Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 26 octobre 2021

Eddie Jacquemart : « Avec Macron, la politique du logement a connu un désengagement financier sans précédent »

Le logement est le premier poste budgétaire des ménages. C’est une préoccupation majeure des Français et pourtant, le sujet ne semble pas s’imposer dans le débat présidentiel. Eddie Jacquemart, président de la CNL (Confédération nationale du Logement) est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le logement dans la campagne présidentielle 
« Avec le pouvoir d’achat en jeu, le logement devrait être un réflexe et cette question du logement n’apparaît pas dans le débat public. On pense que c’est une dépense contrainte et qu’on ne peut pas faire autrement alors qu’on le peut. »
« Les administrateurs de la CNL sont en train de voter contre les augmentations de loyer pour l’année prochaine : on est à 0,42% d’augmentation. »

 Sur l’échelle des politiques du logement et les besoins 
« En matière de politique du logement, il faut une force régalienne de l’Etat. »
« L’Etat doit veiller au respect de la loi SRU. »
« Il y a en France, 2,2 millions de demandeurs de logements sociaux. Si on divise par 10, ça fait 220.000 par an et si on ajoute l’évolution démographique, on considère qu’il faudrait construire 250.000 logements par an. »

 Sur le bilan de Macron en matière de logement  
« Le bilan de Macron en matière de logement est catastrophique. Il a fait une grande organisation du Monopoly du logement. »
« Macron a fait du logement-marchandise plutôt que du logement-droit. »
« Avec Macron, la politique du logement a connu un désengagement financier comme jamais. » 
« Il ne faut pas oublier qu’au début de son quinquennat, il a baissé de 5€ le montant des APL : c’était un message politique qui voulait dire qu’il s’attaquait à ceux qu’il considère comme des "assistés" et aux plus pauvres. » 
« Macron a fait les prémisses d’une privatisation du logement social. »
« Si on laisse Macron continuer sa politique, il va y avoir des déconventionnements du parc social avec des loyers plus chers pour certaines catégories sociales. »
« Macro veut privilégier la rente foncière plutôt que le bien commun. »

 Sur les passoires thermiques et les enjeux écologiques 
« Le dispositif gouvernemental qui vise à s’attaquer aux passoires thermiques est un dispositif qui a plutôt bien marché. »
« Si on continue à vouloir construire du logement en dehors des villes et en dehors des agglomérations, on va continuer à prendre sur les terres agricoles et à devenir toujours plus dépendants des véhicules. »
« L’étalement urbain n’est pas une solution. La densification permet au contraire de concentrer les habitations avec les moyens de transports et d’être au près des lieux de consommation et de travail. »
« Il y a beaucoup de Français qui aspirent à la maison individuelle. »

 Sur les grands ensembles des années 60 et la mixité sociale  
« Il faut sauvegarder au maximum ces logements. Il faut les rénover et les transformer parce qu’à l’époque on construisait principalement des petits logements. »
« Il faut que les maires respectent la loi SRU. Il faut pénaliser les maires qui ne veulent pas en construire. Nous proposons de rendre inéligibles les maires qui ne respectent pas la loi SRU. »
« L’Etat doit obliger les maires à construire du logement social. »
« Il faut une égalité partout, sur l’ensemble des territoires. »

 Sur l’encadrement des loyers 
« C’est mieux que rien [l’encadrement des loyers] mais ça n’est pas suffisant. »
« Il faudrait geler les loyers de façon étatique. »
« Les locataires n’ont pas beaucoup bénéficié du "quoi qu’il en coûte". »

 Sur la co-construction avec les habitants 
« On veut monter une interpellation des candidats par le biais des Etats généraux du logement que l’on va organiser. »
« Nos fédérations - présentes sur plus de 80 départements - vont faire remonter les propositions des habitants dans des cahiers de doléance. »
« Il faut arrêter de penser pour les gens. »
« À Berlin, contre les loyers chers, les allemands ont été des millions à manifester. En France, on a du mal à mobiliser les locataires. Ils doivent se saisir de ce sujet et je les y invite. »

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