Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 3 février 2020

Guillaume Balas : « On ne doit pas attendre 2022 pour faire des coalitions de la gauche et des écologistes »

Le mouvement Génération.s vient de lancer un projet de construction d’une grande force de transformation écologique et sociale. Son coordinateur national, Guillaume Balas, est l’invité de #LaMidinale.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

UNE MIDINALE À VOIR...

 

À ÉCOUTER...

>> sur Spotify
>> sur Apple

 

ET À LIRE...

 Sur le rejet par les députés LREM du texte sur l’allongement du congé parental pour décès d’un enfant 
« Comment, aujourd’hui, l’idéologie de la concurrence, de la compétition et de la compétitivité peut amener des députés à ne pas voir l’énormité de ce qu’ils sont en train de faire ? »
« Ce n’est que lorsqu’il a l’autorisation économique [du MEDEF] qu’Emmanuel Macron revient sur le sujet… ce qui prouve qu’il est complètement lié à la parole des grandes entreprises de France. »
« Les députés ne se posent même plus la question de l’inhumanité de ce qu’ils sont en train de produire. »
« On a atteint un point de rupture : les contre-valeurs néolibérales de concurrence généralisée qui président à toute l’organisation de la vie humaine, les gens n’en veulent plus. »
« LREM n’a aucune colonne vertébrale comme parti ou mouvement politique. »
« La promesse du “et de gauche et de droite” s’est transformée en “à fond à droite”. »

 Sur le rassemblement de la gauche et des écologistes 
« Pour les municipales, je n’ai jamais cru qu’il pourrait y avoir quelque chose de généralisé sur le territoire. »
« On est maintenant dans le débat de préparation de l’élection présidentielle. »
« Si nous ne prenons pas, les écologistes et les gauches, le pouvoir d’Etat, ce sera un très grand handicap pour défendre les plus faibles et pour avancer vers la transition écologique. »
« Il est important de débattre - y compris ce qui peut nous séparer. »
« Il faut dialoguer avec la société civile : ça ne peut plus être simplement la coalition des partis. »
« Il y a la nécessité de créer un nouveau mouvement politique : il ne faut pas attendre 2022 pour faire des coalitions. »
« Il est très rare que l’ensemble des structures affirment la nécessité d’un dépassement. »
« Pourquoi être ensemble ? Le simple refus d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ne suffira pas. »
« Sur le fond, deux mots sont cruciaux : écologie et justice sociale. »
« Il n’y a pas d’écologie compatible avec le néolibéralisme, avec la mondialisation telle qu’elle se déroule ou sans rapports de force avec les grandes entreprises. »

 Sur la différence entre « rassembler la gauche » et « fédérer le peuple » (France insoumise) 
« A la France insoumise, il y a des paroles plurielles : je suis d’accord avec à peu près tout ce que dit François Ruffin dans son dernier livre, notamment l’idée de la création d’un front populaire écologiste et social qui se base sur les dynamiques citoyennes, la société civile et les partis politiques. »
« Quand j’entends Clémentine Autain avec laquelle Génération.s travaille au sein du Big Bang, je sais que fondamentalement nous sommes d’accord sur l’idée que les sensibilités qui sont à la fois écologistes et sociales se retrouvent partout dans la société et partout dans les partis. »
« Quant à Jean-Luc Mélenchon, on ne sait pas exactement ce qu’il dit : on voit bien qu’il hésite. Je pense que la puissance de Jean-Luc Mélenchon dans son analyse doit être mise au service de la cause commune. »
« Je ne crois pas du tout à l’idée selon laquelle un candidat à la présidentielle, parce qu’il est devant dans les sondages, va accumuler les scores de tout le monde pour arriver au deuxième tour. »

 Sur l’absence d’idées pour les classes populaires et moyennes 
« Je ne crois pas du tout à l’hétérogénéisation de la société, que tout éclate et qu’on est tous différents. Je crois que les classes moyennes et les classes populaires tendent de plus en plus à se ressembler, notamment dans le dessein et l’inquiétude qu’elles ont pour leurs enfants à la fois du point de vue écologique et du point de vue social. »
« Le déclassement mais surtout l’imaginaire du déclassement atteignent de plein fouet les classes moyennes. »
« Il y a des intérêts généraux communs à la très grande majorité du peuple français. »
« Aujourd’hui, il y a la base sociologique pour créer le front populaire écologiste et social de rassemblement. »
« Que ce soit au niveau politique ou dans la société, j’aimerais que la face écologiste et la face sociale se parlent. »
« Il faut un minimum de foi dans le projet commun. »
« On attend aussi de grandes paroles – qui commencent à réémerger : et ça commence, comme sur le mouvement des retraites avec des prises de parole d’artistes. »

 Sur la désignation du candidat pour 2022 
« Nous sommes toujours dans le paradoxe suivant : nous n’aimons pas la 5ème République mais qu’il faut l’utiliser donc il nous faudra un-e candidat-e. »
« Je suis sûr qu’il y aura plus de candidats que d’idées si nous laissons faire les choses. »
« A Génération.s, on porte la question du scrutin préférentiel. »
« Le problème d’une primaire, c’est qu’il y a des gagnants et des perdants. Etre sûr qu’il y aura une cohérence, à la suite du résultat, sur la loyauté, ce n’est pas du tout évident. »
« Il faut que dès l’été prochain, on ait une idée [des modalités de désignation du-de la candidat-e]. »
« Tous les candidats qui vont se déclarer dans les gauches et l’écologie ont un problème : s’il n’y a pas un travail collectif de tous pour avoir des grandes lignes de proposition, les alliances vont se faire sur du sable. »

 Sur le mouvement contre la réforme des retraites 
« Les gilets jaunes avaient été une préfiguration du mouvement contre la réforme des retraites mais avec une sociologie des classes populaires et des classes moyennes ambigües. »
« Avec le mouvement contre la réforme des retraites, le cœur de la mobilisation, ce sont les classes populaires et les classes moyennes organisées. »
« Est-ce que le souffle créé par la mobilisation suffira à faire plier les institutions autoritaires de la Vè République pour que le projet ne soit pas voté ? Je n’en sais rien... »
« Le projet de réforme des retraites sera très difficilement applicable avant les élections présidentielle donc si nous arrivons à transformer la mobilisation en espérance en termes politiques, c’est-à-dire à créer une alternative politique, et que nous prenons le pouvoir, on pourra annuler sans trop de difficultés cette délirante réforme des retraites. »

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.