Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 20 juin 2018

F. Dumont : « En 2017, il y a eu autant d’enfants en centres de rétention que 2013, 2014, 2015 et 2016 réunis »

À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, Françoise Dumont, présidente d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, est l’invitée de La Midinale. L’occasion de faire le point sur la loi Asile et immigration, les mineurs placés en centre de rétention et de dresser un état des lieux des libertés dans la France d’Emmanuel Macron.

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VERBATIM

 

 Sur le retrait des Etats-Unis de la commission droits de l’Homme de l’ONU 
« Je crois que les Etats-Unis deviennent elles champions du claquage de porte de tout ce qui pourrait améliorer un peu la situation dans le monde. »
« Il y a de la part de Trump un mépris des droits de l’Homme et des droits de la femme. »

 Sur les droits de l’Homme dans le monde  
« Il y a des intérêts économiques puissants derrière tout ça. »
« On ne va pas se fâcher avec l’Arabie saoudite compte tenue de la façon dont on peut lui vendre des armes - qu’elle utilise d’ailleurs contre le Yemen. »
« On voit bien qu’entre les droits de l’homme et les accords commerciaux, les accords commerciaux priment. »

 Sur le rôle diplomatique de la France 
« La France est aujourd’hui mal placée pour donner des leçons du respect des droits de l’Homme. »
« Donner des leçons et faire comme si entre Malte et l’Espagne il n’y avait rien, on est mal placés. »

 Sur le projet de loi « Asile et immigration » 
« Ce qu’on dénonce c’est l’augmentation du nombre d’enfants en centres de rétention. »
« Il y a eu en 2017 autant d’enfants en centres de rétention que 2013, 2014, 2015 et 2016 réunis. »
« La plupart des Français ne savent pas ce qu’est un centre rétention : c’est un lieu carcéral. »
« C’est autour de la notion du temps que tout se joue : le raccourcissement du délai de recours ou l’allongement du maintien en centre de rétention. »

 Sur la mobilisation 
« Il y a une parole à porter sur le côté complètement fantasmatique de croire qu’on va pouvoir boucler les frontières. »
« Le vrai problème c’est pas de boucler les frontières, c’est de voir comment on organise un meilleur accueil. »
« Dans la situation actuelle, c’est mentir de dire aux gens qu’on va tout boucler. »
« On va multiplier les morts et faire de la Méditerranée un cimetière plus grand. »

Sur le rôle de l’Europe
« Il faut une vraie répartition européenne pour un meilleur accueil. »
« Il faut construire des centres d’accueil. »
« Il faut se donner des moyens pour que partout, les gens puissent faire une vraie demande d’asile. »
« Il y a des gens qui sont empêchés de faire une demande d’asile. »

 Sur les libertés en France 
« En France, on sent peser sur les droits de l’Homme une forte menace. »
« La LDH est à l’initiative d’une commission d’enquête (sur les lycéens d’Arago) avec le Syndicat de la magistrature. »
« Le droit pour les mineurs de prévenir leurs parents n’a pas été respecté. »
« Il y a aujourd’hui un certain nombre de menaces qui nous étonnent un peu. »

 Sur le délit de solidarité 
« C’est un combat que l’on mène depuis longtemps. »
« Il continuera à y avoir des possibilités d’interprétation de ce qu’est la solidarité par les tribunaux administratifs. »
« On continuera à poursuivre les militants au nom du délit de solidarité. »

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  • Je trouve étrange cette position des associations qui voudrait que le fait de ne pas prendre parti dans le combat politique les assurerait de pouvoir continuer à avoir les moyens de défendre la cause qui est la leur... même chose pour les syndicats. Du coup, je trouve la question posée au PCF très "savoureuse" car finalement, à partir du moment ou l’on est capable d’admettre que quelque soit la réponse, on ne prendra pas position officiellement pour celui qui lutte à vos côtés, avantageant de fait ainsi celui qui détruit tout ce qui vous aiderait, celle-ci ne pourra revêtir la forme que d’une anecdote futile, incapable de convaincre ceux à qui elle est destinée de se mobiliser le jour "J" d’une élection pour faire triompher celui qui accepte de se faire sur le champ de bataille politique, le champion de bien des causes communes (car la politique c’est bien là que peut se faire la convergence des causes et des luttes).

    Ne pas prendre position lorsqu’il faut choisir celui qui va régir la vie de la cité revient à se condamner à l’impuissance et l’épisode Macron le montre douloureusement. Mais je doute que cette leçon soit réellement apprise, que ce soit au niveau des associations, ou des syndicats d’ailleurs. Car la peur de perdre ce que certains qualifient de leur "indépendance" est plus forte que de celle d’être totalement réduit à une inaction latente et destructrice (l’excuse du second étant qu’il aurait bien voulu mais qu’on l’en empêche... si pratique mais tellement pathétique). Pourtant l’independance s’affirmerait dans la cohérence propre de la décision qui proviendrait non pas de l’adhésion sans faille à un partisanat politique, mais de l’analyse travaillée et argumentée d’un programme à travers la grille de lecture de la cause défendue !

    Mais bon, l’efficacité à défendre une cause, c’est finalement tellement subjectif ! Le bilan que dresse Nicolas Hulot de ses propres actes politiques illustre parfaitement s’il le fallait cet état de fait : tant de satisfaction pour si peu ! On aurait pu pourtant prévoir que la barbarie factuelle du néolibéralisme, idéologie à laquelle sont totalement acquis Macron et sa majorité, ne pourrait objectivement jamais aider un quelconque combat pour la préservation de la nature, et encore moins aider à appliquer les droits de l’Homme (ou des humains car pour moi, la nuance m’apparaît inutile sur le fond) !

    Et dire qu’après ca, il en reste encore pour croire que la lutte contre l’injustice envers les êtres humains ou la nature n’est au fond qu’une question purement technique de droit détachée de toute teinte politique ! Dommage que la réflexion n’ait pas aboutie sur le fait que le droit protège bien souvent dans les faits les intérêts de quelques uns, ceux qui ont su investir à faire élire leurs propres poulains... Dommage qu’il soit si difficile pour les associations et les syndicats de se rendre compte que la "volonté politique" qu’ils réclament et qui prend une coloration si neutre à leurs yeux, ne peut pas être décorrélée du projet politique qui a amené au pouvoir celui qui doit en faire la preuve... Dommage que le courage du combat associatif ou syndicale s’arrête pour ceux qui s’en veulent être les représentants à la porte de l’isoloir...

    carlos Le 21 juin à 12:00
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