Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 15 décembre 2017

Danielle Tartakowsky : "L’université joue le rôle de variable d’ajustement."

De quelle université rêve Emmanuel Macron ? À quoi sert l’université ? Faut-il sélectionner les étudiants à l’entrée des facs ou faut-il construire des pôles d’excellence universitaires ? L’ex-présidente de l’université Paris 8, auteure de "Construire l’université au XXIè siècle" aux Édition du Détour, Danielle Tartakowsky, était l’invitée de #LaMidinale.

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 Sur la surpopulation à l’université 
« Chaque rentrée, nous alertons sur le fait que nous n’avons plus un mètre carré disponible et plus une heure complémentaire disponible. »
« Nous sommes confrontés à une croissance que nous saluons du nombre d’étudiants. »

 Sur les tentatives de réformes de l’université 
« On est en train d’apporter des réponses à la faveur d’une opération de communication à prendre conscience qu’il existe un problème mais à mal le saisir. »
« Nous avons bricolé des dispositifs pour lutter contre l’échec en premier cycle. »
« En tant qu’enseignants-chercheurs, nous sommes beaucoup plus à l’aise dans la reproduction que dans l’innovation. »

 Sur les moyens octroyés à l’université 
« On nous donne des recettes que nous connaissons mais pour lesquelles nous n’avons pas de moyens. »
« L’augmentation du budget est de 1 milliard sur 5 ans, les organisations syndicales chiffrent, pour répondre à la réforme telle qu’elle est mise en place, à 1 milliard pour la 1ère année. »
« Les dépenses d’enseignement et de recherche sont des dépenses productives qui devraient être réduits à des déficits calculés par Bruxelles. »
« Si on reste sur la question des moyens, on reste plus inaudible que si on cherche à expliquer ce que l’on veut faire et pourquoi on veut le faire. »

 Sur le rôle de l’université 
« L’université joue le rôle de variable d’ajustement. »
« On utilise des mesures qui n’ont pas été votées par l’Assemblée et des financements qui ne sont pas budgétés pour transformer en profondeur l’université. »
« On a des dispositifs à plusieurs vitesses qui s’assument comme tels. »

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  • Quand on a vécu un petit peu a l étranger ou que l on exerce des fonctions ou un métier en rapport avec « l international » on est toujours estomaqué par l hypocrisie des « élites » intellectuelles françaises.

    Le débat sur l’accès « a la fac » débat lancé par E.Macron et qui s illustre dans cet article de regards en est bien le symptôme.

    D abord le constat : chaque rentrée est « surchargée » , et je cite l’auteur «  On est en train d’apporter des réponses à la faveur d’une opération de communication à prendre conscience qu’il existe un problème mais à mal le saisir. »

    La voila l hypocrisie française : Mal saisir le problème ! Risible !

    Le problème il est que 30 a 40 des élèves entrant a la fac, n ont pas le niveau pour suivre une première année, et n aurait du y être admis, mais comme on est en France, au nom de l égalitarisme et de la liberté de chacun, pour ne pas traumatiser les parents et stigmatiser ces chers petits, on ne le leur dit pas.

    Au canada par exemple (ce canada que bcp d étudiants citent en exemple), le niveau d’exigence est tout autre niveau des notes obtenues au DEC, sont élevées et souvent des « tests de niveau » suivant l université visée sont la règle.

    En France depuis le destructeur « 80% de réussite au bac », les échecs en deuxième cycle ont explosé, 56 % des bacs pro ne passent pas le seuil de la première année.

    46 % des autres, 29 % ne finissent pas le cycle licence.

    Et le chœur des faux culs de s’écrier la main sur le cœur « mais comment est ce possible ? »

    Sans être de grands stratèges scolaires, les parents ont bien vu l escroquerie du 80 % et plus au bac.

    Il suffit d’avoir côtoyé dans son entreprise en été des stagiaires pour se rendre compte que beaucoup maîtrisent mal la langue Française, l’anglais n’en parlons pas ! Et que question culture G on est loin des bacs généralistes des générations 80 ou 90 .seuls les maths rechapent au massacre organisé par l éducation nationale

    Les parents ont réagit en conséquences.

