Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 8 novembre 2021

David Guiraud (LFI) : « Le racisme fait exister et Montebourg surfe là-dessus »

Une partie de la gauche aurait-elle cédé du terrain à l’extrême droite ? La gauche n’assurerait-elle plus d’être de gauche ? David Guiraud, porte-parole jeunesse de la France insoumise, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur sa présence sur Cnews  
« En ce moment, Cnews me fait la gueule. Ça fait quelques semaines qu’ils ne m’invitent plus parce qu’ils me considèrent comme insupportable. »
« Quand on est de gauche et qu’on va dans ces médias, il faut faire de leur vie un enfer. »
« Je comprends que des citoyens n’aient pas envie d’aller sur cette chaîne. »
« La seule question qui se pose c’est : est-ce qu’une participation sur cette chaîne est efficace. Je considère que je suis efficace quand j’arrive à troubler l’émission. »
« Il y a des obsessions sur Cnews qu’on retrouve aussi sur d’autres chaînes. »
« Il y a beaucoup de gens qui sont contents de voir qu’il y a une autre voix qui existe sur cette chaîne. »
« Plus que les intervenants, c’est souvent les journalistes que je conteste. »
« On a déjà boycotté Cnews notamment lorsque Zemmour est arrivé sur la chaîne. »
« On a respecté le boycott et en réalité, il y a des personnalités de gauche qui ont rompu le boycott et ont continué d’y aller. »
« Le fait est qu’il y a des gens qui acceptent d’être la caution de gauche sur Cnews. »
« Il faut se préparer très sérieusement quand on va sur Cnews. Avec de la préparation et des idées, on peut convaincre. »
« La tragédie à gauche c’est de penser que nos idées ne sont pas surpuissants. »
« Chez beaucoup d’intervenants à gauche, il n’y a plus l’envie de défendre des idées surpuissances à partir desquelles on pourrait cliver. »
« Ce qui ennuie Cnews c’est que je conteste leurs journalistes. Leurs journalistes n’animent plus les débats. Ils participent aux débats. S’ils participent au débat, il ne faut pas s’étonner que je les cartonne. »
« Quand on a un micro, on a un pouvoir. »

 Sur la gauche qui veut occuper le terrain de l’extrême droite 
« Dans toutes les périodes où le débat politique s’effrite ou s’effondre, il y a des gens, des responsables politiques qui sont plus préoccupés par leur petite étiquette, leur présence dans la société bien bourgeoise et bien codée plutôt que par la défense de leurs idées. »
« Je vois des gens de gauche qui, toute leur vie politique avaient l’étiquette du bon républicain, et maintenant que l’extrême droite participe de la définition de l’étiquette du bon et du mauvais républicains, ils ont une peur bleue de se faire enlever ce capital symbolique (…). Il y a beaucoup de gens qui abdiquent parce qu’ils ont peur. Ils vont sur des sujets comme la sécurité ou l’immigration à reculons. Ils acceptent ce qu’on essaie de nous faire croire c’est-à-dire que les Français seraient tous des racistes et qu’ils sont tous contre l’immigration. C’est pas vrai. Il y a de la résistance dans notre pays. Les gens tendent la main aux gens qui sont dans le besoin. Il y a une tradition de solidarité dans notre pays. »
« Les positions politiques racistes font exister aujourd’hui. Arnaud Montebourg pense que c’est une bonne idée de surfer sur ces thèmes-là. »
« C’est pas vrai qu’on ne peut exister que sur des propositions d’extrême droite. » 
« Montebourg fait de la communication sur un truc objectivement raciste. »

