Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 25 septembre 2018

Françoise Davisse : « La question algérienne est le point aveugle de notre histoire »

Françoise Davisse vient de coréaliser avec l’historien Carl Aderhold le documentaire "Histoires d’une nation" en quatre épisodes diffusés ce soir sur France 2. Elle est, pour en parler, l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

Sur la construction d’une identité française
« Il faut construire l’idée que la France c’est les Français parce que ce n’est pas une évidence, dans un village sur quatre, on ne parle pas français. »
« La 3ème République fait en sorte que les ouvriers français se sentent français face à d’autres ouvriers qui ne le sont pas »
« L’ouvrier italien qui a construit la tour Eiffel, il faut qu’il disparaisse. D’une part, pour ne pas dire qu’il y a eu des morts lors de la construction et d’autre part, pour que la France se soit la France. »

Sur la fabrique de l’histoire nationale
« Au-delà de l’enseignement, ça dit une histoire nationale qui est vraiment fabriquée à partir de la 3ème République. »
« C’est une souffrance pour les enfants et petits-enfants d’immigrés d’être amputés de leur histoire. Mais la France aussi n’a jamais eu son histoire complète. »
« Une grande partie de son histoire est liée à l’arrivé des réfugiés, des étrangers et au sort l’on leur a fait subir pour se créer une représentation nationale. »
« La question algérienne est le point aveugle d’une partie de notre histoire. »

Sur la question nationale
« Être français, c’est une construction politique. »
« Ce n’est pas un hasard si c’est après la guerre contre la Prusse et surtout la Commune que cela intervient. »
« La Commune aussi avait fait la proposition d’une autre unité qui était portée par les ouvriers. »
« La construction de la France moderne dans un pays éminemment paysan, se fait forcement avec l’apport de main d’œuvre étrangère. »
« Il faut débattre de la question de la nation en France. Comment on la construit ? Avec qui ? Et pour faire quoi ? »
« La nation de la 3ème République ne marche plus. Elle a marché. […] Mais elle a ses défauts. Dès qu’un problème grave se pose, c’est la division qui l‘emporte. Il faut trouver autre chose. »
« Les politiques disent que les immigrés volent le pain des français parce qu’ils n’ont aucune prise sur la crise. »
« La mesure prise pour des immigrés tôt ou tard s’appliquera pour les français et, généralement les français de même catégorie sociale. »
« Pour montrer qu’il y a histoire commune, il faut des figures communes. »
« Le pigment, c’est toujours un problème en France »

Sur l’arrivée et les traitement des jeunes migrants en France
« Les jeunes migrants arrivent avec un espoir et une envie incroyable. »
« Ils sont à la rue, ils sont tabassés, on confisque leurs affaires. Combien de temps avant qu’ils deviennent des gens de la rue complètement dégradés ? »
« Ça, c’est des Mozart qu’on assassine à la pelle. C’est des bombes que l’on fabrique. »

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  • Rappelons que la première République sur le territoire français remonte à Lugdunum, et à l’amphithéatre des 3 gaules.

    1500 ans d’obscurantisme monothéiste depuis la trahison de Clovis, 1300 de domination du modèle de la monarchie écrasant la République.

    On ne peut pas comprendre la France sans cela. Le peuple Français est le premier à avoir rétabli la République Antique, à grand renfort de guillotines et d’holocaustes de curés.

    Le bonnet Phrygien plutôt que le froc de curé, Mithra plutôt que Yéshua, Marianne plutôt que Marie, le Conseil plutôt que le Roi, la Nation de Citoyens libres, égaux et fraternels, plutôt que la Monarchie à la tête de sujets soumis, de religions diverses, en conflit permanent.

    MonKheymrad Le 27 septembre à 18:18
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