    Les jeux sont pipés depuis le collège, les « bons parents de gauche » jouent depuis longtemps la carte des clefs : choix de la première langue, allemand, chinois, puis option latin, grecque, ou bien les classes bilingues, les « bons » établissements, une adresse dans le secteur quitte a acheter un appart ou un garage.

    Les « parents de droite « jouent la carte du privé, confessionnel ou pas, des cours privés, des stage d étés, des séjours linguistiques.

    Evidement tout ce beau monde choisi S ou ES et se tape une classe prépa, ou une prépa spécifique.

    Pendant ce temps, naïvement, benoîtement, encouragés par les syndicats de profs qui défendent leur clientèle et le fameux « c’est la faute des moyens » on laisse s inscrire des gamins qui n ont pas le niveau a des formations et des objectifs inatteignables pour leurs moyens.

    Et de voir les demandes exploser pour les « bonnes filières » STAPS (sport), médecine, sociologie, droit.

    La sélection, « la VRAIE » commence alors dés les vacances de la NOEL, et début mai, les apprentis rêveurs sont déjà a la recherche de leur seconde « 2 ieme première année »

    Redoublement et souvent choix d une discipline plus « facile », qui s’arrête bien souvent en 2 me année, pour les survivants qui ont obtenus une « licence ou une maîtrise dans des domaines aussi générateur d emplois que « eco - histoire- ou COM ».

    Le Pole emploi leur ouvre grand les portes avec pour toute proposition : Facteur a la poste, Livreur Ubérisé, Manager M DO, préparateur de commandes Amazone.

    Et le choeur des pleureuses de continuer à geindre « mais c’est injuste »

    Ben non ! Les CAP ; les brevets et BAC pro dans des filières porteuses, alimentation, tourisme, bâtiments, santé, aide a la personne attendent des candidats qui trouveraient un emploi et qui ont le niveau pour y accéder.

    Mais pour cela il faudrait trouver le courage « managérial » de dire à un parent ou un jeune, « désolé mais tu n’as pas le niveau pour entrer a l université » et arrêter de produire un bac qui ne sert qua entretenir l illusion et les désillusions.

    Dans la plupart des pays d Europe ce langage clair est tenu, pour preuve nous nous classons dans les derniers rangs pour le niveau de nos formations, hors élite.

    buenaventura Le 18 décembre 2017 à 13:04
       
    • Bien vu.
      J’ajoute que l’Enseignement appartient à l’Appareil Idéologique d’Etat tel défini par Louis ALTHUSSER.

      buda Le 18 décembre 2017 à 13:59
    •  
    • @Buenaventura - Si je vous suis bien, les élèves n’arrivent pas avec le niveau au BAC et encore moins à l’université, à cause des "80% de réussite" exigés... et, détrompez-moi au besoin, le "peu de moyens" invoqué par certains "bien-pensants" (terme que vous n’utilisez pas vous-même mais que j’entrevois en vous lisant) dont disposerait l’Education Nationale n’apparaît, semble t’il, que comme une excuse "facile". D’ailleurs, vous clarifier la position des parents "impliqués" et "conscients", qui par rapport aux autres, inscrivent leurs enfants dans des parcours bien particuliers pour conjurer le sort.

      A priori, de ce que j’en comprends, la sélection à l’entrée universitaire est donc une composante normale, de fait usée à l’étranger, à voir comme une réalité qui dépasse le simple cadre politique ou idéologique (puisqu"à l’étranger"
      rappelle bien l’aspect intangible et universelle de cette obligation de sélectionner après le cursus scolaire classique
      ).

      Pour m’aider à préciser votre point de vue, j’avancerai trois questions :

      A quelle part estimez-vous la responsabilité des enfants (et des familles) par rapport à celle de l’Education Nationale dans la "réussite" scolaire ?