 Sur l’immigration et la gauche 
« On n’est pas maître du débat médiatique. »
« Il y a des propositions clivantes qui avancent et qu’on peut faire progresser. Et même sur l’immigration : il est possible de parler d’immigration sans reprendre les thèses de l’extrême droite. »
« Sur l’immigration, on est un peu seul à la France insoumise : Roussel on ne sait pas très bien ce qu’il veut sur ces questions-là. Montebourg se perd. Le PS est sur des positions un peu le cul entre deux chaises. Il reste les candidats classés à notre gauche mais qui n’ont pas accès aux médias. » 
« On a une politique de délivrance des OQTF qui sont des trappes à pauvreté et à exclusion sociale. L’Etat crée de la marginalité. On pourrait faire autrement et refondre le système des OQTF. On pourrait se dire que notre but c’est d’accueillir dignement les gens parce qu’il n’y a pas d’explosion dignement. »
« On a besoin de dirigeants politiques qui assument. »
« Il faut arrêter de faire croire aux gens qu’ils ont forcément envie de partir de leur pays. C’est le débat à gauche. Si on clive là-dessus, ça ne me dérange pas. »
« On a survécu à plusieurs monarchies qui voulaient abattre la révolution française, c’est pas Zemmour et Le Pen qui vont abattre nos idées. » 
« Les idées de gauche sont surpuissantes. On manque de gens pour incarner ces idées. Et il y a des gens très intelligents et brillants à gauche mais qui ont peur. »
« Sur l’immigration, on a sorti des propositions notamment au moment de la loi "asile et immigration" de Gérard Collomb. »
« On ne peut pas tolérer qu’il y ait des gamins dans les centres de rétention. Ce combat culturel, on doit le mener et je n’ai aucun doute qu’on peut toucher les gens. Personne ne peut tolérer que des enfants soient incarcérés. »

 Sur la question de la souveraineté nationale 
« Je n’ai aucun problème à me dire patriote même si c’est vrai que la notion a été en partie reprise. » 
« On ne maîtrise pas toutes nos options politiques aujourd’hui dans notre pays. »
« Il faut que le peuple reprenne en main son destin. »
« Depuis 2005, avec le TCE, il y a une coupure. »
« Je ne suis pas fan de parler de la souveraineté nationale uniquement mais on ne peut pas l’exclure du logiciel. C’est ce qui nous distingue de courants qui sont plus marqués à notre gauche et qui se disent plus internationalistes. » 
« Il y a parfois un glissement de gens qui ne font pas attention. C’est vrai que ça peut glisser vite. »
« Si on ne traite la question des frontières que sur la question des personnes et des flux migratoires, c’est un problème effectivement. »
« Je ne suis pas pour la libre circulation de tout. »
« Les gens ne veulent pas partir de leur pays donc arrêtons de faire comme si les gens avaient envie de quitter leur pays. Ça entraîne beaucoup de souffrances à partir. Le but c’est de faire en sorte que les gens n’aient pas à partir parce qu’aujourd’hui, les gens sont forcés de partir et avec la catastrophe climatique ils vont être encore plus forcés. En revanche, il faut dire que quand ils sont là, il faut accueillir dignement. »
« On ne prend pas la question de l’immigration comme un problème et pas plus comme une richesse. Ça n’est pas la question. Il y a des gens qui sont en galère et on doit les accueillir. »
« La réalité du travail détaché c’est que c’est une entreprise à exploiter les gens. »
« Je suis contre le travail détaché. »

 Sur la faiblesse de la gauche face à la puissance de l’extrême droite  
« On est en pré-campagne encore. »
« Le problème de la période qu’on vit - et qui ressemble un peu à ce qui s’est joué en 2017 -, c’est qu’à cette période, les classes populaires ne sont pas totalement entrées dans le processus. »
« On a besoin de cliver à gauche sur nos thématiques qui intéressent les gens. »
« Marteler les 32 heures est un vrai sujet de débat tout comme assumer la retraite à 60 ans et faire hurler les types de droite en affirmant que certains travailleurs pourraient avoir le droit de partir plus tôt, parce qu’usés par le travail. »
« Nos idées sont belles et on doit les assumer. »
« Je me dis de gauche même si je ne le claironne pas parce que l’étiquette a été empoisonnée par le mandat de François Hollande. »
« On doit être fiers de nos idées face à l’extrême droite qui est forte. Nos idées, qui s’appuient sur une réalité concrète, sont plus fortes qu’eux. »
« On n’a plus le temps de rien dans le pays. On n’a plus le temps de s’occuper des nôtres. Ce discours peut toucher les gens. La manière dont on traite nos anciens est une honte (…). On n’a plus le temps de prendre soin de nos gamins. Il n’y a que la gauche qui peut libérer le temps. Ce n’est pas la droite qui libérera du temps pour les gens. Nous, on peut le faire. »

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