Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 12 décembre 2018

« En tant qu’étudiant étranger, il est très difficile de venir et de vivre en France »

De nombreuses universités restent bloquées contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants non-européens. Un collectif d’étudiant s’est constitué pour sensibiliser l’opinion sur cette sélection et organiser la mobilisation inter-universités. Quatre de ses membres sont les invités de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur la hausse des frais pour les étudiants étrangers 
« Il y a une crise des universités et donc on augmente les frais d’inscription tout en augmentant la compétitivité des universités. »
« L’objectif, c’est de remettre la France en compétition avec des pays comme la Chine, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis où les frais d’inscription sont énormes. »
« Cette mesure a été décidée par le ministère sans aucune concertation. Tous les niveaux, dans toutes les universités de France, dénoncent cette mesure, les UFR, les laboratoires de recherche, presque l’ensemble des présidents d’universités. Même la conférence des présidents d’universités a demandé à ce que cette mesure soit suspendue. »

 Sur la mobilisation 
« C’est une jeune mobilisation de trois ou quatre semaines avec de nombreuses actions locales des universités. »
« Notre mission en tant que comité de mobilisation, c’est de mobiliser les universités qui ne le sont pas. »
« Bloquer les universités ou empêcher les partiels ne permettra pas de mobiliser ceux qui ne le sont pas. »
« Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas ce qui se passe et nous leur proposons de venir discuter et de participer à un grand mouvement d’étudiants, Français et étrangers. »

 Sur la situation des étudiants étrangers 
« La loi ORE et Parcoursup pratiquent déjà la sélection sociale, là on parle de sélection sociale et économique des étudiants étrangers. »
« On est cantonné à une précarité forcée. »
« L’université française va se priver d’une diversité unique au monde en instaurant une sélection par le chéquier. »
« Il y a une discrimination raciste puisque ça vise les étudiants issus des anciennes colonies françaises. »
« Je viens de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine, or un institut comme celui là, sans latino-américains, ça n’a pas de sens, sauf à tomber dans une démarche néocoloniale. »

 Sur l’immigration et Emmanuel Macron 
« La politique de sélection existe déjà parmi les nationalités qui sont déjà en France. »
« Les latino-américains, nous bénéficions par exemple d’une politique d’accords. En tant que brésilienne, je peux travailler de 60 à 70% du temps plein alors qu’un algérien va pouvoir travailler de 17% à 18% de ce même temps. »
« Le tri est déjà là. »
« Il est très difficile de venir et de se maintenir en France. »
« La TVA ne fait pas de distinction de nationalité par nos cartes de crédits. »

 Sur la suite du mouvement et la convergence des luttes 
« Certains pensent qu’il faut inscrire cette mobilisation sur un temps long mais le discours qui domine dans les assemblées générales , vise à créer les conditions d’une convergence des luttes et à inscrire cette mobilisation dans des mobilisations beaucoup plus larges. »
« On ne peut pas oublier que la loi asile et immigration a été passée il y a quelques semaines. »
« De façon de plus en plus nette, il y a la volonté dans les AG, de rallier les rassemblements des gilets jaunes. »
« Les éléments de langage du gouvernement avec sa stratégie de fracturation, de division et de multiplication des cas particuliers, au sein même des étudiants étrangers, c’est quelque chose que l’on observe dans tous les champs que le néolibéralisme a mis en oeuvre dans tous les domaines pour fragmenter la société, pour affaiblir les citoyens, face à des réformes qui vont fragiliser leurs droits et dégrader leurs conditions de vie. »

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