      => En effet, les missions premières de l’Ecole sont de garantir des acquisitions culturelles ainsi que de transmettre connaissances et méthodes de travail... Or, il semble qu’elle même n’aspire pas à tirer le bilan des méthodes et ressources qu’elle use pour remplir à ses offices. A défaut d’une étude sérieuse, nous restons donc dans le pur constat subjectif qu’est le votre, auquel dans le doute je veux bien donner crédit, concernant les bacheliers :

      "Il suffit d’avoir côtoyé dans son entreprise en été des stagiaires pour se rendre compte que beaucoup maîtrisent mal la langue Française, l’anglais n’en parlons pas ! Et que question culture G on est loin des bacs généralistes des générations 80 ou 90 "

      Constat auquel on peut ajouter la pléthore de jeunes sans aucun diplômes qui sortent de l’Education Nationale chaque année... Ce qui renvoie donc indubitablement à l’idée que l’Ecole a forcément échoué dans sa mission. Faut-il s’arrêter au constat, et préconiser la sélection, ou poser la question de la responsabilité de la faute ? C’est ainsi que nous en arrivons à la question que je vous pose en préambule : En est-on arriver là du fait de l’Ecole ou de l’Elève (et sa famille) ?

      Pourquoi cette question est-elle si importante ? D’abord, parce que si l’on sait qu’il est difficile d’intervenir au sein des familles (sans mettre à mal les libertés individuelles) ou des désordres cognitifs de l’enfant (sans s’aventurer dans les affres des imbrications psycho-sociobiologiques), il apparaîtrait plus judicieux de s’intéresser aux moyens que l’Ecole se donne pour parvenir à remplir ses objectifs (on en arrive à ce qui pour vous relève de l’excuse..) et d’autre part, parce qu’il faut rappeler que l’Ecole doit aussi former les "futurs citoyens" et que chaque échec n’impacte pas uniquement les chiffres du chômage mais potentiellement le débat démocratique de demain !

      J’en arrive pour le coup à ma 2ème question : Le "courage managérial" manque t’il pour dire à un parent ou à un jeune qu’il ne pourra pas choisir son avenir (ce que beaucoup ont acté depuis très longtemps) ? Ou bien manque-t’il pour "réformer" intégralement l’Education Nationale, des moyens qu’on lui donne, aux méthodes qu’elle choisit pour remplir ses missions ?

      => car à moins de considérer que l’Ecole s’avère un parcours d’obstacles destiné à identifier une "élite", parcours d’obstacles à surmonter pour tous les jeunes en construction et dont il est normal qu’ils usent de stratégies en lien avec les ressources dont disposent leurs familles pour le dépasser (Choix de lycées et collèges publics "d’exception", Ecoles Privées, classes préparatoires, etc..), je ne comprends pas quel intérêt a la société française à pérenniser, via l’adoption en bonne et due forme d’une "sélection Sociale et Culturelle", après celle axée sur les savoirs acquis qu’elle propose déjà avec le Baccalauréat à l’issue du parcours de formation qu’elle dispense, une Education Nationale qui ne parvient à remplir aucun des rôles qu’elle s’est donnée et qui de surcroît laisse entre 95.000 et 120.000 jeunes s’en extraire sans aucun diplôme (vous aurez noté que je n’ai même pas mentionné Bourdieu)...

      Et pour finir, je terminerai sur une 3ème question : Si tous les jeunes qui obtenaient le baccalauréat disposaient REELLEMENT du niveau pour poursuivre des études universitaires, L’Enseignement Supérieur aurait il les moyens de les accueillir tous dans des conditions optimales ?
      => Cette troisième question reprend au final le coeur du problème, celle qui renvoie à un gap "prévisible" en milliards d’euros sur le budget de l’Enseignement Supérieur... le budget par étudiant ayant chuté de près de 10 % en France entre 2008 et 2018, budget dont il faut rappeler qu’il finance pour une part l’enseignement privé....

      Je crois pour ma part que la question de la "Sélection" pour l’accès aux études universitaires après le baccalauréat va bien au-delà de la simple prise d’acte du niveau "scolaire" des lycéens...

      carlos Le 18 décembre 2017 à 15:33
  •  
  • A Carlos
    Merci pour le temps que vous prenez pour « étoffer « le débat », Je v ai essayer de vous préciser chacun des points ou je n ai pas été clair et tenter de répondre a vos questions sans détours ni langue de bois.

