Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 12 novembre 2020

Frédéric Hocquard : « L’absence de possibilité de lien social, la nuit, pose un problème démocratique »

La crise sanitaire touche l’économie et le tourisme en premier lieu, mais bouscule surtout nos vies et nos habitudes. À commencer par la vie nocturne. Frédéric Hocquart, adjoint à la Maire de Paris chargé du tourisme et de la nuit, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les relations entre la Ville de Paris et l’Etat  
« L’Etat commence à comprendre petit à petit - même si il faut souvent le lui rappeler - que les politiques publiques se mènent en concertation avec les collectivités locales. »
« Depuis quelques semaines, il y a quelques améliorations. »
« Tout n’est pas au beau fixe notamment sur les questions de tourisme, ou les questions éducatives, il subsiste encore quelques points de tension. »
« On fait des propositions à l’Etat pour convertir des lieux en hébergements d’urgence mais on n’attend pas que les choses se fassent. La Ville prend ses responsabilités. »

 Sur la situation du secteur touristique 
« Il est un peu tôt pour tirer des conclusions pour le moment. »
« On pensait qu’après septembre, on aurait un rebond dans le secteur du tourisme et de l’événementiel et il s’est passé le contraire puisqu’on a été de nouveau confiné. »
« Il y a trois secteurs dans le tourisme : il y a d’abord les bars et les restaurants pour lesquels on a plutôt trouvé des amortisseurs à la crise. Il y a les musées, les bateaux mouches et les monuments pour lesquels les amortisseurs se sont développés autour d’un tourisme local et qui a plutôt bien marché - comme à la Tour Eiffel. Enfin, le gros point noir, c’est le secteur de l’hôtellerie avec une baisse de 80 à 90% du taux d’occupation des chambres. »
« Il y a des plans de soutien du gouvernement à travers le PGE mais le PGE est un prêt donc il faudra le rembourser. »
« Il y a aura un après et un avant dans la question du tourisme. »
« La question du tourisme durable ou du tourisme de proximité va prendre le pas sur les formes de tourisme qu’on avait précédemment. »

 Sur le relâchement estival du secteur du tourisme  
« Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. »
« On a une reprise du virus en France parce qu’on a recommencé à vivre début septembre. »
« Il n’est pas question que d’économie, c’est aussi des questions de liens, de vivre ensemble. »
« J’ai été et je suis toujours un défenseur de la vie nocturne. Mon sujet ça n’est pas tant l’économie de la vie nocturne. La nuit, c’est un temps différent, un temps du commun, un temps où il y a d’autres rapports qui se créent. »
« Il ne faut pas casser le lien social et sortir du métro-boulot-dodo. »
« On a un gouvernement qui se sert de la crise pour faire passer des mesures de réduction de libertés publiques. »

 Sur le monde de la nuit 
« Il faut garder un lien nocturne. »
« L’idée que les boîtes de nuit resteraient fermées pendant un ou deux ans est insupportable. »
« L’absence de possibilité de lien social la nuit pose un problème démocratique. »
« On a commencé à travailler sur le développement du plein air pour la nuit dès cet été. »
 « Le virus est 7 fois moins contaminant en extérieur qu’en intérieur. »
« Le pire du confinement, ce serait que des lieux soient fermés sans qu’il n’y ait plus aucune activité à l’intérieur. »
 
 Sur la culture 
« Vu les chiffres auxquels on a accès quant à la situation sanitaire, je ne suis pas certain que l’on aille vers plus de permissivité. »
« On a travaillé avec les libraires pour qu’ils puissent accélérer le développement du Click&Collect et qu’ils puissent venir sur les marchés. »
« Ce qui a été obtenu et qui est une bonne chose, c’est qu’il y ait le droit dans les salles de spectacle aux répétitions ainsi que le droit aux tournages de films. »
« Il y a aussi le développement du streaming musical et du théâtre en ligne. »
« Il faut que le feu continue de couver sous la cendre. »

 Sur le rôle de Génération.s dans les échéances électorales et politiques à venir 
« On essaie d’être de petits passeurs entre les différentes structures politiques. »
« J’ai participé à de nombreux appels et structures autour du rassemblement de la gauche, c’est compliqué parce que les logiques d’appareil poussent à ce que chacun y aille séparément. »
« Il peut y avoir des divergences et des différences d’approches. »
« Quand on écoute ce que raconte Jean-Luc Mélenchon, il y a des éléments de fond et des nuances par rapport à certains de nos positionnements politiques. Mais pourquoi pas ! La gauche n’a jamais été historiquement et traditionnellement monobloc. »
« Il ne faut pas recommencer le fiasco des européennes : tout le monde y est allé de son côté mais ce que racontait les uns et les autres avait quand même de fortes similitudes. »
« La gauche devrait travailler le fond, et notamment les éléments nouveaux qu’elle pourrait mettre en avant. »
« D’une certaine manière, Emmanuel Macron en 2017 a volé la question de l’innovation au niveau de la gauche, en la faisant basculer à droite. »
« Il faut réussir à être innovant sans être libéral, c’est-à-dire en remettant de la régulation, du sens et du service public. »

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