 1930, jamais Hitler n’aurait eu le pouvoir. Mais bon, la majorité des juifs étaient eux même d’extrême droite, et avaient très peur d’une victoire des communistes.... Et les musulmans aujourd’hui ? Est-ce qu’ils vont aller voter à gauche, ou pour les écolos ? Non, ils votent pour Enhada. Ils sont profondément homophobes et antisémites. Pour eux la gauche est responsable de la décadence des mœurs en Europe. D’ailleurs, dans la charte du Hamas, il est écrit noir sur blanc que Marx fait partie du "complot juif". Dans ces conditions, je leur souhaite une bonne remigration, et je leur conseille de prendre de la crème solaire.

    jojoLeTroll Le 6 novembre à 23:35
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