Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 1er juin 2021

Fin de la trêve hivernale : « La ministre du logement va jeter des milliers de gens à la rue »

En ce 1er juin, les expulsions locatives vont pouvoir reprendre. Pour en parler, Eddie Jacquemart, président de la Confédération national du logement (CNL), est l’invité de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Aux locataires qui risquent l’expulsion 
« J’ai une pensée particulière pour tous les locataires et accédants à la propriété qui risquent d’être expulsés : la peur au ventre, ça ne doit pas être facile à vivre mais je veux leur dire que, tant qu’ils sont dans leur logement, il ne faut pas hésiter à à résister jusqu’au bout, sans violence évidemment. Et qu’il faut contacter des associations comme la CNL pour se faire épauler. »
« La police peut entendre des arguments de dernière minute et surseoir exceptionnellement à l’expulsion. »
« La peur revient dans les quartiers : il faut résister jusqu’au bout. »

 Sur la ministre du logement Emmanuelle Wargon 
« La ministre du logement a fait un aveu en nous donnant raison puisqu’elle vient d’envoyer une circulaire aux préfectures pour leur demander d’étaler les expulsions sur deux ans. »
« Nous sortons d’une période de plus d’un an et demi particulièrement violente à cause du Covid, notamment parce que l’on a du rester enfermer chez soi et que cela s’est doublé d’une crise économique. »
« Il y a eu des pertes de revenus, de pouvoir d’achat, des pertes d’emploi et de salaire depuis un an et demi. »
« Ceux qui avaient des boulots non déclarés, pendant le confinement, ont tout perdu. »
« En parallèle, depuis un an et demi, il y a eu une augmentation des dépenses : à la maison, on a du s’équiper en ordinateur, prendre plus de douches, palier la fermeture des cantines… »
« La ministre du logement continue de jeter les gens à la rue en faisant l’autruche. »
« La réalité, c’est que les gens paient d’abord leur loyer et ensuite vont faire la queue dans les banques alimentaires pour pouvoir manger. »
« La ministre du logement agit en fonction du calendrier électoral : elle sait très bien que si elle ne prend pas la décision de continuer les expulsions cette année, le sujet va revenir en 2022. »
« On demande qu’en France, il n’y ait aucune expulsion locative liée à des problèmes financiers. »
« Il faut concilier le droit à la propriété et le droit au logement qui sont dans la Constitution. »
« Nous portons l’idée d’une sécurité sociale du logement, c’est-à-dire la création d’une caisse de solidarité, dans la lignée de ce qui a été fait en 1945 à l’issue du Conseil national de la Résistance. »

 Sur les bailleurs sociaux et les propriétaires privés 
« Les bailleurs sociaux, s’ils ont des problèmes avec les locataires, ont les moyens d’actionner les fonds de solidarité logement (FSL). »
« Pour les bailleurs privés, il y a un fond d’indemnisation des propriétaires qui a été doté de 3 millions d’euros. »
« Quand il y a un jugement d’expulsion qui n’est pas exécuté du fait de l’Etat, ce dernier se doit d’indemniser le propriétaire. »
« Les mairies peuvent entrer en résistance avec nous et prendre des arrêtés anti-expulsions - même s’ils sont cassés dans la quinzaine ou le mois qui suit par le tribunal administratif car ils ne sont pas légaux. Mais c’est important car cela témoigne d’une volonté politique locale. »

 Sur la gauche 
« A gauche, on a tendance à axer nos propositions sur le travail parce que c’est très important pour les familles. »
« Je rêve que la gauche s’empare du sujet logement de façon plus importante car souvent, c’est seulement accessoire. »

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