Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 17 février 2020

Clémentine Autain : « On est face à une bande de pieds nickelés »

Alors que la commission spéciale n’a pas eu le temps d’examiner l’ensemble des 65 articles du projet de loi de réforme des retraites, que plus de 40.000 amendements ont été déposés et doivent être débattus à l’Assemblée, Clémentine Autain, députée LFI et co-directrice de Regards, est l’invitée de #LaMidinale.

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 Sur les amendements de la France insoumise  
« La procédure accélérée empêche l’étude du projet de loi. »
« Nous n’avons pas eu le temps d’étudier les 65 articles de la loi en commission. »
« Le gouvernement est le premier responsable d’avoir, d’emblée, dit “nous n’irons pas jusqu’au bout du texte en commission”. »
« Notre stratégie parlementaire fait écho aux mobilisations sociales de la rue. »
« Notre méthode - qui a consisté à déposer des amendements de manière systématique - a permis de parler du fond. »
« Nos interlocuteurs ont été très mous. »

 Sur la possibilité du recours au 49.3 
« Ça sera le choix du gouvernement : on est opposé au 49.3 et au texte de loi. »
« Si le gouvernement recourait au 49.3 ça ne ferait qu’apporter de l’eau au moulin de la colère dans le pays. »

 Sur le débat parlementaire  
« Pour être très honnête, nous ne sommes pas dans une logique de faire changer le texte (…). On est, en bloc, opposé au texte. »
« Le modèle que nous propose ce gouvernement est injuste et consiste à faire travailler plus longtemps pour contraindre les budgets publics. »
« Le seul objectif, c’est de réduire la voilure de la dépense publique conformément à la règle d’or de Bruxelles. »
« Il va y avoir autant de régimes que de générations. »
« Il n’y aura pas de régimes spéciaux mais il y aura des régimes spécifiques. »

 Sur le texte de loi 
« On a déposé de nombreux amendements sur la pénibilité qui ont tous été rejetés. Nos marges de manœuvre sont très faibles. »
« Ce texte de loi est un texte à trous. »
« Même sur les questions des pensions de réversion, on n’y voit toujours pas clair. »
« L’indicateur du ”revenu d’activité moyen” ne veut rien dire. C’est un indicateur qui n’existe pas. »
« Les travaux de la commission parlementaire sur la réforme des retraites ont été tristement fascinants : les députés de la majorité avaient un dogme intangible - la règle d’or des 3% - mais surtout ils n’étaient pas préparés. On est face à une bande de pieds nickelés qui sont incapables de nous dire comment on va calculer ses points et donc sa retraite demain. »
« Comment ont-ils pu travailler pendant deux ans et nous poindre un texte aussi flou ? »

 Sur le lundi noir dans les transports et les mobilisations  
« Ce qui est impressionnant, c’est la durée et l’ampleur de la mobilisation. »
« Le gouvernement a réussi à mettre en colère tout le monde (…) c’est des secteurs très divers de la société qui sont mobilisés et en colère. »
« On est face à une équipe gouvernementale très entêtée, technocratique, qui a décroché de la majeure partie de la société. Et ça, c’est très dangereux. »
« Je rêverais qu’on ait une grève générale reconductible. »
« Je ne dirais pas que la mobilisation est finie : ça peut tout à fait repartir et plus fort encore. »

 Sur le référendum  
« Référendum et mouvement social ne sont pas incompatibles. »
« Nous avons utilisé les leviers disponibles sur un plan institutionnel et nous défendons une motion référendaire, à l’Assemblée nationale, avec l’ensemble des groupes d’opposition de gauche. »
« Nous réfléchissons au dépôt d’une motion de censure : pour l’instant, les socialistes ne veulent pas la signer tout de suite mais ils ne sont pas contre le principe (…). Il y aura aussi un recours déposé au Conseil constitutionnel - si le texte devait être voté. »

 Sur l’alternative politique 
« La question qui se pose à nous c’est la question de la perspective politique. »
« Il faut bâtir une espérance (…) il faut une espérance de transformation sociale et écologique. »
« À deux ans d’une élection, on ne voit pas toujours bien clair quelle sera la situation exacte : Macron sera-t-il empêché ou pas ? »
« Peut-être qu’Emmanuel Macron peut se retrouver dans la même situation que François Hollande à ne pas être en capacité de se représenter. »
« Dans la gauche sociale et écologiste, tout n’est pas encore calé non plus : il y a des tensions, il y a des contradictions, il y a des histoires différentes. »
« Il y a plein de choses qui rendent très difficile le chemin que je souhaite c’est à dire qu’on arrive à des convergences qui permette d’aboutir à une candidature de rassemblement social et écologiste, en 2022. »
« Il y a une convergence à l’Assemblée nationale contre le projet de réforme de retraite. C’est un premier pas. La culture commune est en train de se mettre en place. »

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