Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 15 mars 2021

Denis Gravouil : « Madame la ministre de la Culture, il faut un plan d’adaptation de la politique culturelle ! »

Plus d’une trentaine de théâtres sont occupés à travers la France pour demander, entre autres, la réouverture des lieux culturels et la prolongation de l’année blanche pour les intermittents du spectacle. Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la cérémonie des César 
« Il fallait qu’on soit là parce que le milieu culturel est très déprimé. »
« La direction des César voulait qu’on soit cantonnés à un rôle de figurants dans l’entrée et nous, on a dit qu’on ne viendrait pas s’il n’y avait pas une prise de parole. »
« Les César ont connu leurs plus basses audiences. »
« On a quand même pu parler devant 1,6 millions de personnes ce qui nous aide à encourager le mouvement d’occupation des théâtres qui est très important. »

 Sur les discussions avec la ministre  
« Il y a un dialogue parce qu’il y a des contacts avec les conseillers de la ministre. »
« Les annonces soit disant substantielles du Premier ministre se résument à dire qu’on a rajouté 20 millions d’euros aux 30 millions d’euros du plan de relance. Donc si on est large, ça fait 50 millions d’euros ce qui ne suffira pas à faire un volume d’emplois qui approche de ce qu’on demande. »
« L’activité partielle, qui a été la mesure phare du gouvernement pour permettre le maintien de l’emploi, n’a pas marché pour maintenir l’emploi des intermittents du spectacle, des artistes et des techniciens. »
« Il faut un budget spécial : il faut la même chose que l’activité partielle mais pour pouvoir travailler dans le spectacle. »
« On est en train de chiffrer la perte de volume d’emploi et de masse salariale entre 2019 et 2021. »
« Quand on va rouvrir les théâtres, il faut qu’on puisse définir les formes artistiques à présenter. Les directeurs de salles disent qu’il va y avoir un embouteillage et qu’ils n’accepteront pas les spectacles nouveaux. »
« Une ministre de la culture digne de ce nom devrait imaginer un plan d’adaptation de la politique culturelle. »

 Sur la prolongation de l’année blanche 
« La première année blanche pour les intermittents du spectacle s’arrête au 31 août 2021. Il faut une nouvelle prolongation - et pas au rabais. On estime qu’au 31 août que 50% des artistes et un tiers des techniciens qui vont se retrouver sans rien. »
« Au 1er juillet, le gouvernement a décidé qu’on allait baisser les droits des chômeurs donc tous ceux qui travaillent dans le milieu culturel mais qui ne bénéficient pas du statut des intermittents du spectacle ne vont pas voir leurs droits prolongés mais en plus on va leur baisser leurs droits. On est solidaires. »
« Tout le monde veut des droits pour toutes et tous et il n’y a pas de raison de laisser tomber des collègues de travail. »

 Sur la désobéissance civile et la réouverture des théâtres 
« Les théâtres sont fermés au public mais ça ne veut pas dire qu’ils ne fonctionnent pas : à l’Odéon, il y a une pièce qui devait se jouer à partir du 19 mars et qui ne pourra pas jouer avant un an mais dont l’équipe travaille. »
« Il n’y a pas de rencontre avec le public mais il y a du travail quand même. »
« On se bat pour être payé lorsque l’on travaille : jouer gratuitement en rouvrant au public, ça ne passe dans les débats dans les AG. On veut réouvrir en étant payé. »

 Sur la démocratisation culturelle 
« Le public qui va à l’Odéon, ce n’est pas forcément toutes les franges de la population. »
« Il faut une troisième décentralisation. »
« Rappelons Jean Vilar et son Théâtre national populaire : il voulait la culture élitiste pour tous. »
« La démocratisation peut être portée dans l’idée du désembouteillage. On peut aller auprès des quartiers avec des chapiteaux et autres si un vrai travail de service public sur la médiation est fait. C’est le contraire de ce que fait ce gouvernement qui file tout au privé. »
« Avant la crise, le gouvernement avait mis au point le Pass Culture qui est une catastrophe démagogique : on file 500 euros aux jeunes pour que, via une application, ils voient ce qu’il y a à côté de chez eux. Le résultat, c’est que les jeunes ne dépensent même pas les 500 euros ou bien, au mieux, guidés par l’application, ils achètent un instrument de musique qu’ils revendent. Il n’y a pas de médiation donc ils ne vont pas pousser la porte d’un théâtre. »

 Sur le corporatisme supposé des intermittents du spectacle 
« On sait qu’on ne peut pas se sauver tout seul. »
« Les gens nous appellent et nous laissent des messages pour nous dire qu’on leur a redonné la joie - ce qui est un peu le rôle du spectacle. »
« Qu’est-ce que ce gouvernement a préservé avec ses mesures pour l’économie et les 42 milliards pour l’activité partielle ? Il a préservé les rapports marchands - et pas les rapports de convivialité, de partage et d’échanges qui sont, entre autres, la culture. »

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