    Déjà en préambule, je ne porte aucun jugement de valeur personnel sur les parents, les élèves ou enseignants mais je stigmatise des comportements, des postures, des escroqueries morales qui ont conduit à la situation actuelle.

    « À cause de 80 % de réussite  » Je me suis mal exprimé sur ce point essentiel, je voulais dire que cet objectif, déjà ancien et dépassé en chiffre et taux de réussite a été en fait l’arbre qui cache le foret.

    Quel bac, pour quoi faire ? Si lors de la mise en exergue de cet objectif louable le but était de « monter » tout le monde au niveau du bac, force est de constater que si la plupart des élèves y sont arriver la question est posée : a quel niveau ? Et pour quoi faire ?

    Sans faire le coup éculé et faux du « c était mieux avant » ce vœu pieux du « bac pour tous » a négligé des petits détails.

    Dans les générations précédentes, (avant JOSPIN) le passage de l école primaire au collège n était pas toujours automatique, l’apprentissage et les classes CPPN et CPA accueillaient les élèves les plus en difficultés

    Le passage du collège au lycée n était en rien lui aussi automatique, Lycée PRO et CET, permettaient a des élèves d obtenir un CAP en trois ans, un BP, puis un bac pro, des passerelles existaient réellement.

    Bon nombre de professionnels sont sortis de ces filières là et bon nombre d’artisans qui gagnent parfois fort bien leur vie n ont jamais eu le bac.

    Voila ce que j’appelle une escroquerie et comme vous me le prêtez, je ne pense pas que la non réussite au bac soit imputable à «  l « éducation nationale et a l’excuse facile du manque de moyens » mais plutôt par l illusion donné au familles et aux élèves que n importe quel bac serait un sésame et un viatique pour l accès et la réussite dans les études supérieures.

    Quand aux parents non pas «  conscients et impliqués  », (pas seulement), mais surtout informés et détenant les « clefs » ils ont naturellement mis en place des stratégies pour garantir a leurs enfants, un maintien a niveau des connaissances (et pas que seulement pour le Bac).

    Niveau d exigence qu ils connaissaient bien pour l’avoir eu même éprouvé en leur temps et ils ont anticipé à juste titre que l éducation nationale allait devoir forcement revoir a la baisse les connaissances générale exigées et ce dans toute les matières.

    Des le collège dit « pour tous », il suffit depuis 20 ans de constater, le non redoublement posé quasiment en dogme, les passages de la 6 me a la 3ieme automatique, puis ensuite au lycée sans maîtriser ni la langue française, ni les mathématiques, la lecture, l expression orale, ne parlons pas des sciences et de l histoire.

    Les discours ambiants des politiques de gauche comme de droite sur la « baisse des moyens du mammouth qu il fallait « dégraisser » ont fini de conforter les parents dans leur choix d excellence à tout pris, les autres les non informés et bien ils ont payés et paient les frais de « bac pour tous »

    A priori, de ce que j’en comprends, la sélection à l’entrée universitaire est donc une composante normale, de fait usée à l’étranger, à voir comme une réalité qui dépasse le simple cadre politique ou idéologique (puisqu’à l’étranger" etc. …. )

    Et bien non ! ce n’est pas l exemple de l étranger qui valide mon analyse mais bel et bien le fait que cette réalité « la sélection » est bel et bien supra nationale et indépendante des régimes politiques des pays concernés , voir les milliers d échanges Erasmus qui ne fonctionne que grâce a une reconnaissance des équivalences et des pré requis.

    Voici donc la réponse a votre première question, très, trop longuement détaillée : la responsabilité des familles et des enfants n’est pas en cause, ils ont tout simplement été victime du leurre du « bac pour tous » et ont réagis comme ils le pouvaient pour ceux qui le pouvaient et en avaient les moyens

    En ce qui concerne votre deuxième question : sur le courage ….. Et bien les deux mon colonel ! Si vous me permettez cette locution familière.

