Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 4 septembre 2019

Fatima Benomar (#NousToutes) : « Ce Grenelle des violences conjugales est une perte de temps »

Hier, le Premier ministre et sa ministre des Droits des femmes lançaient le Grenelle des violences conjugales. On fait le point sur les mesures annoncées avec Fatima Benomar, féministe et co-fondatrice du collectif #NousToutes.

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VERBATIM

 

 Sur la définition du féminicide 
« On sort de plusieurs générations où on parlait de ‘crimes passionnels’ : on était dans l’euphémisation. »
« C’est important de parler de ce terrorisme qu’est le féminicide. »
« En amont du geste fatal, il y a un long chemin de calvaire, de terreur, de femmes qui disent avoir été battues et qui expriment un stress post-traumatique. »

 Sur le Grenelle des violences conjugales 
« Lors du précédent quinquennat, la ministre des Droits des femmes nous recevait une fois par mois pour nous entendre. On n’a jamais eu ça sous l’ère Macron avec Marlène Schiappa. »
« Ça fait des années que les féministes savent très bien ce qu’elles demandent donc aujourd’hui, quand on nous parle de mettre en place des audits dans les commissariats, il faut que tout le monde sache que ça existe déjà. »
« Ce Grenelle est une perte de temps. »

 Sur les annonces du gouvernement 
« Ce qui est un difficile avec ce gouvernement, c’est qu’il nous force à marchander. »
« Quand on préconise 2.200 places d’hébergement d’urgence créées en plus, ce n’est pas un chiffre par hasard, c’est un chiffre sur lequel la France est engagée - dans le cadre de la Convention d’Istanbul qui prévoit qu’il faut une place d’hébergement d’urgence pour 10.000 habitants, ce qui fait 6.700 places en France. Or aujourd’hui, le gouvernement n’en propose que la moitié. »

 Sur l’arsenal judiciaire 
« Il y a des lois mais il y a surtout une culture de la déqualification. »
« On demande une vraie formation des agents de police. »
« Former les personnels de la police, de santé, de justice… Ca demande un investissement : c’est pour ça que, quand on demande de l’argent, ce n’est pas juste pour demander de l’argent. »
« Il faut bien comprendre l’environnement dans lequel on vit : la plupart des cas sont classés sans suite. »
« La réponse répressive ne peut pas suffire : il faut miser sur l’éducation et la prévention. »
« Il y a un travail de suivi psychiatrique pour décortiquer les schémas machistes dans lesquels sont enfermés ces hommes. »

 Sur les moyens de cette politique 
« La politique, c’est la question du budget : on investit dans quoi et pour quels résultats ? »
« Le gouvernement se contente de déléguer les missions de service public aux associations. »
« L’argent, ce n’est pas abstrait : c’est pour former les personnels, aider les associations, mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes. »

 Sur la question économique et la précarité 
« Les violences économiques sont une réalité. »
« La préoccupation majeure des femmes, même si elles sont battues et maltraitées, c’est de ramener de l’argent pour pouvoir subvenir aux besoins de la petite famille. »
« Il faut aussi responsabiliser les employeurs. »

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