Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 27 février 2018

Dominique Vidal : "Essayer de comprendre la politique de Macron au Proche-Orient donne le tournis."

Il vient de sortir aux éditions Libertalia "Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron." Alors que la peine de détention administrative de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri vient d’être prorogée de 4 nouveaux mois, Dominique Vidal, journaliste et historien, était l’invité de la Midinale.

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 Sur le prolongement de la détention administrative de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri 
« C’est une gifle pour la diplomatie française et pour le Président de la République. »
« [Salah Hamouri] a fait sept ans de prison pour rien avec un dossier complètement truqué. »
« [Salah Hamouri] a un profil que les dirigeants israéliens ne supportent pas : celui du Palestinien digne qui ne bouge pas, qui défend sa cause, qui sorti de prison, fait ses études de droits et devient avocat. »

 Sur le gouvernement israélien 
« Il y a, de la part du gouvernement israélien, une forme de radicalisation en œuvre depuis 2015. »
« Il y a un glissement vers l’enterrement de la solution à deux Etats. »
« Israël est un Etat qui n’accepte plus de respecter le droit international. »
« Depuis quelques années, il y a un arsenal juridique liberticide de lois qui ont toutes été votées par la Knesset et qui sont des lois qui, dans tout autre pays, on appellerait fascistes. »

 Sur Benjamin Netanyahu 
« La guerre permet au gouvernement d’agiter le nationalisme, les peurs, les angoisses avec aujourd’hui, la menace iranienne. »
« Il y a de plus en plus de médias qui sont aux mains de Benjamin Netanyahu. »
« La clé [du gouvernement de Benjamin Netanyahu], c’est l’absence d’alternative. »
« L’alternative est entre droite et extrême-droite. »

 Sur l’état de l’Etat d’Israël 
« Il y a d’excellents indices du point de vue macroéconomique : une croissance importante, peu de chômage… »
« On a des inégalités parmi les plus fortes du monde. »

Sur l’égalité entre antisionisme et antisémitisme qu’Emmanuel Macron a proposé lors de la célébration de la Rafle du Vel d’Hiv 
« Appeler [Benjamin Netanyahu] ‘cher Bibi’ crée une forme d’intimité curieuse entre deux dirigeants de pays distincts. »
« Je ne sais ce que Macron avait dans la tête en prononçant cette phrase. »
« Cette phrase pratique un amalgame entre l’antisémitisme qui est un délit puni par la loi comme toutes les formes de racisme et l’antisionisme qui est une opinion. »
« Si on adoptait une loi qui sanctionnait l’antisionisme, les communistes pourraient demander qu’une loi sanctionne l’anticommuniste, que les gaullistes sanctionnent l’antigaullisme, les néolibéraux l’altermondialisme. »
« On s’engouffre dans le délit d’opinion. »
« Une piste [d’explications], c’est la volonté de faire plaisir à Benjamin Netanyahu. »
« Deuxième piste à défricher : vouloir avoir une bonne image parmi les Juifs de France. »
« Le Président de la République doit avoir une connaissance limitée de l’histoire des Juifs avec le sionisme. »
« On a le tournis d’essayer de comprendre la politique d’Emmanuel Macron au Proche-Orient. »
« Si la France ne convainc pas ses alliés européens de bouger, alors on risque d’être dans l’irréversible, c’est-à-dire l’annexion du reste de la Palestine par le gouvernement israélien et la création d’un système d’apartheid. »

 Sur les Juifs de France 
« Il y a moins de 100 000 Juifs qui sont liés au CRIF par les associations qui en sont membres, il y a 800 000 Juifs en France. »
« Parmi les Juifs comme parmi toutes les catégories de la population, il y a une grande diversité d’opinions, y compris sur le conflit israélo-palestinien. »
« La majorité des Juifs de France était favorable à une paix fondée sur la création d’un Etat palestinien au côté de l’Etat d’Israël. »

 Sur les Juifs dans le monde 
« Jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, une grande majorité des Juifs est hostile au sionisme. »
« Aujourd’hui, la nette majorité des Juifs ne vit pas en Israël : est-ce qu’il faudrait les qualifier d’antisionistes donc d’antisémites ? »

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  • Je me suis mal exprimé en comparant la loi permettant à 90 députés israéliens sur 120 d’exclure les 30 autres du Parlement à la situation française. Je voulais dire : "C’est comme si le groupe de la République en marche excluait de l’Assemblée ceux du FN, de la FI et du PC."

