Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 29 janvier 2019

F. Gueguen : « Hier à Paris, 500 personnes ont appelé le 115 et n’ont pas obtenu d’hébergement »

Alors que la dépression Gabriel s’apprête à traverser la France, des élus du 16è arrondissement de Paris ont bloqué un gymnase devant accueillir des personnes à la rue. État des lieux des solidarités en France avec Florent Gueguen, directeur de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’accueil des sans abris 
« La situation des personnes sans abris en France est aujourd’hui catastrophique. »
« Dans les grandes villes, il y a des centaines de personnes qui appellent le 115 sans obtenir de place. »
« On voit évoluer la population qui sollicite un hébergement puisqu’aujourd’hui, une personne sur deux qui appelle le 115 est en famille, souvent des mères seules avec des très jeunes enfants. »
« Il y a une inquiétude extrême des associations de lutte contre l’exclusion. »

 Sur les publics hébergés 
« Il y a une lutte des places dans l’hébergement du fait de la pénurie extrême et du non-respect de la loi : le code de l’action sociale et des familles dit que toute personne en situation de détresse a droit à tout moment à un hébergement et accompagnement - quelque soit la situation administrative et la nationalité des personnes. »
« Il y des milliers de personnes qui restent sur le carreau. Et il y a aussi un découragement des personnes à la rue qui savent qu’elles n’ont que très peu de chance d’obtenir une place via le 115. »
« Hier à Paris, quasiment 500 personnes ont appelé le 115 et n’ont pas obtenu de place d’hébergement et sur 500 personnes, 400 personnes étaient en famille. »

 Sur les 500 sans abris morts en 2017 
« Il y a une banalisation de la grande exclusion et, malheureusement, il y a une sorte d’habitude à la fois des pouvoirs publics mais aussi de l’opinion publique, comme une sorte de résignation comme si la grande exclusion était une fatalité. »
« Si un effort national et significatif était fait à la fois en termes de création de places d’hébergements pérennes, mais aussi à travers une politique du logement ambitieuse qui permettrait du logement réellement accessible aux plus pauvres, on pourrait sortir à l’échelle de cinq ou dix ans du sans-abrisme. »

 Sur l’état de la solidarité 
« Il y a un débat sur l’efficacité des politiques sociales et sur le consentement via l’impôt au financement des politiques sociales. »
« On voit se développer parfois des sentiments de stigmatisation des pauvres alimentés dans le discours politiques, parfois par le gouvernement. »
« Les pauvres sont accusés d’être responsables de leurs situations, de ne pas faire les efforts nécessaires, et ça créé un climat malsain et ça attaque la solidarité que nous devons aux plus démunis. »

 Sur les effets de la suppression de l’ISF sur les dons aux associations 
« On constate une chute brutale des dons liés à l’ISF et ça a un effet catastrophique. Nous dénonçons le fait que les choses n’ont pas été anticipé. Nous savions que la suppression de l’ISF allait avoir un impact sur le don des plus aisés. »

 Sur le blocage d’un gymnase devant accueillir des sans abris par des élus du 16è 
« C’est une attitude inacceptable à un moment où la situation des sans-abris est critique et des personnes en danger. »
« Le 16ème est un arrondissement qui est assez peu mis à contribution dans l’accueil des plus pauvres. »
« Il est évident que dans cette période, tout le monde doit contribuer à l’effort de solidarité, de l’accueil des plus démunis. »

 Sur la politique du gouvernement 
« Il faut une politique plus ambitieuse de production de logements très sociaux. »
« Le niveau de production de logements très sociaux est très insuffisant si on veut à terme sortir du sans-abrisme. Avec la fondation Abbé Pierre, on estime qu’il faudrait produire le double de ce que l’on produit aujourd’hui. »
« Lorsqu’on regarde le budget qui a été voté par le Parlement, on voit que les deux postes d’économies et de coupes budgétaires, c’est le logement à travers notamment les APL et les politiques de l’emploi à travers la quasi suppression des contrats aidés. »

 Sur le grand débat national et la question da la pauvreté 
« La FNARS mobilise ses adhérents, en particulier les centres d’hébergements, à travers un questionnaire spécifique pour que les personnes en situation de grande pauvreté puisse faire remonter leurs doléances et participer au débat public. »

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