Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 6 février 2020

Frédérique Rolet : « Pour Blanquer, tout est de la faute de Bourdieu »

Aujourd’hui, c’est la 9ème journée interprofessionnelle d’actions où les enseignants seront particulièrement mobilisés. Réforme du baccalauréat, couacs permanents... Frédérique Rolet, professeure de lettres et secrétaire générale du SNES-FSU, est l’invitée de #LaMidinale.

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 Sur la 9ème journée interprofessionnelle 
« On veut montrer au gouvernement qu’il y a une détermination très forte. »
« On ne peut pas vouloir imposer une réforme qui est majoritairement refusée. »
« On continue à demander le retrait de la réforme. »
« On ne peut pas amender une réforme qui est mal conçue dès le départ. »

 Sur les garanties apportées par Jean-Michel Blanquer 
« Le gouvernement ne donne aucun chiffre et on ne sait pas qui seront les fonctionnaires concernés. »
« La revalorisation des salaires est un sujet en soi et ça ne doit pas être lié uniquement à la compensation de la baisse des pensions de retraite. »
« Si on veut compenser la baisse des pensions que va engendrer la réforme des retraites, il faudrait augmenter de 1.400 euros les salaires des professeurs. »

 Sur les procédures parlementaires et la possibilité du 49.3 
« Le gouvernement est déjà passé en force sur d’autres sujets comme la réforme de l’assurance chômage. »
« C’est très inquiétant parce qu’on voit de plus en plus les citoyens se défier de la démocratie parlementaire. »
« Les organisations syndicales sont mises de côté. »
« C’est dangereux et on a l’impression que ce gouvernement est prêt à tout. »

 Sur les E3C 
« Les élèves le disent eux-mêmes : ils sont en évaluation permanente. »
« Les élèves passent leur temps à être évalués. »
« Pour un ministre qui voulait alléger les procédures, il est en train de tout compliquer et de créer une machine très complexe. »
« Les lycées deviennent des mini centres d’examens. »
« Le baccalauréat perd beaucoup de son caractère national. »

 Sur la contestation dans les lycées 
« Le principal syndicat des chefs d’établissements - qui appartient à une autre fédération que la FSU - parle de 43% des établissements qui ont connu des problèmes. »
« Jean-Michel Blanquer est dans le déni tout le temps. »
« Plutôt que de calmer le jeu, le ministre Blanquer met le feu. »
« Je suis choquée de voir des lycéens trainés à terre par des policiers, avec des policiers dans les établissements scolaires. »
« On essaie de faire taire les gens par la force. »

 Sur le dialogue social 
« On n’a jamais été dans une phase de négociation. »
« Il n’y pas de négociation. C’est l’idéologie qui s’applique. »
« Le projet de Blanquer est un projet très libéral : les élèves sont responsables de leurs parcours. Ceux qui réussissent, c’est parce qu’ils sont bons et ceux qui ne réussissent pas, c’est de leur faute. »
« Blanquer a chargé les sociologues dans un livre : tout serait de la faute de Pierre Bourdieu (…) parce qu’il aurait découragé les jeunes d’être ambitieux. »

 Sur la suite de la mobilisation  
« On souhaite rester dans une mobilisation inter-professionnelle. »
« Il y a beaucoup d’inventivité dans les formes de la mobilisation comme on l’a vu avec les danseurs de l’Opéra. »
« On va aussi investir la période des municipales et encourager les collègues à aller voir les élus, les députés et les candidats aux municipales. »
« J’espère que le ministre de l’éducation va comprendre qu’une communauté éducative divisée est un risque majeur pour le système éducatif. »

 Sur la crise de la vocation 
« Le métier est devenu moins attractif et ça fait plusieurs années qu’on alerte sur le sujet. »
« Le salaire est faible par rapport au niveau d’étude. »
« Il y a une dégradation des conditions d’exercice d’un point de vue matériel mais aussi parce que les collègues sont débordés par les injonctions qui viennent de toute part. »

 Sur le suicide de Christine Renon 
« On a tous été interloqués : comment a-t-on pu retirer une journée de grève à des collègues qui ont voulu rendre hommage à leur collègue qui s’est suicidée ? C’est d’une froideur et d’une inhumanité frappante. »
« On est dirigé par des gens qui ne sont animés que par le profit ; tout ce qui touche à l’humain et au sort des salariés importe peu. »

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