Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 18 mai 2018

Edouard Louis : « Même les livres qu’on ne lit pas changent nos vies »

Après En finir avec Eddy Bellegueule et Une histoire de la violence, Edouard Louis vient de publier Qui a tué mon père au Seuil, monologue théâtral, sorte de réquisitoire contre tous les politiques qui n’en finissent pas d’assassiner son père. Il était l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la colère comme source de l’écriture 
« Il n’y a pas de vérité sans colère. »
« La colère est un instrument de connaissance du monde. »
« Au moment où je lutte, c’est très important de parler des choses négatives, de ce qui ne va pas. »
« Si vous parlez de choses belles, en littérature ou en politique, vous flattez des gens qui ont déjà accès à des privilèges. »

 Sur la violence comme source du politique 
« Tous les grands mouvements politiques du XXè siècle – le marxisme, le mouvement LGBT, le mouvement antiraciste, le mouvement féministe –, ce sont des mouvements qui partaient d’une parole sur la violence. »
« C’est en parlant de la violence que l’on peut créer un peu plus de beauté, un peu plus de liberté. »

 Sur l’importance politique de la littérature 
« La vie d’une femme serait pas la même chose sans les livres de Simone de Beauvoir ou de Violette Leduc. »
« Même les livres que l’on ne lit pas changent nos vies. »

 Sur l’héritage de Pierre Bourdieu 
« La puissance de Pierre Bourdieu et des grandes intellectuelles et grands intellectuels en général, c’est de réussir à produire des collectifs. »
« Bourdieu, ça veut dire ne pas répéter ce qu’a fait Bourdieu. »

 Sur l’état actuel de la gauche politique 
« Presque tous les mouvements qui ont été mis en place à gauche ont perdu. »
« Il y a une situation politique presque désespérée. »
« On essaie d’inventer de nouvelles manières de lutter, de rendre une victoire possible. »

 Sur son rapport à la politique 
« J’ai été militant au Nouveau parti anticapitaliste pendant plusieurs années. »
« Je réussis mieux à m’exprimer à travers mes livres. »
« Il y a un coût de la politique qui est très difficile à assumer. »

 Sur le rapport des dominé-es avec la politique 
« C’est avant tout la politique qui est engagée contre nous : c’est Macron qui est engagé contre nous, c’est Hollande, c’est El Khomri qui sont engagés contre nous. »
« Quand vous appartenez aux classes populaires, la politique cherche à vous détruire. »
« Derrière tout mouvement politique, il y a une espèce de rêve de fin du mouvement politique. »

 Sur la démocratie 
« Si quelqu’un dit ‘on est en démocratie’, c’est qu’il y a déjà un problème. »
« La démocratie, il faudrait qu’elle soit toujours dans le futur, qu’on soit toujours dans une forme de recherche de la forme démocratique. »
« La démocratie telle qu’elle existe aujourd’hui réduit au silence beaucoup d’individus. »

 Sur l’écologie 
« L’écologie, c’est l’urgence absolue. »
« On se masque encore la réalité de l’urgence écologique. »
« Dans l’écologie, il y a toujours eu un mouvement de connexion des luttes très important. »

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  • Cet entretien m’a donné envie d’en savoir plus et du coup je suis tombé sur : https://www.youtube.com/watch?v=he6CWAHa278 -> c’est décidé je vais lire son (ses) livre :-)

    Franck B. Le 20 mai à 02:05
  •  
  • Euh... est-ce parce que mon post comportait un lien vers Mediapart qu’il a été censuré ? Si oui : bel esprit...

    Franck B. Le 20 mai à 20:51
  •  
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