Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 12 septembre 2018

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj : « Le gouvernement veut libéraliser le sport et permettre aux clubs privés de prospérer »

Dans un clip vidéo musical, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) tire la sonnette d’alarme sur l’état du sport en France. La co-présidente, par ailleurs administratrice du CNOSF, nous explique pourquoi. Emmanuelle Bonnet-Oulaldj est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

Sur l’état du sport en France et les coupes dans les budgets dédiés
« La cure d’austérité budgétaire ne peut pas être compatible avec le sport pour tous. »
« Un conseiller du président de la république m’a clairement dit qu’il (le président de la République) voulait libéraliser la concurrence dans le sport. »
« Demain seules les fédérations et les collectivités territoriales qui en ont les moyens pourront payer des effectifs pour assurer l’encadrement et le développement de leur fédération. »
« Les grands clubs de sport comme les petits vont pâtir de la baisse du budget. La volonté du gouvernement, comme dans les autres secteurs, est vraiment de libéraliser et de permettre aux clubs privés comme les structures de fitness de continuer à prospérer au détriment d’un développement associatif du sport. »
« Il faut savoir que le budget des sports revient à 0.16 % du budget de l’État. Autant dire qu’avec une baisse supplémentaire, il va bientôt disparaitre du budget. »
« Pour palier jusqu’ici son désengagement, l’État avait créé un fond CNDS financé sur les revenus de la française des jeux. […] Or la française des jeux va être privatisée et cette année déjà nos clubs et nos associations nous font remonter des baisses de 30 % des crédits du CNDS. »
« Le sport peut être émancipateur si les conditions et les contenus sont appropriés. […] Malheureusement tout le monde n’a pas accès à ça. »
« Il faut du temps libéré pour pratiquer le sport. Le travail du dimanche, l’institutionnalisation de la précarité dans le sport et l’allongement des temps de trajet nuisent à la pratique du sport et les femmes sont les premières touchées. »
« Il ne peut pas y avoir de sport pour tous dans une société qui n’est pas pour tous. »

Sur le développement des salles de fitness
« L’enjeu de ces salles privées est la performance économique d’une part mais aussi celle de l’individu. Ce qu’on va chercher dans une salle privée, c’est la finalité de se muscler ou de maigrir. Ce qui est important dans le sport, c’est le processus, c’est le lien qu’on va créer avec les autres et le collectif. »
« Les salles privées ne font que marchandiser une activité humaine. Le sport associatif reste, selon moi, le lieu privilégié pour pratiquer du sport. »
« Il y a le lobby de l’industrie privée du sport qui a souvent attaqués la FSGT et le comité national olympique français en disant que nous faisions de la concurrence aux salles privées de sport. »

Sur les Jeux Olympiques
« Je ne suis pas convaincue que ce soit une aubaine. Mais notre comité de Seine-st-Denis par exemple qui fait face à des difficultés d’accès à des infrastructures sportives considère que les jeux olympiques peuvent être une aubaine en termes d’infrastructures. »
« Les jeux seront à l’image des politiques gouvernementales et on ne croit pas que la baisse des moyens permettra de rendre les jeux olympiques réellement profitables pour la population et pour les sportifs. »

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