Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 30 septembre 2021

David Cormand (EELV) : « Anne Hidalgo se dit écologiste alors qu’elle ne l’est pas vraiment »

Les rousseauistes et les jadotiens peuvent-ils se rassembler et mener campagne ensemble dans la perspective de l’élection présidentielle ? David Cormand, député européen EELV, est l’invité de #LaMidinale.

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Sur la division du pôle écologique
« Non, le pôle écologiste n’est pas divisé. Au contraire. »
« Au premier, comme au second tour de la primaire, les résultats étaient très serrés. Il y a quatre quarts qui ne sont pas des visions différentes de l’écologie et qui révèlent des parcours et des chemins différents qui mènent à l’écologie. »
« Il y a mille chemins qui mènent à l’écologie. »
« Il n’y a pas de familles irréconciliables chez les écologistes. »
« Je suis rassuré qu’il y ait un équilibre politique chez les écologistes. »
« Nous devons tenir compte des différents cheminements qui mènent à l’écologie et c’est le rôle de Yannick Jadot de parvenir à le faire. »
« Je n’ai pas vu de différences fondamentales entre les différents candidats à la primaire. »

Sur la radicalité
« Je n’aime pas le mot radical. Ce mot, pris isolément, ne dit rien et n’est pas éclairant d’un point de vue politique. Je m’en méfie. »
« Je porte une radicalité et nous portons une radicalité écologique qui n’est pas la même que la radicalité de gauche marxiste - qui n’a pas remis en question la question du productivisme, du rapport au travail ou de la consommation. »
« L’écologie politique est un projet politique radical. Et à beaucoup de points de vue, Yannick Jadot porte cela. »
« Dans la façon dont parle Yannick Jadot - et ça n’est pas spontanément ma tasse de thé - il a le souci de dire qu’il est écologiste tout en rassurant ceux qui ne le sont pas. »
« C’est plus dans la façon de raconter le récit qu’il y a une différence. »
« Celle qui portait le projet le plus radical, c’est Delphine Batho. Les autres étaient plutôt convergents sur la plupart des sujets. »

Sur le rassemblement des écologistes
« J’étais défavorable à l’idée de participer à la manifestation - à l’appel des syndicats de police - à laquelle a participé Yannick Jadot, ou même Delphine Batho (…). Pour autant, c’est pas parce qu’ils étaient à cette manifestation qu’ils sont racistes. »
« La participation au deuxième tour est la même qu’au deuxième tour. Ça veut dire que toutes les personnes qui avaient fait un autre choix que les finalistes se sentent quand même intégrés à cette famille écolo. »
« Parce que cette primaire s’est bien passée, je pense que la grande majorité des personnes qui ont participé continueront l’aventure avec nous - sauf pour ceux qui se sont inscrits juste pour faire un vote tactique mais ils sont minoritaires. »

Sur l’absence de dynamique de Jadot
« Il y a un inconscient collectif spontané chez les écolos. »
« Les écologistes ont un rapport au pouvoir où il n’y a pas d’homme providentiel. On ne se livre pas à un homme sous prétexte qu’elle est la plus connue, la plus médiatique, la plus attendue. C’est parfois décrit comme de l’immaturité. Je trouve au contraire que ça relève d’une très grande maturité politique et du rapport au pouvoir. »
« Le fait que le favori ait gagné est précisément la surprise. »

Sur la division à gauche et chez les écologistes
« Il y a beaucoup de candidats issus du Parti socialiste sur la ligne de départ à l’élection présidentielle. »
« La décomposition du PS avant hier et ce qu’est devenue la social-démocratie hier, n’est pas la faute des écologistes. Nous, au contraire, nous apportons des éléments de clarté dans le débat politique. »
« Je ne veux pas que les écologistes soient comme attirés dans cette espèce de bocal d’escargots d’une fin de cycle politique qu’est la fin de la gauche d’inspiration marxiste, et notamment de la fin de la social-démocratie. »
« Nous avons compris avant les autres que la question écologique était centrale, y compris pour redéfinir les rapports de force sociaux et l’enjeu démocratique. »
« L’écologie n’est pas un problème par rapport à un débouché politique, c’est plutôt une solution. »

Sur les candidats dits « écologistes » à gauche
« Quand j’écoute Anne Hidalgo, je ne comprends pas ce qu’elle propose. Elle a un langage mécanique, d’éléments de langage. Je ne comprends pas sa vision et la bifurcation qu’elle veut faire. »
« À Paris, il y a plein de sujets sur lesquels nous sommes en désaccords. »
« Je ne vois pas la plus-value écologique d’Anne Hidalgo. »
« On est dans une situation curieuse où la candidate du PS, uniquement soutenue par le PS, ne dit jamais qu’elle est socialiste. Elle se dit écologiste alors qu’elle ne l’est pas vraiment. »
« Nous ne partageons pas la même histoire politique que celle de Jean-Luc Mélenchon. »
« Il y a des différences et c’est tant mieux. »
« Plus les gens parlent d’écologie, plus je suis satisfait. »
« Je ne crois pas à l’injonction unitaire. L’unité est la conséquence d’un cheminement politique, elle n’est pas un préalable. »

Sur le désistement possible d’Hidalgo pour Jadot
« Ça ne me dérange pas que le PS souhaite avoir un candidat. »
« Je ne demande rien aux socialistes. »
« En 2017, nous avions fait voter de façon très démocratique l’ensemble des participants à la primaire de l’époque pour valider le choix de Benoît Hamon [Cf. Désistement de Jadot]. »

Sur l’Europe de Yannick Jadot
« L’Union européenne est à la fois l’échelon et la perspective qui permet - y compris à la France - de pouvoir assumer une réelle souveraineté et c’est aussi un obstacle à un certain nombre de politiques pas tant du fait des traités que du fait des Etats-Nation. »
« Au niveau du Parlement européen, on arrive à avoir des coalitions qui vont du groupe de la GUE, c’est-à-dire LFI, au PPE, c’est-à-dire LR, pour demander un plan de relance à 2000 milliards d’euros. C’est les Etats-Nations qui ont dit que nous allions faire un plan de relance à 750 milliards d’euros. La même coalition dit qu’il faut la taxe sur les transactions financières. Ce sont les Etats-Nations qui bloquent. »
« L’Union européenne est une démocratie inachevée. Est-ce que sous prétexte qu’elle est inachevée il faut la saborder, je ne le crois pas. »
« Si on veut peser à l’échelle mondiale, le relais européen est décisif - on l’a vu avec l’histoire des sous-marins même si ça n’est pas ma came. »
« Si on veut renoncer à cette espèce de conception souverainiste-impérialiste de la France, il faut s’appuyer sur un échelon qu’est l’Union européenne et qui nourrirait un imaginaire qui n’est pas un imaginaire impérialiste. »
« La bonne connaissance qu’a Yannick Jadot de l’échelon européen, des rapports de force, les contacts qu’il a noué en tant que député européen, est un point fort parmi d’autres dont il dispose. »

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