Accueil | Par Pierre Jacquemain | 6 mars 2018

Esther Benbassa (EELV) : « Nos libertés sont rognées et nous avons opté pour un regard embué. »

Elle vient d’être désignée sénatrice de l’année 2017. Esther Benbassa, sénatrice EELV est une militante des droits, très engagée notamment contre la loi "asile et immigration" et pour l’accueil des réfugiés. Elle est l’invitée de La Midinale.

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VERBATIM

Sur la « loi asile et immigration »

« Je ne dirais pas que les prédécesseurs de Monsieur Macron ont fait mieux mais actuellement on assiste à une sorte de renforcement du discours anti migrants. »
« Le migrant est devenu dans cette politique - de type populiste - l’ennemi sans droit. »
« Ces étrangers, ces migrants, sont des héros, ils ont traversé des continents, ils ont une vie extraordinaire - avec des problèmes et des soucis - et ils sourient. »
« C’est une question de profond humanisme, on ne peut pas se permettre de regarder. »
« Le rejet des réfugiés par la France n’est pas nouveau. »

Sur les libertés publiques

« Nos libertés sont rognées. »
« Je garde mon écharpe parce que vous ne savez pas ce que c’est que l’autoritarisme (…) mais nos libertés fondamentales sont lentement mais surement rognées. Et nous avons opté pour un regard embué. »
« Nous ne voulons pas regarder la misère de l’autre. L’histoire gravera dans le marbre ces dernières décennies et l’attitude des pouvoirs publics à l’endroit de ces gens qui cherchent un abris. On ne quitte jamais son pays par plaisir. »

Sur la mobilisation sociale

« Une étincelle peut mettre le feu, on a vu ça dans le passé. »
« Le problème c’est pas que les gens ne se mobilisent pas. C’est une apathie qui est liée aussi à ce genre de politique populiste. »
« Il y a des Justes en France : des femmes, des hommes, des retraités qui aident les réfugiés. »
« Il y a une France qui sourit au monde et ça nous donne du courage. »

Sur le colloque sur les violences sexuelles

« Les violences ne sont ni de droite ni de gauche mais pour les dénoncées elles ne sont pas ni de droite ni de gauche. »
« Les déontologues ont dit qu’ils avaient un devoir de réserve. »
« Je ne suis pas pour la délation mais il faut faciliter la parole parce qu’il fait apprendre à prendre la parole. »

Sur l’écologie et EELV

« L’écologie est l’avenir pourquoi il n’y aurait pas un parti de l’avenir. »
« Je suis pour que le parti écologiste devienne une fédération avec des associations ; il faut s’ouvrir à d’autres mouvements. »
« Il y a eu un problème de transmission : si Hamon et Mélenchon se sont appropriés une partie du discours écologiste, c’est que nous n’avons pas su transmettre. »

Sur les européennes 2019

« Je pense qu’on peut faire une liste commune, cela ne veut pas dire que l’on a perdu son âme. J’aurais voulu, personnellement que ça soit avec les Insoumis et Génération.S. »
« On pourrait se présenter ensemble mais Mélenchon ne va pas accepter mais avec les hamonistes sans vendre notre âme (…). Et pourquoi pas les communistes, je les appelle à être un peu moins productiviste. »

Sur la proportionnelle intégrale

« La proportionnelle doit faire partie d’un renouvellement constitutionnel, dans une VIème République, avec une démocratie participative. »

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  • Avis aux" TOUTLEMONDEILESTBEAU" et autres Robinson dangereusement irresponsables.

    La fécondité baisse plus lentement en Afrique qu’en Asie et en Amérique latine il y a quelques décennies, et cela ne vient pas d’un refus de la contraception chez les Africains.

    La plupart des familles rurales ne se sont certes pas encore converties au modèle à deux enfants, mais elles souhaitent avoir moins d’enfants et notamment plus espacés. Elles sont prêtes pour cela à utiliser la contraception, mais ne bénéficient pas de services adaptés pour y arriver.

    Les programmes nationaux de limitation des naissances existent, mais sont peu efficaces, manquent de moyens et surtout souffrent d’un manque de motivation de leurs responsables et des personnels chargés de les mettre en œuvre sur le terrain. Parmi les rares exceptions, le Rwanda, l’Éthiopie et le Malawi, pays où les autorités sont très engagées en faveur de la famille de petite taille et ont fait de la diminution de la fécondité une de leurs priorités.

    Au Rwanda, celle-ci a connu l’une des plus fortes baisses du continent, y diminuant de plus de 20 % en une décennie (elle est passée de 5,4 enfants par femme au début des années 2000 à 4,2 au début des années 2010). Mais, dans la plupart des autres pays d’Afrique intertropicale, les responsables et les élites ne sont pas persuadés de l’intérêt de limiter les naissances, y compris au plus haut niveau de l’État, même si ce n’est pas le discours officiel tenu aux organisations internationales. C’est là encore l’une des différences avec l’Asie et l’Amérique latine des années 1960 et 1970.

    La question du « dividende démographique »
    Pour convaincre les gouvernements africains de faire de la limitation des naissances une de leurs priorités, les organisations internationales leur font miroiter un « dividende démographique ».

    En effet, quand la fécondité chute rapidement dans un pays, la part des jeunes diminue fortement sans que la part des personnes âgées augmente sensiblement au début. En conséquence, la part de la population d’âge actif augmente beaucoup, offrant une opportunité au pays de se développer économiquement. Cette situation favorable ne dure qu’un moment. Quelques décennies après, les personnes d’âge actif très nombreuses ont vieilli et augmentent alors considérablement le poids de la population âgée.

