Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 27 octobre 2020

Clément Pairot : « Trump cristallise l’opposition : si les Démocrates doivent se chamailler, ce sera après l’élection »

Quelle présidence pour Joe Biden s’il est élu ? Quelle Amérique Donald Trump laissera-t-il derrière lui s’il perd ? Et s’il gagnait à nouveau ? À une semaine de l’élection présidentielle aux États-Unis, Clément Pairot, auteur de Democrazies : un Frenchie dans la campagne de Bernie Sanders, est l’invité de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

 

ET À LIRE...

 Sur l’état de la démocratie étasunienne après quatre ans de mandat de Donald Trump 
« Les quatre dernières années ont été marquées par la polarisation du champ politique et la violence qui en a découlé. »
« Cette violence s’est traduite dans la sphère sociale par des émeutes et des manifestations, de l’extrême droite comme de Black Lives Matter. »
« Il y a de moins en moins de porosité entre démocrates et républicains. »
« Des études montrent que plus de 30% des Américains affirment qu’ils ne reconnaîtront pas la légitimité de l’élection, peu importe le gagnant. »
« Il y a trois Amériques irréconciliables : l’Amérique trumpiste radicalisée fan de son héros et convaincue notamment via des théories complotantes qu’il est leur sauveur, l’Amérique centriste incarnée par Joe Biden, soutenue par des Républicains anti-Trump, c’est-à-dire un espace qui ne réinterroge pas le système économique et politique, et l’Amérique très progressiste qui font confiance aux constats scientifiques notamment sur la question environnementale et qui sont dans l’urgence d’obtenir une égalité de faits entre les différentes minorités et le citoyens lambda américain. »

 Sur Donald Trump à l’aune de ses 4 ans au pouvoir 
« Donald Trump a fondamentalement dégradé la fonction présidentielle. »
« Le président des Etats-Unis est devenu le premier twittos du monde. »
« Pendant la campagne électorale, Donald Trump a confondu sa posture de président et de candidat, notamment en faisant un meeting depuis la Maison Blanche. »
« Les théories du complot n’ont pas attendu Donald Trump pour être présentes dans l’espace public mais, en revanche, le rapport du président aux faits et à la vérité a amené les médias à ne plus savoir comment traiter sa parole… »
« Donald Trump est un symptôme et un catalyseur de ces phénomènes : le problème, c’est l’ampleur qu’il leur donne. »

 Sur le Parti démocrate 
« La personnalité de Donald Trump cristallise l’opposition démocrate - s’ils doivent se chamailler, ils se chamailleront après. »
« Joe Biden cherche à ménager la chèvre et le chou et ne veille pas tant que ca à dire ce que la gauche voudrait qu’il dise mais à ne surtout pas dire ce que le centre droit ne voudrait pas qu’il dise : il ne parle donc pas, par exemple, de la Cour suprême alors que cela pourrait être central, c’est pour cela aussi qu’il ne parle pas non plus de Green New Deal ou qu’il n’a pas eu de grands discours sur Black Lives Matter ou la réforme de la police. »
« Joe Biden a intégré depuis avril dans l’équipe de réflexion sur le programme démocrate, une grande partie des acteurs de gauche comme Bernie Sanders de manière informelle ou Alexandria Ocasio-Cortez comme co-présidente de la partie environnement. »

 Sur la campagne de Donald Trump 
« Donald Trump a fait sa campagne sur la loi et l’ordre, un vieux slogan conservateur historique. »
« Donald Trump passe son temps à dire que l’Amérique se relève. »
« Donald Trump a attrapé le Covid et il en ressort moins crédible auprès des démocrates dans la mesure où même lui a attrapé le Covid alors qu’il le dénigrait quelques mois auparavant mais, finalement pour les électeurs républicains, il y a un effet waouh parce qu’il a aussi vaincu le Covid dans sa chair. »
« Un indicateur fort, c’est là où Donald Trump met son argent pour des pubs télévisées : aujourd’hui, c’est dans des Etats qu’il avait déjà gagné en 2016. Il est donc dans une posture défensive. »

 Sur les suites du mouvement progressiste au sein des Parti démocrate 
« Il faudra voir quelles sont les figures qui vont entrer au Congrès et avec quelle marge. »
« Une des questions, c’est : est-ce que Bernie Sanders va essayer de se placer comme secrétaire d’Etat au travail comme il l’a récemment évoqué sur Twitter ? Même s’il semble assez improbable que Joe Biden lui fasse ce cadeau-là car ce serait un signal terrible pour l’establishment économique… »
« Il faudra observer si le mouvement activiste de gauche qui s’était très bien mobilisé derrière Elisabeth Warren et Bernie Sanders pendant la première phase de la primaire va pouvoir se relancer dès le 4 novembre pour exercer une pression importante sur Joe Biden. »
« Bernie Sanders a d’ores et déjà annoncé un plan pour les 100 jours post-élection pour amener Joe Biden à s’aligner sur certaines positions et notamment d’être beaucoup plus ambitieux sur la proposition de la couverture de santé universelle. »

 Sur la nomination d’Amy Conney Barret à la Cour Suprême 
« La Cour Suprême symbolise très bien la faiblesse de la démocratie américaine et les écueils dans lesquels elle s’est enfermée. »
« Est-ce que cette Cour Suprême est fidèle à la composition de la société dans laquelle on vit ou est-ce que c’est juste un cercle de gros réacs qui restent plusieurs d’années dans leur toge ? »
« Un des enjeux si Joe Biden est élu, ça va être une réforme de la Cour Suprême : il n’est pas écrit dans la Constitution que la Cour Suprême doive se limiter à 9 juges ni qu’ils soient nommés à vie. »

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