    Des éducateurs doivent pouvoir dire a des parents, et a des élèves « non, les bases ne sont pas acquises, non il ne passera pas dans la classe supérieure, non une classe S n est pas dans ses possibilités, désolé nous sommes complet en archéologie, en histoire de l’art et en sociologie »

    Par contre le courage politique est de définir ce que nous volons faire et ce que nous attendons de l éducation qu’elle soit nationale ou pas.

    Je vous cite « aucun des rôles qu’elle s’est donnée et qui de surcroît laisse entre 95.000 et 120.000 jeunes s’en extraire sans aucun diplôme, et bien la réponse a votre deuxième question est là .

    Faut il continuer a produire des bacheliers aux rabais pour avoir la satisfaction de « former des futurs citoyens  » sans travail, sans formation, sans débouché, sans reconnaissance sociale.

    En fait le citoyen idéal formé en dehors des réalités de la société n’est aussi qu un leurre, des citoyens ? Privés de revenus ? Ils n’en ont que le nom et n’exercent que très peu leur citoyenneté, voir les taux d abstentions aux élections chez les personnes privés d emplois, cela est très satisfaisant pour les bien pensants (je lai dit ce coup ci) mais c’est tout !

    Quand au cohortes de bacheliers, licenciés qui rejoignent les rangs des petits boulots de la société ubérisée, je serait curieux de savoir ce qu ils pensent après coup de « leur conseiller d orientation scolaire »

    Pour la troisième question : Si tous les jeunes qui obtenaient le baccalauréat disposaient REELLEMENT du niveau pour poursuivre des études universitaires, L’Enseignement Supérieur aurait il les moyens de les accueillir tous dans des conditions optimales ?

    Je ne le pense pas en effet , je ne puis vous répondre mais c’est cela que vous rêvez ? Une société dont la norme serait le master 2 pour tous ?

    En conclusion je pense que la sélection (hors bac) sur critères de connaissances acquises a l entrée de l université que beaucoup d’acteur éducatifs rejettent continuera de se faire dans les conditions actuelles c’est-à-dire : cruellement faute de courage politique et de négation de la réalité .

    buenaventura Le 18 décembre 2017 à 19:44
       
    • Merci à vous d’avoir préciser votre pensée plus en détails.
      De fait, je pense que, malgré l’automatisme du passage à la classe supérieure (pas si systématique puisqu’on continue d’exclure des jeunes de plus de 16 ans du système scolaire public), il n’y a rien de nouveau au niveau de l’Education Nationale qui depuis que Bourdieu a mis le doigt dessus, n’empêche en rien la reproduction sociale...

      Comme vous je pense qu’il serait pour autant normal que le passage en classe supérieure soit conditionné à la vérification des acquis, mais à l’évidence l’institution scolaire doit alors pouvoir vérifier que la méthode d’apprentissage est bien adaptée, et savoir se remettre en question...

      Sur le fait que les bacs préparent mal à l’enseignement supérieur, je suis tout à fait d’accord, mais pas forcément quant aux contenus ( beaucoup des disciplines n’existant pas dans l’enseignement secondaire)... D’expérience, c’est bien l’incapacité à adopter un comportement autonome et responsable face à un système qui les laissent se debrouiller, qui handicape les étudiants. A double titre, l’Education Nationale doit changer sa façon préparer aux études supérieures, en responsabilisant les élèves dès le plus jeunes âge et en retravaillant les filières "finales", avant le bac, qui devrait rester à mon sens, le sésame pour entrer en fac..

      Carlos Le 18 décembre 2017 à 22:11
  •  
  • suite et fin

    Comme vous l avez deviné je suis pour une sélection préventive affirmée qui permettra sans créer d illusion , d orienter vers des filières pro ou autres , des élèves qui de toute manière quitteront dans les deux ans au plus tard et par la petite porte , l université avec très peu de possibilités et d’envie de suivre une formation qualifiante.

    La sélection , sur note, mention , et ou pré requis , a l entrée de l université n’est pas destinée a sélectionner des élites , mais a permettre a des étudiants de savoir ou ils en sont réellement et a pouvoir leur proposer soit une remise a niveau soit une orientation plus adaptée .

