Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 10 novembre 2021

« Emmanuel Macron s’est exprimé comme le président propagandiste d’une République abîmée »

L’allocution présidentielle du mardi 9 novembre a pris des allures de discours de campagne avec, au centre, la question toujours urgente de la pandémie Covid. La chirurgienne Isabelle Lorand est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’allocution présidentielle d’Emmanuel Macron 
« Emmanuel Macron a déroulé hier son discours sans contradiction : il a fait lui-même son bilan. »
« Normalement, on fait une allocution présidentielle quand on a une annonce majeure à faire à la France. Or là, il a seulement dit qu’il y aurait une troisième dose pour le vaccin - la belle affaire - et que la France va acheter des médicaments qui marchent contre le Covid… »
« La forme allocution officielle présidentielle permet à Emmanuel Macron de n’avoir aucune contradiction (…). Même Nicolas Sarkozy n’en usait pas de la sorte : il faisait des interviews dans son bureau avec des journalistes qui pouvaient lui apporter de la contradiction. »
« Il n’y a rien eu pour les soignants qui sont dans une immense souffrance depuis la pandémie. »
« L’allocution présidentielle d’hier soir relève de la propagande. Dans les Républiques abîmées, c’est comme ça que s’expriment les présidents pour faire leur grand messe. »

 Sur l’obligation vaccinale et le pass sanitaire 
« Je suis pour l’obligation vaccinale. Si on considère qu’on est face à une pandémie, que c’est une affaire de santé publique, que le vaccin est efficace, que son efficacité est corrélée à un risque d’effets secondaires extrêmement faible, les autorités sanitaires doivent prendre leurs responsabilités. »
« Le pass sanitaire permet de rendre le vaccin obligatoire sans que l’Etat en prenne la responsabilité. »
« Imaginons que, contrairement à ce que je pense, il y ait des effets secondaires, il serait légitime que l’Etat en assume la responsabilité. »
« Si l’épidémie repart - et, à ce stade, elle repart très mollement -, et dans la mesure où l’on sait qu’elle affecte moins les vaccinés, ça veut dire qu’il faut rester vigilant sur les poches de circulation. »
« La France a pris le parti de ne pas vacciner les enfants mais cela veut dire qu’il faut que l’on ait une politique offensive dans le dépistage. »
« Après la mascarade des masques en début de pandémie, il n’y a jamais eu de politique massive de dépistage - c’est toujours à la bonne volonté des gens. »
« L’obligation vaccinale, c’est une façon de convaincre et de rassurer les gens sur l’innocuité du vaccin. »

 Sur la commande des nouveaux traitements contre le Covid-19 
« J’avais déjà été choquée par la critique faite à Roselyne Bachelot lorsqu’elle était ministre de la Santé et qu’elle avait commandé des vaccins H1N1 qui se sont avérés inutiles : je considère que, lorsqu’il y a des risques importants pour la population et qu’on est un grand pays comme la France, il y a une forme de pari mais il vaut mieux anticiper l’achat. »
« Ce qui est consternant, c’est qu’alors que la France est un grand pays de l’industrie pharmaceutique, on est à la ramasse. »

 Sur l’état de l’hôpital public 
« Il suffit d’écouter les hospitaliers pour comprendre que le problème est loin d’être résolu. »
« L’hôpital public était, au début des années 2000, le fleuron due système de santé français qui était considéré comme le meilleur au monde. »
« La spirale infernale initiée avec la mise en place de la tarification à l’activité a fait perdre le sens du travail dans l’hôpital public. »
« Quand j’étais interne en médecine, on travaillait autant que les internes d’aujourd’hui et on était hyper heureux : ce n’est pas pour dire que c’est très bien de bosser 85 heures par semaine mais on était transporté et élévé par l’intérêt général et le fait de soigner des gens. Et ils ont transformé ça en un hôpital qui s’abime, sans moyens, avec un temps dingue passé en bureaucratie, sans valorisation du temps passé avec les patients ou à étudier les grandes publications scientifiques. »
« Au début de la pandémie, il y a eu une reprise de sens du travail des soignants - et c’est ce qui a permis à un hôpital malade de surmonter la crise. »

 Sur la solidarité internationale 
« On appartient tous à la même humanité donc il devrait y avoir une égalité d’accès à la vaccination. »
« Tant que le virus circule, on s’expose à des mutations : pour le meilleur, il peut se dégrader, pour le pire, ça peut produire un virus plus agressif. »
« Sur le sanitaire comme sur la planète, il faut arrêter le bla-bla. »

 Sur la réponse politique à apporter au discours d’Emmanuel Macron 
« Quand on a une extrême droite à 35%, quand on a une droite qui cherche à être le plus à droite, quand Emmanuel Macron nous propose la retraite plus tard, l’individualisation des retraites et la casse des régimes spéciaux, la réponse intelligente, c’est que la gauche relève la tête donc arrête avec l’archipellisation des candidatures ridicules avec 7 candidats entre 0 et 8%. »
« Il faut mobiliser les catégories populaires sur de l’espoir. »
« Les folies partisanes prennent le dessus sur l’intérêt général du peuple français. »
« Je ne désespère pas qu’on aboutisse à un candidat commun qui nous rassemble tous. »

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