    On estime qu’un certain nombre de pays asiatiques, dont la Chine, ont bénéficié de ce dividende et qu’il a pu représenter jusqu’à 10 à 30 % de leur croissance économique. En revanche, les pays d’Amérique latine n’en auraient pas bénéficié pour la plupart, faute d’emplois créés en quantité suffisante pour occuper le surcroît de personnes d’âge actif.

    Mais, si l’Asie et l’Amérique latine se sont engagées dans la famille de petite taille, ce n’est pas en espérant bénéficier d’un dividende démographique – on n’en parlait pas à l’époque. Les gouvernements ont développé des politiques de limitation des naissances pour réduire la croissance de la population jugée trop rapide pour un bon développement du pays.

    Dans le cas de l’Afrique, les conditions pour qu’un dividende démographique ait lieu ne sont pas réunies : la fécondité baisse à un rythme trop lent ; et ; à supposer qu’elle se mette à baisser rapidement, les perspectives de croissance des emplois sont modestes et ne permettront sans doute pas d’absorber la main-d’œuvre supplémentaire. Au cas peu probable où il y aurait un dividende démographique, celui-ci n’est qu’une perspective lointaine, dans quelques décennies.

    L’Afrique n’échappera pas à une multiplication par deux de sa population d’ici à 2050 en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Selon son développement économique dans les prochaines années, la progression de l’instruction chez les femmes et les politiques en faveur de la famille de petite taille, en 2100, elle sera trois, quatre, cinq, ou six fois plus nombreuse qu’aujourd’hui.

    buda Le 6 mars à 16:36
       
    • il me semble que c’est la deuxième fois que je lis ce texte... et puisqu’il faut y répondre, la seule conclusion à tirer sur la fécondité du continent africain, c’est que nous devons changer au plus vite nos modes de vie occidentaux et engager un nouveau type de relation basé sur le respect, la coopération et l’échange à même d’orienter respectivement TOUS les peuples concernés (autrement dit autant eux que nous) vers un développement REELLEMENT durable à même de garantir que si déplacement de population il y ait, celui-ci ne soit pas synonyme de déchirement.

      Sinon, il faudra considérer que construire un mur sur la côte, poser des mines en mer, etc..., s’avère être la plus responsable des options. No coment.

      carlos Le 6 mars à 18:40
  •  
  • Ignorance feinte ou délibérée , tentez donc de demeurer légalement au Sénégal (entre autres pays Francophones)au delà des 3 mois "Touristiques)........dans les pièces à fournir à la Police des Etrangers, on vous demande un extrait de casier Judiciaire....
    dans les Hôtels , vous remplissez une fiche de Police....."................. il faudra considérer que construire un mur sur la côte, poser des mines en mer, etc.(sic)" les plages privées en France suffisent déjà à se protéger des Prolos !

    buda Le 6 mars à 21:04
       
    • Il ne manquerait plus que les seules plages restants publiques soient "interdites aux chiens et aux migrants"...

      carlos Le 7 mars à 13:24
  •  
  • Plus d’un million de personnes agissent déjà contre les tentatives des réfugiés d’entrer illégalement en Union européenne. De telles associations existent en République tchèque, en Espagne, en Allemagne et en Slovaquie. En Bulgarie, la milice paramilitaire regroupe plus de 50 000 personnes. Cette information a été confirmée par les politiciens de plusieurs pays d’Europe de l’Est. Pendant ce temps, l’UE est toujours incapable de régler le problème d’affluence de migrants du Moyen-Orient.

    Le maire d’une ville italienne dit niet aux migrants
    La politique migratoire de l’UE n’a fait qu’aggraver la situation des pays "tampons" de l’Union. Ainsi la Hongrie, la Bulgarie et d’autres pays d’Europe de l’Est ressentent la plus forte pression des migrants clandestins. Les habitants de ces pays, préoccupés, sont contraints de faire face au flux migratoire par leurs propres forces en formant des milices populaires de volontaires. Dans certains pays, comme en Bulgarie, cette pratique a déjà atteint le niveau étatique : les patrouilles de volontaires disposent d’armes non létales (bombes lacrymogènes, matraques).
    La Bulgarie est au carrefour des principaux itinéraires de migrants, ce qui crée une tension sociale parmi ses citoyens. Des militants ont créé l’organisation Chipka qui a pour objectif proclamé d’assurer la sécurité du pays contre le flux de migrants clandestins. L’organisation en question a fait part de l’existence de tout un réseau d’organisations européennes similaires qui coopèrent entre elles.

    Prague

    « Pas de migrants pour la Tchéquie ni selon les quotas, ni autrement ! »
    La cause de l’apparition de milices populaires est l’incapacité des pays de l’UE à réagir de manière adéquate à la crise migratoire et à maîtriser la vague de réfugiés.
    Cela fait deux ans que les politiciens européens ne parviennent pas à trouver une solution à la phase aiguë de la crise migratoire qui frappe l’UE. La ligne adoptée par la chancelière allemande Angela Merkel, qui promeut l’ouverture maximale des frontières des pays européens aux réfugiés, est un fiasco. De plus en plus de politiciens européens accusent Bruxelles de politique à courte vue vis-à-vis du Moyen-Orient — ce qui est précisément le fond du problème des migrants selon eux. L’absence d’une ligne de conduite commune en la matière pousse les habitants d’Europe de l’Est à combattre eux-mêmes ce grave problème.

    buda Le 6 mars à 21:32
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