    Faute de faire cela et bien avec l’explosion des inscriptions , la situation va s amplifier et les sorties sans parachutes s ’aggraver.

    il faudra alors revenir sur l illusion du lycée pour tous et conditionner l’accès au lycée par un brevet des collèges permettant d envisager une réussite a un bac réellement préparateur a des études universitaires

    buenaventura Le 18 décembre 2017 à 20:22
       
    • Partant de la situation actuelle, la question de la remise à niveau des étudiants en cas de besoin reste une solution tout à fait envisageable... À condition que celle-ci ne représente pas un nouvel obstacle financier car comme vous le mentionnez ultérieurement, la véritable sélection se fait par l’argent.
      De même, la question des passerelles interdisciplinaires y compris vers les métiers manuels devrait être etudiée sérieusement car tout ce qui tourne autours de "l’intelligence de la main" devrait faire partie de la noblesse des "arts et métiers".
      Après, je ne crois pas dans l’absolu que toutes les filières de l’enseignement supérieur, doivent préparer à des métiers bien précis en lien avec le marché de l’emploi à un instant T... Pourquoi ?
       parce qu’il devrait donner les outils intellectuels, techniques et organisationnels pour s’adapter à n’importe quel poste d’une part, vue la volatilité du marché de l’emploi,
       parce que les emplois de demain, auxquels personnes n’a encore songé, seront très probablement occupés pour une part par des élèves ou des étudiants qui sont actuellement en train d’être formé à tout autre chose...

      Carlos Le 18 décembre 2017 à 22:48
    •  
    • J’ajoute que ces 2 points sont aussi valables pour les filières pro, celles-ci devraient donc être revues, car il ne s’agit pas de continuer à en faire des voies de garage... Comme je l’ai dit précédemment, on devrait être dans le champ des arts et métiers ! En effet, avec des redoublements "utiles" dans un contexte d’adaptation de la méthode d’apprentissage à l’élève, l’approche "pragmatique" peut s’avérer l’option la plus souhaitable pour une partie des élèves qui de fait pourraient être orienté afin de bénéficier des moyens adéquates dans la continuation de leur apprentissage. Aujourd’hui, nous savons tous que ce n’est pas le cas...

      Carlos Le 19 décembre 2017 à 07:44
  •  
  • la sélection qui favorise les élites se fait par l’argent.
    le vrai défi, c’est comment réduire les couts des études, le couts des logements, les bourses, les livres, les stages, les déplacements .

    buenaventura Le 18 décembre 2017 à 20:38
       
    • Des élèves autonomes capables d’esprit critique et de s’adapter à des réalités professionnelles en pleine mutation, ça fera non seulement certainement de bons citoyens attachés à la liberté, la démocratie et aux valeurs de la République, mais de fait, probablement pas des chômeurs passifs subissant le joug du marché de l’emploi....

      Carlos Le 19 décembre 2017 à 07:51
  •  
  • Merci vraiment pour la qualité des propos.
    L’éducation nationale est pleinement dans la reproduction sociale ,le leurre de l’égalité pour les défavorisés et tous frais payés -merci les contribuables-pour les classes aisées .
    Et beaucoup en vivent de ce leurre ,combien de cadres ou chercheurs bidons en science de l’éducation qui ronronnent sur les yakafokons ?.. ils en vivent et bien..rien de nouveau depuis Bourdieu si ce n’est que l’écart se creuse et que le fossé culturel n’a jamais été aussi grand entre les classes sociales .La démocratisation scolaire c’est du bidon ,le principe de réalité a tôt fait de démasquer cette hypocrisie républicaine d’une école qui pratiquerait l’égalité des chances !Jamais le système scolaire n’a ségrégué autant .Attention parents socialement défavorisés ! si vous ne prenez pas en main l’éducation de vos enfants ne comptez pas sur le système scolaire pour les faire monter dans l’ascenseur social ,il est définitivement en panne !

    CORTO69 Le 3 janvier à 23:06
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