Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 18 juin 2018

Emmanuel Maurel (sur les élections européennes) : « Il faut s’inspirer de l’état d’esprit de 2005 »

Il veut rassembler la gauche de la France insoumise jusqu’au Parti socialiste pour les élections européennes de l’année prochaine. L’eurodéputé qui se veut « eurolucide » et « eurovolontariste » est l’invité de La Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la droite 
« La droite est traversée depuis longtemps par des contradictions. »
« Le vrai problème de la droite, c’est Macron. »
« Wauquiez a fait le choix d’une droite très dure et très identitaire. »
« Wauquiez laisse le libéralisme à Macron et va de plus en plus sur les terres du Front national. »
« Je pense qu’une alliance de la droite avec le Front national est possible. »

 Sur l’Aquarius 
« Il y a quelque chose de très gênant à ce que Macron donne des leçons aux Italiens après avoir refusé d’accueillir lui-même l’Aquarius. »
« Il y a une absence totale de solidarité de l’Union européenne qui avait pourtant une opportunité formidable. »
« Je me méfie de l’Europe de la sanction, notamment à cause de la règle en matière économique. »
« Sur la question spécifique de l’Aquairus, il y a un problème de droit international. »
« La première mesure que le M5S prend quand il arrive au pouvoir, c’est virer les francs-maçons. Mais en terme de liberté fondamentale, on sait ce que ça veut dire : au départ, c’est les francs-maçons mais après c’est d’autres catégories de la population. »

 Sur le PS 
« On a subi des défaites majeures, on est traversé par des sensibilités très diverses. »
« On n’est pas suffisamment à l’offensive. »
« Macron, c’est tous les jours soit une affaire soit une annonce de réforme qui va dans le mauvais sens. »
« Chaque jour, il y a un sujet d’indignation supplémentaire. »
« Le Parti socialiste reste timide, timoré, trop nuancé parfois dans son expression alors même que l’on devrait être dans l’opposition. »

 Sur les alliances à gauche 
« On devrait tendre la main à tout le reste de la gauche. »
« Le vrai problème, c’est déterminer une ligne claire et audible. »
« La stratégie, c’est celle du rassemblement. »
« Rassemblement de la gauche, ça fait un peu daté mais ça correspond à ce que je pense. »

 Sur le rapport du PS avec le mouvement social 
« Qu’Olivier Faure soit sifflé [dans les manifestations], d’une certaine manière, c’est normal. »
« Les socialistes ont fait ce qu’ils ont fait, notamment à la fin du quinquennat : c’est normal qu’il y ait des frictions avec le mouvement social. »
« On ne se reconstruira qu’avec le mouvement social et non pas à côté voire contre. »

 Sur le PS en tant qu’opposition 
« Je ne crois pas à la stratégie selon laquelle il faudrait donner des bons ou des mauvais points en fonction des réformes. »
« On s’oppose d’abord en s’opposant – et c’est ce que je voudrais pour le Parti socialiste mais pour l’instant, ça n’en prend pas le chemin hélas. »

 Sur le mouvement des cheminotes et des cheminots 
« Le mouvements des cheminotes et des cheminots n’est pas vain parce qu’il a permis de conscientiser les gens sur les dangers de la politique de Macron et les conséquences de sa politique notamment sur les services publics. »
« La lutte n’est pas terminée mais il y a déjà des acquis : quand on regarde le texte parlementaire : l’Etat s’est engagé à reprendre une partie de la dette. »

 Sur les élections européennes de mai 2019 
« Ce qui compte, c’est les objectifs politiques :
1. Contrecarrer Macron au niveau national. L’élection européenne est une élection intermédiaire donc elle peut y contribuer.
2. Réorienter autant qu’on peut la politique européenne. »
« Le piège dans lequel on est en train de tomber, c’est que la liste En Marche va empâter très large, de la droite à une partie de la gauche, une droite radicalisée et une liste FN très haute. Et à gauche, on aura quoi ? 5, 6, 7, 8 listes ? Bravo. Et on va se battre pour savoir qui fera plus de 10%... »
« Pour travailler avec tous les parlementaires européens de gauche, qu’ils soient écolo, qu’ils soient communistes, qu’ils soient France insoumise ou socialistes, je peux vous dire que sur 5 ou 6 points, on peut se mettre d’accord pour proposer concrètement aux gens des améliorations au niveau européen. »

 Sur le bilan des élu-es socialistes au Parlement européen 
« Il y a une logique du compromis au Parlement européen. »
« Tout n’est pas à jeter dans la social-démocratie. »
« On exagère un peu trop les différences. »
« Il faut s’inspirer de l’état d’esprit de 2005. »
« Je souhaite une alliance le plus large possible sur des thèses eurolucides et eurovolontaristes. »

 Sur la laïcité 
« Sur beaucoup de questions, le PS ne parvient pas à avoir une position claire, c’est d’ailleurs tout le problème. »
« Pendant longtemps le PS a été un parti qui prenait part au combat laïc et qui rappelait le lien indissociable entre combat social et combat laïc. »
« Je suis pour une laïcité de combat, laïcité militante et qui promeut un individu autonome de toutes les tutelles et de tous les clergés. »

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