Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 31 août 2022

« Conditions de travail et salaires : 82,5% des conducteurs de bus de Pau seront en grève demain »

Jeudi 1er septembre, jour de rentrée scolaire, la grande majorité des transports en commun de Pau seront à l’arrêt. Philippe Castagno, conducteur de bus gréviste et secrétaire général de la CGT STAP Idelis, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

Sur la situation des conducteurs de bus à Pau
« On a initié un mouvement de grève en rapport avec nos conditions de travail qui se dégradent d’année en année ainsi que nos conditions salariales qui sont loin de suivre l’inflation galopante. »
« Nos salaires ont été revalorisés de 1,5% en début d’année lors de nos négociations annuelles obligatoires (NAO) avec une petite prime de pouvoir d’achat exceptionnelle (mais qui ne participe pas vraiment à l’augmentation de notre pouvoir d’achat…). »
« Le SMIC a augmenté de 8% quand nous n’avons été augmenté que de 1,5% ! »
« Nous sommes exposés à des conditions de travail exécrables, de la violence, des incivilités et des heures de travail décalées. »
« On est en sous-effectif donc tous nos jours de congé de récupération sont refusés systématiquement. »
« Aujourd’hui, on tire donc la sonnette d’alarme et on demande au politique de prendre ses responsabilités en recréant de l’attractivité dans notre métier de conducteurs de transports en commun. »

Sur la mobilisation
« On commence demain jeudi 1er septembre, jour de la rentrée scolaire. »
« Demain, nous avons 82,5% des agents de conduite qui se sont portés grévistes – c’est dire le taux de mécontentement dans l’entreprise. »
« Le problème est tellement important au sein de l’entreprise que c’est la CGT qui a initié le mouvement mais FO nous a emboité le pas et la CFDT également. Tous les syndicats parlent donc d’une voix unie. »

Sur les rapports avec la direction d’Idelis
« Nous demandons des améliorations des conditions de travail et le maintien du pouvoir d’achat à travers une réouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) de 2022. »
« Nous avons demandé 5% sur la valeur du point et la mise en place d’une indemnité carburant pour aider face à l’augmentation du prix à la pompe. »
« Le directeur nous a répondu favorablement, sans nous donner pour autant de résultats concrets mais a proposé de nous rencontrer demain à 11 heures pour évoquer ces deux sujets. On pense que la direction a un plan et même si elle ne donnera vraisemblablement pas ce que l’on veut, on va entrer dans la négociation. »

Sur la pénurie de conducteurs de transports en commun en général
« Il y a un problème avec le métier de conducteur. »
« Pendant la crise sanitaire, les gens se sont aperçus qu’il y avait des métiers où l’on ne travaillait pas en horaires décalés, pas le week-end et où l’on avait moins de responsabilités et d’ennuis. Et ils sont allés vers ces métiers. »
« Le métier de conducteur-receveur est confronté à une pénibilité élevée : il y a tout ce qu’il se passe à l’intérieur du bus et tout ce qu’il se passe à l’extérieur. Ajoutez à cela des horaires décalés et du travail le samedi comme le dimanche, vous obtenez le cocktail parfait pour désintéresser nombre de candidats. »
« L’idée, c’est d’assurer un service public de qualité : il y a de plus en plus de personnes qui utilisent des services de mobilité. Nous sommes, sur le territoire de Pau, la colonne vertébrale des mobilités et on considère que les gens ont le droit d’être transportés dans de bonnes conditions et à des tarifs avantageux. »

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