Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 31 mai 2019

Guillaume Balas : « Si on veut donner au terme "gauche" une utilité politique, il faut le redéfinir »

Le mouvement de Benoît Hamon, Génération.s a réalisé un score tout juste suffisant pour bénéficier du remboursement des frais de campagne. Le mouvement Génération.s peut-il se relever ? Pour quoi faire ? Et avec qui ? L’ancien eurodéputé, membre fondateur de Génération.s, Guillaume Balas, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le mouvement Génération.s
« Il faut aborder la période avec humilité. On ne peut pas donner des leçons à qui que ce soit sans prendre le temps de se poser et de regarder l’ensemble de la séquence, et notre propre résultat. »
« Est-ce qu’on peut se relever ? On a les moyens financiers et c’est très important de faire quelque chose. La question est : est-ce que l’on peut être utile ? La réponse est oui. »
« Avec la tripolisation de la vie politique, il y a un énorme risque en 2022 de se retrouver dans un affrontement entre RN et LREM. Si c’est le cas pour la deuxième fois, on peut considérer qu’il y a un risque de disparition, à l’italienne, de la gauche. »
« On nous avait annoncé morts et enterrés donc ça veut dire qu’on peut jouer un rôle mais il faut le faire avec humilité. »
« Nous avons un poids petit mais réel, et nous voulons qu’il soit utile. »

 Sur la stratégie politique 
« Si nous avions pu opérer un rassemblement préalable dans ces élections européennes, dont le mode de scrutin n’y incite pas beaucoup, ça aurait été mieux. »
« On pourrait dire que la stratégie de Jadot lui a réussi mais je n’en suis pas sûr à long terme : il va falloir qu’il en fasse quelque chose à long terme en terme de rassemblement. »
« On aurait voulu qu’il y ait quelque chose qui dépasse les appareils par notamment une dynamique citoyenne et c’est ce qu’on avait proposé avec la votation citoyenne. »

 Sur la gauche 
« Nous allons avoir de grands débats sur ce que veut dire la gauche, si ça veut dire encore quelque chose. »
« Il y a deux angoisses fondamentales : l’angoisse identitaire et l’angoisse écologique. »
« Sur ces sujets sémantiques, je suis toujours prudent parce qu’il y a toujours une histoire. Qualitativement, ça pourrait plutôt pousser à garder le mot gauche mais si ça devient simplement un totem indéfini, il est certain que ça n’a plus aucune utilité sociale et politique. »
« Si on arrive à faire de la gauche un élément de mobilisation autour de la démocratie, de la justice sociale et de l’écologie alors ça définit quelque chose. C’est important parce que ces trois mots peuvent être séparés. »
« Si on veut donner au terme “gauche” une utilité politique, il faut le redéfinir. Ça va être le grand débat de la période. »

 Sur l’alternative à la stratégie populiste et celle de l’union de la gauche 
« Avant que chacun parte dans des stratégies nominalistes, il faudrait qu’on réfléchisse un peu. »
« Les stratégies populistes de gauche peuvent faire un socle électoral assez important mais comme il bride par nature un rassemblement plus large au deuxième tour, ils interdisent le passage à la majorité. Et c’est toute la contradiction du populisme de gauche. »
« Il n’y a pas une seule option où la gauche puisse être au deuxième tour de l’élection présidentielle si ça ne va pas de Mélenchon jusqu’à EELV. Il y a aura des pourcentages qui manqueront face à Macron et Le Pen. »

 Sur la fédération populaire 
« C’est une proposition qui a le mérite d’exister même si on ne connait pas bien le contenu. »
« C’était une proposition qui avait une vocation politique pendant l’élection européenne. »
« Il faut reconstruire l’alliance entre le mouvement réel de la société et le politique. On en est loin. »
« Nous serons pour toutes les initiatives qui sont prises aujourd’hui pour qu’il y ait un processus unitaire. »

 Sur les municipales 
« Le problème des élections municipales, c’est qu’aucun appareil politique n’a l’autorité suffisante au niveau local pour ordonner un périmètre stricte d’alliances. »
« Aucune alliance avec la République En Marche ne peux exister de notre point de vue. Et nous ne pourrons pas aller avec des mouvements qui s’allieront avec la République En Marche. »
« Olivier Faure a dit qu’il était hostile à une alliance avec la République En Marche et, de ce point de vue, c’est plutôt une bonne nouvelle. »

 Sur la mobilisation face à la politique d’Emmanuel Macron 
« Un des points d’entrée de ce rassemblement potentiel [de la gauche], c’est que, au moins la question de la défense des intérêts concrets de ceux qu’on pense être la majorité du peuple français, nous puissions nous mettre d’accord pour agir ensemble. »

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  • la gauche semble adorer se regarder le nombril...

    carlos Le 31 mai à 12:42
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