Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 22 janvier 2019

Esther Benbassa (EELV) : « On voit bien le chaos qui règne dans l’administration de l’Elysée »

Lendemain d’audition au Sénat. La sénatrice écologiste, membre de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, Esther Benbassa est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’audition d’Alexandre Benalla 
« Alexandre Benalla a voulu se cacher derrière la mise en examen, c’est assez commode, comme ça il ne répondait pas aux questions. »
« On voit encore mieux le chaos qui règne dans l’administration et la négligence de l’Elysée. »
« Emmanuel Macron est entouré de gens un peu particuliers, un peu comme Benalla, il aime ces gens qui sont très différents de lui. »

 Sur l’affaire des passeports 
« Alexandre Benalla n’a pas été convaincant. »
« Il dit qu’il ne s’est pas référé à la commission de déontologie. Pourtant, quand vous travaillez dans des endroits comme l’Elysée, vous êtes obligé de vous référer à cette commission pour savoir si vous pouvez faire tel ou tel job. »

 Sur l’utilité de cette enquête parlementaire 
« C’est une commission, donc on ne va pas mettre Alexandre Benalla en prison. »
« Il y a une procédure qui a été lancée le 29 décembre par Le Drian puisqu’il a déclenché l’article 40 pour l’utilisation des passeports, ce qu’[Alexandre Benalla] n’avait pas le droit de faire. »

 Sur la nécessité du visa pour aller au Tchad 
« Le document que j’ai dit que les titulaires d’un passeport diplomatique ou d’un passeport de service, doivent avoir un visa [pour entrer au Tchad] et ce visa ne peut être obtenu qu’à la suite d’une note qui viendrait de l’administration française. »
« L’ambassadeur de France au Tchad n’avait même pas averti sa hiérarchie que M. Benalla allait rencontrer le président. C’est le minimum qu’on fait. »
« Ce monsieur [Benalla] n’en faisait qu’à sa tête, tout le monde savait qu’il était protégé par l’Elysée, ils ont continué après qu’il a été renvoyé. »
« Je ne crois pas que M. Benalla avait arrêté ses relations avec l’Elysée. »

 Sur le refus de M. Benalla de révéler ses activités actuelles 
« Il a le droit, on est en démocratie, c’est sa liberté d’exercer le métier qu’il veut mais il aurait du passer par cette commission de déontologie. »

 Sur le rapport de la France avec les pays africains 
« Vu qu’Alexandre Benalla avait des relations, peut-être que ça a un peu ouvert des portes quand le président est venu plus tard, après le voyage de Benalla. »

 Sur la qualification de l’affaire 
« Ça n’est pas une affaire d’Etat mais c’est une affaire quand même. On ne peut pas laisser des gens comme ça fonctionner de cette manière-là et je pense qu’il y en a d’autres. Le président a une fascination pour des personnalités assez problématiques dont je ne citerai pas les noms, venant d’un monde qui n’est pas le sien. »
« Ce qui me frappe, c’est le côté non-politique de Macron. Le 2 mai, j’aurais mis fin aux fonctions de M. Benalla et aurais mis fin à ce déballage. »

 Sur la Turquie d’Erdogan et la cas de la députée Leïla Güven 
« Ce qui se passe en Turquie, c’est ce qui se passe au Brésil en encore plus musclé. »
« Leïla Güven va mourir hélas. »
« Il y avait beaucoup de choses à faire mais personne ne veut avancer. »
« On a des intérêts économiques qui sont considérés comme plus importants que le reste et ça n’est pas la première fois. »
« Il n’y a rien à faire, c’est la dictature islamiste qui est au pouvoir et qui va les écraser. C’est regrettable mais personne ne fait rien. »

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