Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 29 juin 2020

David Cormand : « On propose un changement radical de société, au sens étymologique du terme »

Vague verte sur les grandes villes de France. Qu’est-ce que l’écologie municipale ? David Cormand, député européen et ancien patron d’EELV, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la ligne politique de l’écologie 
« Il y a une évolution depuis ces dernières années : la matrice marxiste a pris conscience de la prépondérance de la question écologiste. »
« L’écologie n’est pas un appendice idéologique qu’on grefferait sur la gauche d’inspiration marxiste. »
« Il faut revisiter la question sociale et des solidarités à l’aune des limites planétaires. »
« La question écologique n’interroge pas la question du partage de l’abondance mais de la sobriété dans la justice. »
« La force propulsive en termes d’imaginaire de ces élections municipales, ça a été l’imaginaire écologique. »
« L’accord avec Cédric Villani à Paris ne correspondait pas à une réelle attente de qui que se soit - y compris de Cédric Villani. »
« Je n’inscris pas l’écologie dans une continuité de la gauche d’inspiration marxiste. Au contraire, l’écologie politique marque dans l’histoire de la gauche une rupture avec la filiation d’inspiration marxiste. »
« L’écologie interroge le rapport à la croissance, au productivisme et à la consommation. »
« L’émancipation par la consommation est une promesse intenable. »
« Se contenter d’être anticapitaliste ne suffit pas. Il faut aussi être anti-productiviste. »
« L’écologie politique est plus fondamentalement anticapitaliste que la gauche traditionnelle d’inspiration marxiste. »
« On est plus que de gauche, sans être d’extrême gauche. »
« On est dans une radicalité qui remet en question notre modèle de croissance, notre rapport au travail : on ne considère pas en soi que le travail soit émancipateur. »

 Sur le débat de la ligne au sein d’EELV 
« La radicalité sans pragmatisme, c’est l’impuissance. Le pragmatisme sans radicalité, c’est le renoncement. Donc il faut les deux. »
« On propose un changement radical de société, au sens étymologique du terme. »
« Ceux et celles qui ont fait ces scores aux municipales [chez les écologistes], c’est ceux et celles qui ont su marier à la fois une offre politique radicale avec des propositions pragmatiques dans lesquelles les citoyens se sont reconnus. »
« À EELV, il y a des débats d’idées mais à la fin, ils doivent aboutir à des synthèses dynamiques - par rapport aux synthèses molles. »

 Sur l’abstention  
« Le vote de dimanche est un crash démocratique. »
« L’abstention n’est pas directement liée à la question du coronavirus. »
« L’abstention traduit un malaise démocratique dans notre pays qui date depuis un moment. »
« Emmanuel Macron avait fait la promesse de réactiver la démocratie. »
« Tout le monde s’est abstenu, toutes les catégories mais particulièrement les jeunes et les classes populaires - les catégories que le pouvoir actuel qualifie de périphérique. »
« Il faut retrouver le lien avec les Français-es qui considèrent que la politique n’est plus leur problème. »
« La politisation en cours - à travers les marches pour le climat, Metoo, Black Lives Matter - ne se traduit pas encore par une sur-mobilisation électorale. »
« Le lien entre politique et élection est rompu. »
« Il y a une perte de confiance en la capacité au politique à agir sur le réel. »

 Sur les nouveaux élu-es 
« On a vécu une période difficile chez les verts sous le quinquennat Hollande avec une fuite de nos cadres qui sont allés vers d’autres aventures. »
« Je suis très heureux de voir cette nouvelle génération d’écologistes. Il s’agit en partie de la génération climat. »
« Les nouveaux élus ont deux particularités : ils assument leur rapport au pouvoir et ils ont une conception de ce pouvoir très collectif. »
« L’absence de personnes racisées est un vrai sujet. Il y a quelques élus mais ça n’est pas des maires. Il y a un travail à mener. »

 Sur la présidentielle  
« Il ne faudrait pas qu’on ait l’illusion - parce qu’on a eu les victoires dimanche avec une abstention records - qu’il y a une sorte de voie royale qui conduit à la victoire. »
« La présidentielle doit se construire autour de l’écologie. »
« S’il y a une possibilité d’alternance en 2022, ça sera autour d’un nouveau récit qui est celui de l’écologie politique. »
« Nos scores ne nous donnent aucun droits et nous donnent que des devoirs. Ils ne donnent plus de responsabilités. »
« Il va nous falloir être à la hauteur des enjeux. »

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