Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 22 juin 2021

Frédéric Sawicki : « Ces élections marquent clairement l’ancrage à gauche des écologistes »

Équilibres politiques à gauche : quelles leçons tirer du premier tour des élections régionales et départementales ? Frédéric Sawicki, professeur de science politique, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

...ET A LIRE

 Sur l’abstention aux élections  
« Il y a une pluralité de raisons possibles de ne pas être allé voter. »
« Les électeurs ont du mal à identifier quels sont les enjeux de ces élections connaissant mal les missions et les prérogatives des départements et des régions et quand ils les connaissent ils voient encore plus mal ce qui distingueraient les orientations politiques des uns et des autres une fois qu’ils sont aux commandes. »
« On ne peut pas dire qu’il y ait des régions clairement distinctes en fonction des politiques menées ce qui ne facilite pas beaucoup la politisation du scrutin. »
« À cause de la crise sanitaire, il n’y a pas eu de campagne très intense et on a parlé beaucoup d’autres choses que des enjeux des régionales et je ne parle même pas des départementales que les médias ont peu évoquées. »
« Ceux qui déduisent que le RN va avoir des scores moins élevés dans la perspective de l’élection présidentielle se fondent sur des éléments peu crédibles. »

 Sur les résultats du Parti socialiste 
« Les socialistes, avec plus de sortants que les autres forces de gauche, dans un contexte où il n’est plus au pouvoir depuis plusieurs années et où seuls votent les plus politisés, s’en sortent relativement bien. Le contraire eut été plus étonnant. »
« Quand on regarde dans le détail, notamment pour les départementales, beaucoup de candidats dits socialistes se sont présentés sans l’étiquette socialiste. »
« Quand les socialistes ont dû composer leurs listes, ils ont souvent dû céder des places à leurs partenaires pour être sûr de reconduire leur position. »
« Les socialistes sauvent la mise et pourraient aussi l’augmenter un peu mais les scores en chiffre du suffrage non pas exprimé mais en pourcentage des inscrits, sont incroyablement faibles. »

 Sur les résultats des écologistes  
« Les élections régionales pour les écologistes sont des élections favorables, notamment parce qu’elles ont lieu au scrutin proportionnel. »
« Si on compare la performance électorale des écologistes, ils font aussi bien qu’en 2010 et un peu moins bien qu’en 2015. »
« Ces élections ne sont pas une percée extraordinaire des écologistes. »
« La baisse du PS, souvent de l’alliance du PS et du PCF dans la plupart des régions, a joué en faveur des écologistes. »
« Comme la gauche est à un niveau globalement bas, les écologistes s’imposent comme les leaders du second tour sauf dans les régions où les socialistes sont devant. Et dans ce dernier cas, les écologistes ont une stratégie solitaire. »
« Ces élections marquent clairement l’ancrage à gauche des écologistes. Les partis de gauche restent leurs alliés principaux. »
« La tentation des écologistes est d’être très pragmatique : là où ils ont besoin des autres, ils s’allient. Là où ils sentent que les autres peuvent passer mais qu’eux ont plus intérêt à se démarquer au deuxième tour de l’élection, ils jouent perso. »

 Sur les divergences entre les appareils politiques nationaux et les structures locales 
« Les compétitions politiques locales et nationales sont pensées pour être alignées même si elles ne l’ont pas toujours été dans notre histoire, notamment sous les Troisième et Quatrième République. »
« L’homogénisation et l’apparition de deux blocs et systèmes d’alliances est apparue à la faveur du présidentialisme au cours de la Cinquième République. »
« Jusque dans les années 1980, il y a une structuration des blocs de gauche et de droite : à gauche, il y avait des accords presque systématiques au second tour. Puis, dans les années 2000, de nouvelles alliances ont commencé à apparaître : dans certaines villes par exemple, le PS a fait des alliances avec le MODEM. »
« Des divergences fortes apparaissent au niveau territorial par rapport au national (…). L’émergence du macronisme a accru ce phénomène. »
« Sur les 12 régions, le PS est allié au PCF dans 9, les radicaux dans 11, EELV dans 3, LFI dans 1. EELV est alliée avec LFI dans 3, avec Génération.s dans 6. »
« On est dans une logique d’archipelisation de la gauche mais qui est aussi une façon de s’adapter à la réalité du terrain. »

 Sur le duel Emmanuel Macron - Marine Le Pen 
« Les élections régionales vont avoir un impact à droite mais elle n’est pas sortie des ronces avec trois candidats qui en sortent renforcés [Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse]. »
« Anne Hidalgo qui a soutenu Audrey Pulvar ne sort pas particulièrement renforcée de ces élections régionales. »
« Pour Emmanuel Macron, cela pose des questionnements de stratégies car ne s’est pas dessiné dimanche de possibilité d’alliances. On n’imagine pas le président actuel réitérer la performance de la dernière élection de 2017. Avec le MODEM seulement, il n’aura pas de majorité absolue. »
« Même des leaders régionaux UDI ou de centre droit ont été dissuadés d’accepter des alliances avec En Marche, même au risque de perdre des régions. »
« LREM est très isolée. »

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