    Dominique Vidal Le 27 février à 17:30
       
    • oh mais patientons encore un peu... ça finira peut-être par se faire en France... il suffit de trouver le bon motif.

      carlos Le 27 février à 17:34
  •  
  • il y a 800 000 Juifs en France. » (sic)..........................................
     ???....
    qui ne portent pas la Kippa dans le domaine public
    alors que la quasi majorité des Musulmanes portent l’ostentatoire
    foulard de l’assouvissement au Salafisme promoteur d’une guerre civilisationnelle.

    On croyait les Statistiques ethniques interdites ? à moins que cette disposition soit réservée qu’aux ressortissants de l’Afrique Noire et du Nord ?

    buda Le 27 février à 18:38
       
    • @Buda - Effectivement, il serait intéressant que D. Vidal précise ses sources car si l’on s’en tient aux chiffres du bureau national des Statistiques israélien, il y aurait 460.000 juifs en France (2017), si l’on demande au CRIF, ce serait plutôt 550.000 soit 1% de la population de la population française... Quid des 800.000 ?

      carlos Le 28 février à 09:49
  •  
  • @Dominique Vidal - juste histoire de vous donner quelques billes pour que vous puissiez mieux appréhender la réponse que vous donnera l’invitée de la midinale, voici ce qu’il y a dans le programme de la France Insoumis et que vous qualifiez "d’incompréhensible" :

    La Syrie est ravagée par cinq ans de guerre. La guerre civile a laissé place à une guerre de mercenaires où les puissances régionales et internationales s’affrontent par groupes interposés. Cela suffit. La France doit changer de stratégie et œuvrer enfin pour l’éradication de Daech, le retour à la paix,
    la transition politique et la reconstruction de la Syrie.

    Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :

    1) Réviser les alliances hypocrites avec les pétromonarchies du Golfe (Qatar, Arabie saoudite…) et le régime turc actuel,
    tarir les financements des terroristes,
    => je ne pense pas qu’il y ait besoin de préciser plus avant cette proposition

    2) Mettre en place une coalition universelle sous mandat de l’Onu pour éradiquer Daech et rétablir la paix et la stabilité en Syrie et en Irak, associant les combattants kurdes,
    => Vus les combats dans la périphérie de Damas, il semble que le conflit syrien ne soit pas encore terminé...

    3) Construire une solution politique en Syrie pour une paix durable, sous l’égide de l’Onu et reposant sur :

    - Un cessez-le-feu durable excluant les groupes islamistes,
    => "islamistes" entendus comme extrémistes
    - Le soutien au processus de Genève en y intégrant les kurdes de Syrie,
    => les kurdes qui ont combattu contre Daesh et qui en prennent plein la face en Syrie avec l’armée turque sans que ça émeuve qui que ce soit
    - L’organisation d’élections libres et pluralistes, sans ingérence étrangère, sous surveillance de l’Onu pour que le peuple syrien décide souverainement et démocratiquement de ses dirigeants,
    => "sans ingérence" mais "sous surveillance" ! J’espère que vous aurez relevé la nuance... Cela implique que le Régime de Bachar E.A., quoi qu’on en pense, s’il doit être destitué doit l’être LEGITIMEMENT et donc INCONTESTABLEMENT
    - La garantie de l’intégrité de l’État syrien et de ses frontières,
    => Cette garantie ne s’appliquant qu’à condition que la volonté du peuple ce soit exprimée démocratiquement

    4) Organiser à Paris une conférence internationale pour la reconstruction de la Syrie et le retour des réfugiés,
    => Il est hors de question de laisser le peuple syrien tout seul dans ses souffrances avec le peu de moyens dont dispose un pays sortant d’une guerre civile pour reconstruire ses infrastructures : c’est l’occasion d’initier de nouvelles relations internationales basées sur la coopération, l’échange et le respect mutuel, notamment en prévoyant des modalités "humaines" de retour des réfugiés

    Bref, je ne vois pas trop ce qui n’est pas clair : On ne s’aligne pas sur un camp ou un autre ! On agit dans le respect du droit international et on subordonne toute normalisation des relations au respect du processus démocratique...

    carlos Le 28 février à 12:22
       
    • verbatim Sarah Legrain :

      Sur la Syrie et la Goutha orientale

      « Nous avons toujours été contre les bombardements des civils, d’où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent (…). Nous sommes contre les indignations sélectives. »
      « Nous pensons que ces bombardements de population civile font partie de ces méthodes de guerre au terrorisme importées des Etats-Unis et avec lesquelles il faut rompre. »
      « On a trop longtemps renoncé à la question de l’indépendance. Quand on est au service de la paix des populations civiles, on ne se cherche ni des amis, ni des ennemis, on cherche des partenaires pour la paix. »

      carlos Le 28 février à 13:41
  •  
  • Pour moi, le négationnisme ne se discute pas : il se combat.

    Dominique Vidal Le 28 février à 19:57
  •  
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