Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 4 juin 2019

Frédéric Bonnet : « La pauvreté n’existe pas pour des raisons territoriales mais pour des raisons économiques »

Une France de ghettos ? Une France de métropoles ? Quelles réalités pour les fractures territoriales ? Pour en parler, l’architecte et urbaniste Frédéric Bonnet est l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur métropole et périphérie 
« La grande pauvreté est plutôt concentrée dans les grandes agglomérations. »
« Il y a des territoires périurbains qui ont des réalités très contrastées. »
« Je me méfie un peu des approches qui consistent à envisager les inégalités dans leur dimension territoriale. »
« La pauvreté n’existe pas pour des raisons territoriales, elle existe pour des raisons de systèmes économiques. »
« La richesse a tendance à se concentrer à certains endroits qui excluent les autres. Il y a des phénomènes territoriaux de répartition de la richesse mais ça n’en est pas l’origine. »
« Les territoires dont sont issus les gilets jaunes ne sont pas des territoires pauvres. »

 Sur l’aménagement du territoire 
« Il y a eu des investissements massifs qui ont favorisé la dispersion et le fait que les gens habitent très loin d’où ils travaillent. »
« La concentration des emplois tertiaires a des effets désastreux sur les mobilité. Et tout cela, c’est lié à des stratégies d’entreprises. »
« La question de l’évolution du mode de travail dans le périurbain est un petit peu en train de changer, notamment avec le télétravail - pour des raisons de coût plus que pour des raisons écologiques. »
« L’innovation dans le périurbain, dans les territoires peu denses, c’est une force assez considérable sur la manière d’organiser notre rapport au travail et à la production. Ça change beaucoup plus rapidement dans ces territoires que dans les grandes agglomérations. »

 Sur l’aménagement solidaire 
« L’aménagement solidaire, c’est un partage d’investissements dans le cadre d’un regroupement territorial : c’est le principe de la péréquation. »
« Jusqu’à aujourd’hui, on est encore dans un état territorial ou malgré tout, les territoires les moins dotés bénéficient de redistributions importantes. »
« La partie publique de la redistribution territoriale est beaucoup plus fragile idéologiquement qu’il y a vingt ou trente ans. C’est très inquiétant parce que ça veut dire qu’il y a des territoires qui peuvent décrocher. »
« Quand le gouvernement décide de réduire la part de l’investissement public sur le train, ça fait du mal aux régions les moins riches. »
« Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est le basculement d’une idéologie où chacun se débrouille et qui est le cadre commun des politiques actuelles. »

 Sur la métropolisation 
« Les métropoles vont avoir intérêt, dans les années à venir, à contractualiser avec les territoires qui les entourent. »
« Les ressources nécessaires au développement de certaines régions vont s’appuyer sur des savoirs faire et des richesses qui sont dans des territoires qui n’ont pas des richesses financières identifiables. »
« Les emplois créés à la campagne, qui a beaucoup souffert de la désindustrialisation, sont en train de se rééquilibrer. Des industries s’y réinstallent, notamment sur des questions de matière première, d’énergies. »

 Sur les Jeux Olympiques 
« Le problème des JO, c’est que c’était une très belle idée mais que c’est devenu une sorte de business gigantesque avec des effets marketing considérables. »
« Il va y avoir des effets spéculatif sur les quartiers et cela va accentuer des tensions qui existent déjà. »
« Il n’y a qu’un travail de très long terme qui peut aider le territoire de la Seine-Saint-Denis. »

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