Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 29 avril 2019

Gérard Filoche : « Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis »

Alors que la gauche française est divisée, Gérard Filoche veut croire que l’union des gauches est toujours possible. A la veille d’une nouvelle mobilisation qui aura lieu lors du traditionnel 1er mai, on fait le point avec lui sur la situation sociale et politique. Le membre fondateur de la Gauche Démocratique et Sociale est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur les élections en Espagne 
« Il ne faut jamais dire que la social-démocratie est définitivement morte. »
« Il faut toujours réfléchir sur les conditions dans lesquelles ces partis-là existent et gagnent et comment la gauche peut exister. Mais surtout, il ne faut pas être sous leur dépendance pour mener une véritable politique de transformation sociale. »

 Sur le compromis en politique 
« La politique, c’est une question de fond, ça dépend du mouvement de masse qu’il y a derrière les appareils et comment il peut les bousculer. »
« Il faut du compromis mais il faut qu’ils soient les meilleurs possibles. Si c’est pour ressortir une politique à la Hollande avec la même trahison qu’ils ont fait pendant cinq ans, c’est non. »

 Sur la proportionnelle en France 
« Quand Macron veut 20% de proportionnelle, c’est pour diminuer le nombre de députés et concentrer le pouvoir autour du président donc il ne faut pas l’accepter. »
« Il faut plus d’élus. Il faut mille élus avec des petites circonscriptions. »
« Il faut plus d’élus, il faut que les gens participent, que les élus soient contrôlés, révocables et qu’il y ait une limite dans le temps et dans le cumul des mandats. »

 Sur les annonces du président 
« C’est une contre-révolution. »
« Macron avait déjà écrit ça dans son livre Révolution c’est-à-dire l’idée d’une France uberisée, une société sans statut, post-salariale, sans loi ni droit et sans sécu. »
« Macron est obligé de mettre des bémols, il a un peu chaud aux fesses. »
« Au bout de six mois d’agitation, il n’a pas répondu aux gilets jaunes. »
« Quand on travaille, on veut un salaire, on ne veut pas des aides, on ne veut pas l’aumône. »
« Il faut que le capital paye, que les patrons payent. Et que fait Emmanuel Macron ? Du passe-passe. »

 Sur les gilets jaunes 
« Mon cœur bat avec les gilets jaunes. »
« Je suis gilet jaune depuis tout petit. »
« Il faudrait 300 euros tout de suite, pour tout le monde. »
« C’est une question de répartition des richesses entre le capital et le travail. »

 Sur les violences policières 
« C’est le règne de la peur qui fait reculer les manifestations. »
« C’est un terrorisme d’Etat. Ils savent ce qu’ils font avec les tirs et les arrestations. C’est une répression sans précédent dans notre pays. »
« Emmanuel Macron mène une guerre sociale. »

 Sur les européennes 
« Je crois que je vais voter pour l’une des listes de gauche. »
« Franchement, c’est désespérant : il y aurait une liste commune, on serait à 30-35%. »
« Ils se tapent dessus alors qu’il y a peu de différences quand on les écoute attentivement. Ils disent à peu près la même chose. »
« Pourquoi ne peut-on pas se mettre d’accord sur ce qui unit et mettre de côté ce qui nous sépare ? »
« Il ne faut pas qu’il y ait de chef, de tribun ou de césar. Il faut qu’il y ait un collectif. »

 Sur l’après-européennes 
« Si on ne réussit pas à bousculer la politique de Macron, avec les gilets jaunes et les organisations syndicales, c’est parce qu’il n’y a pas d’issue politique. »
« Il ne suffit pas d’additionner les partis mais on ne peut pas le faire sans les partis. »
« Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis. »
« Pour faire le Front populaire, il a quand même fallu mettre Thorez, Cachin et Blum sur la même tribune. »
« C’est pas mal qu’il y ait des sensibilités différentes parce qu’il faut du débat dans la gauche. »
« L’unité, c’est pas se rallier, ni de se soumettre, c’est de se respecter. »

 Sur la fédération populaire de Mélenchon 
« Je préfère l’union de la gauche parce qu’au moins, on sait de quoi il s’agit. Dans le peuple, il y a les patrons. »
« J’ai toujours un peu de difficulté à parler de collaboration de classes. Pour moi, il y a des classes sociales, donc c’est l’unité de ma classe : ma classe, c’est le salariat. Le salariat, c’est la gauche. La gauche, c’est le salariat et je veux unir le salariat. »
« L’appartenance à la gauche est déclarative. Il n’y a pas de tribunal pour juger qui y est et qui n’y est pas. »

 Sur le 1er mai 
« Gilets jaunes et gilet rouges. »
« Je milite pour qu’il y ait des millions de manifestants. »
« A un moment donné, les digues vont se rompre. L’explosion est devant nous, elle n’est pas derrière. »
« Je suis un vieux soixante-huitard. Il faut que les entreprises soient occupées et que la grève soit générale. Ça ne se décrète pas mais même si ça ne se décrète pas, il fait agir dans ce sens. »

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