Accueil | Par Pierre Jacquemain | 13 février 2018

Éric Fassin : « Sous prétexte d’organiser l’islam, on entretient l’idée que l’islam est un problème. »

Depuis 15 jours, les locaux de Paris 8 sont occupés par des réfugiés pour dénoncer, aux côtés d’étudiants et d’intellectuels, le projet de loi « Asile et immigration ». Eric Fassin, sociologue et co-signataire de la tribune « Migrants : la France et l’Europe complices », est l’invité de La Midinale.

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 Sur l’occupation par des migrants d’une salle de l’université Paris 8 
« Il y a une génération les migrants se réfugiaient dans des églises, aujourd’hui, ils se réfugient dans des universités. »
« Dans mon université, je revendique que nous soutenions les demandes des réfugiés. »

 Sur la politique en matière d’immigration 
« Comme beaucoup de citoyens, je revendique que l’on change de politique d’immigration. »
« Les gouvernements sensés être de gauche ont mené la même politique que les gouvernements sensés être de droite. »
« Les politiques ont accepté l’idée qui commande cette continuité politique depuis 30 ans et plus à savoir : l’immigration est un problème. »

 Sur l’extrême droite 
« Nous avons une politique qui a été définie par le Front national. »
« Il y a une très grosse différence entre dire que l’immigration est un problème et qu’il y a des problèmes en matière d’immigration. »

 Sur l’Europe 
« Les politiques néolibérales en Europe s’accompagnent de l’Europe-forteresse. »
« Le néolibéralisme européen fait le jeu de l’extrême droite. »
« Soit on considère que pour contrer l’extrême droite, il faut faire une politique qui ne déplaise pas à l’extrême droite, soit on considère que pour contrer l’extrême droite, il faut faire une politique qui soit différente de l’extrême droite. »
« Croire que l’on va apaiser l’extrême droite en allant dans son sens, c’est se fourvoyer complètement. »
« Angela Merkel a fait entrevoir qu’une autre politique d’immigration était possible. »

 Sur la réforme de l’islam de France 
« L’idée d’organiser l’islam, c’était déjà le projet de Nicolas Sarkozy. »
« Sous prétexte d’organiser l’islam, on entretient l’idée que l’islam est un problème. »
« [La politique d’Emmanuel Macron à l’égard de l’islam] ne prétend pas résoudre un problème mais le mettre en scène. »

 Sur Emmanuel Macron 
« Nous avons pensé qu’Emmanuel Macron allait être un président libéral en matière de droits : ce n’est pas le cas. »
« Le libéralisme politique, c’est-à-dire des droits et des idées, ne fait pas partie [du programme d’Emmanuel Macron]. »

 Sur la représentativité en politique 
« La question de la représentation est la question politique par excellence. »
« Il y a des gens dont on parle mais qui n’ont pas la parole : je crois qu’il faut que ça change. »

 Sur la fachosphère 
« Je crois qu’aujourd’hui, il y a une intimidation par la fachosphère et ses alliés. »
« Il faut se demander pourquoi une minorité agissante est aussi puissante. »

 Sur les rapports entre intellectuels et politiques 
« Les politiques ne veulent plus entendre les intellectuels. Ou plutôt, ils ne veulent les entendre que s’ils disent ce qu’ils pensent déjà. »
« Les politiques ont le sentiment que eux ont des contraintes, autrement dit que la politique n’est pas un choix. Or je crois que cette vision de la politique est la raison pour laquelle il y a une désaffection générale pour la politique. »
« Si les politiques eux-mêmes croient eux-mêmes qu’il n’y a pas d’alternatives, pourquoi les gens s’intéresseraient-ils à des alternatives politiques ? »

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  • Que dire d’une interview de 17 minutes d’un universitaire, sociologue, militant, sur les migrants, les réfugiés fuyant leurs pays, leurs continents ( l’Afrique mais aussi le proche Orient et l’Afghanistan ) du fait de la famine, de l’absence totale d’avenir et très souvent des dictatures, des guerres meurtrières sans jamais une fois parler de la prédation capitaliste, du colonialisme, du pillage économique organisés par les multinationales, les banques, les marchands d’armes ! Les migrants ne quittent pas leur pays, leurs cultures, histoire, ceux qu’ils aiment et ce, au risque de leur vie, par fatalité, par mode, par plaisir ou par arrivisme bordel !!! De qui se fout on, tant le journaliste que "l’intellectuel" ? Accueillir, secourir certes, mais aussi agir pour faire cesser la barbarie du fric, du pillage, des vautours et marchands de mort ! Une telle interview est un scandale pur et simple !

    René-Michel Le 13 février à 19:34
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