Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 23 juin 2021

Gaëtan Gracia : « La face cachée de la reprise après la crise sanitaire, c’est que les salariés sont maltraités »

Grève depuis mardi aux Ateliers de Haute Garonne. Gaëtan Gracia, tourneur-fraiseur et militant CGT, est l’invité de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

...ET A LIRE

 Sur les raisons de la grève 
« On a lancé cette grève parce qu’il y a un raz-le-bol sur les questions salariales. »
« Quand on parle entre collègues grévistes, on voit qu’il y a un problème quant à nos conditions de travail, au respect et à la dignité. »
« La face cachée de la reprise après la crise sanitaire, c’est que les salariés sont maltraités. »
« On n’a aucune reconnaissance ni salariale ni en termes de respect ou de conditions de travail. »
« Il y a eu de grosses réductions d’effectifs, comme partout dans l’aéronautique - soit via des plans de licenciements, soit via des non-remplacements après des départs. Aujourd’hui, on fait face à des remontées de cadence avec des effectifs réduits. »

 Sur les arguments de la direction 
« La direction nous avait déjà menacé d’un accord de performance collective qui est un truc made-in-Macron pour baisser les salaires. »
« La direction dit que l’entreprise est au bord de la faillite : on a demandé à voir la comptabilité réelle. »
« On a fait une expertise - la direction a rechigné à nous donner les chiffres, notamment ceux de la holding qui détient l’entreprise. »
« Les salariés savent qu’il y a des millions mais qu’ils n’en verront jamais la couleur. »
« Nos patrons, ils habitent juste à côté : on les voit vivre, avoir des chevaux de luxe et construire des statues quand nous, on a 0 euro d’augmentation. »
« La baisse de chiffre d’affaires dont la direction parle est à mettre en parallèle avec la baisse des effectifs salariaux. »

 Sur la délocalisation possible de l’activité 
« La délocalisation dans l’aéronautique existe déjà : notre entreprise a deux usines au Maroc parce que la main d’oeuvre y est moins chère. »
« Il est hors de question que l’on s’oppose aux travailleurs marocains ou polonais. On est solidaire. »
« Bien sûr que si on attaque notre emploi, on va le défendre parce qu’on ne veut pas être licencié. »
« On n’est pas, comme d’autres dans le milieu syndical, pour la relocalisation industrielle : il doit y avoir une solidarité internationale des travailleurs. Relocalisation, ca veut dire délocalisation ailleurs. Et, à ce compte-là, on se met tous en concurrence entre travailleurs de différents pays… »

 Sur la possibilité de victoire 
« Dans l’aéronautique, ca ne fait pas très longtemps que l’on voit des grèves. En soi, montrer qu’on était capable d’en faire une, c’est déjà une première victoire. »
« Il ne faut pas faire que résister, il faut gagner aussi. »
« Sauf si notre caisse de grève atteint des dizaines de milliers d’euros, on n’arrivera à tenir 15 jours. On a donc pensé une stratégie plus fine : on va écrire un message de tous les grévistes à la direction pour dire que notre objectif, c’est les NAO (négociations obligatoire dans l’entreprise). »

 Sur la révolution 
« En tant que militants, on est beaucoup à vouloir lutter contre le capitalisme dans son ensemble mais ça ne veut pas dire que lorsqu’on est dans une grève sur la question des salaires comme aujourd’hui, on va dire que le problème, c’est le capitalisme dans son ensemble - même si on peut en discuter. »
« On essaie d’articuler chaque bataille partielle à la lutte plus globale qu’on appelle de nos voeux. »
« Dans notre grève, la revendication de montrer la comptabilité aux salariés - ouverture des livres de compte -, elle est intéressante d’un point de vue anticapitaliste car elle amène l’idée d’un contrôle ouvrier. »
« En tant que trotskiste, je suis dans une logique de revendications transitoires. »

 Sur le politique 
« Les ouvriers s’intéressent à la politique et commencent à comprendre que la politique, ce n’est pas uniquement la politique politicienne et les manoeuvres comme on le voit actuellement pour le deuxième tour. »
« En tant qu’ouvriers, on ne se sent pas représenter parce que la plupart des listes aux élections proposent de maintenir des subventions aux patrons. Par exemple ici, sur le papier, on est dans une PME. Pourtant, nos patrons sont des multi-millionnaires. Or tous les programmes, même de listes de gauche, proposent de maintenir de l’argent public à ces PME. Et ça, ça passe pas. »
« Avec les camarades de Révolution permanente, on a appelé à voter pour les listes de Lutte ouvrière parce que c’était des listes qui revendiquaient l’indépendance de classe et mettait l’accent sur le fait qu’on allait reprendre le pouvoir en reprenant nos affaires en main. »

Et pour les aider, la caisse de grève, c’est par ici : https://www.cotizup.com/caisse-de-greve-ahg

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