Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 5 octobre 2020

« Pour le gouvernement, faire du sport serait dangereux pour la santé ; c’est tout le contraire »

La pratique du sport nuit-elle à la santé en période de Covid-19 ? Emmanuelle Bonnet-Oulaldj, co-présidente de la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail) et administratrice du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) est l’invité de #LaMidinale.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le discours du gouvernement 
« Je ne partage pas le constat du gouvernement [sur la pratique du sport] et nous ne comprenons rien des décisions prises par les gouvernement - d’autant plus que la ministre des sports a confirmé la semaine dernière que les décisions n’étaient pas prises en appui sur la circulation du virus. »
« Sur 25 millions de personnes qui passent dans les gymnases, seulement 204 ont été testées positives, soit un taux d’incidence de 0,4% contre 7,4% dans la population. »
« On a le sentiment d’une sanction contre les clubs et les bénévoles. »
« Le gouvernement ne fait pas confiance aux associations et fédérations qui ont beaucoup travaillé sur les protocoles sanitaires. »
« Il y a un enjeu de montrer que le sport est quelque chose de bon pour la santé, et d’autant plus le sport associatif qui est accompagné. »
« Le gouvernement engage un discours qui est de dire que la pratique sportive dans une association ou un gymnase, serait dangereuse pour la santé. C’est tout le contraire. »
« Les personnes vulnérables ne sont pas que les personnes âgées. Il y a aussi les personnes qui ont une condition physique mauvaise. Il faut donc au contraire les encourager à aller dans les gymnases et faire du sport. »

 Sur les fédérations et associations sportives  
« Le CNOSF estime une perte de 25% du nombre de licenciés et d’adhérents dans les clubs sportifs. »
« Nous à la FSGT, nous constatons une baisse de moins 30% du nombre de nos licences - alors que nous sommes une fédération multisports. »
« Je suis inquiète pour les sports de combat qui sont particulièrement pratiqués dans les quartiers populaires et c’est encore ces quartiers qui vont pâtir de ces décisions. »

 Sur la pratique sportive pendant le confinement  
« Les premiers de corvée n’ont pas accédé au sport pendant la période de confinement parce qu’elles - très souvent des femmes - et ils devaient travailler. »
« Il y a un enjeu d’accès au sport pour toutes et tous et en particulier dans les milliers populaires. Il y a toujours une inégalité d’accès au sport. Dans une période de crise comme celle que nous traversons, ce sont d’abord les femmes, les milieux populaires, les personnes en situation de handicap qui vont être privés d’une reprise progressive de ces activités. »
« Il faut faire confiance au sport associatif. »

 Sur le sport comme enjeu de société  
« La crise sanitaire, économique, sociale ne fait que commencer. L’impact des nombreux licenciements va accentuer la crise économique. La précarité étudiante explose avec la perte des petits boulots étudiants. Donc on sait très bien que la grande précarité va exploser (…). Les inégalités vont s’accélérer. »
« Les moyens du plan de relance pour le sport sont de 120 millions d’euros sur deux ans. C’est rien. Aujourd’hui, on estime la perte pour des clubs et des fédérations à hauteur de 800 millions d’euros. »

 Sur les enfants et le sport  
« Les enfants ont accès au sport : il y a eu plein de rétropédalage. »
« Aujourd’hui, normalement, les préfectures et les villes doivent accueillir les mineurs dans le cadre scolaire ou dans le cadre associatif. »
« Le problème c’est les inégalités territoriales : il y a des collectivités qui décident de ne pas rouvrir les gymnases faute de moyens suffisants pour assurer les conditions d’hygiènes nécessaires. »

 Sur les incohérences des décisions  
« Il n’y a aucune logique nationale (…). D’une préfecture à l’autre les décisions ne sont pas les mêmes ce qui accentuent plus encore les inégalités territoriales. »
« La décision sur les piscines est flagrante : on n’a rien compris. Le ministre de la santé annonce la fermeture des gymnases le mercredi soir. Le premier ministre annonce la fermeture des piscines couvertes le jeudi. Et le vendredi, la ministre des sports nous annonce l’ouverture des gymnases et des piscines à tous, sans aucun élément. »

 Sur la loi sur les séparatismes  
« La charte sur la laïcité a déjà été imposée à beaucoup de comité régionaux des sports par les régions concernées : il fallait signer cette charte pour obtenir une subvention. »
« Nous sommes inquiets sur ce type de démarche qui confond laïcité et stigmatisation d’une partie de la population. »
« Les bénévoles ne doivent pas jouer le rôle de la police. Ça n’est pas le rôle des associations. »
« Cette décision est très stigmatisante pour les clubs sportifs des milieux populaires. »

 Sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 
« Ces JO devraient être une opportunité, notamment sur la question des moyens (…). Des moyens pour tous. »
« L’héritage des JO doit être matériel et immatériel. »
« Le sport n’est pas reconnu comme il devrait l’être dans notre société. »
« Quand les contenus sont adaptés, le sport peut changer des vies. »
« Aujourd’hui, qu’il s’agisse du contexte de la crise sanitaire, du budget des sports, insuffisant, des emplois aidés qui ont été supprimés au début du mandat d’Emmanuel Macron, ces décisions vont à l’encontre de jeux olympiques et paralympique qui laissent un héritage pour toutes et tous. »
« Il ne faudrait pas que la Seine-Saint-Denis et les quartiers populaires soient les grands perdants de l’organisation de ces JO. »
« Ça aurait été bien de demander l’avis de la population et des clubs [sur l’organisation des JO]. »

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.