Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 30 janvier 2020

Guillaume Martine : « On peut d’autant moins critiquer les violences des manifestants lorsque l’État est défaillant »

Ce jeudi 30 janvier, les avocats mènent une action de « défense massive » des prévenus en comparution immédiate pour dénoncer une justice expéditive et manifester leur opposition à la réforme des retraites. Guillaume Martine, avocat au barreau de Paris et membre du bureau du Syndicat des Avocats de France, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’action de défense massive des avocats et la réforme des retraites 
« Dans le cadre des comparutions immédiates, la justice est un peu expéditive. »
« Avec 30 à 40 avocats, on va organiser une défense minutieuse de chacun des prévenus qui vont passer devant le tribunal. »
« On organise cette manifestation dans le cadre de la grève des avocats qui en est à sa 4ème semaine. C’est un mouvement historique pour la profession, contre la réforme des retraites. »
« On veut bloquer la machine judiciaire tant que le gouvernement ne voudra pas entendre les revendications de la profession. »
« On demande le retrait du projet de réforme des retraites. »
« Il n’y a aucune avancée de la part du gouvernement. »

 Sur les violences policières 
« Tout le monde a le droit en démocratie, puisque certains essaient de nous retirer ce droit, de s’exprimer sur l’état de notre démocratie et du régime dans lequel on se trouve. »
« Je ne parlerais certainement pas de dictature, de régime autoritaire peut-être, de dégradation des libertés publiques sans doute. »
« Chaque manifestation est l’illustration de ce qu’il est difficile de manifester de manière pacifiste dans ce pays notamment du fait de la politique du maintien de l’ordre qui est extrêmement contestable en France. »
« Il y a une doctrine de la violence [de la part des forces de l’ordre] qui a été dénoncée par des syndicats de police eux-mêmes. »
« Il y a des consignes claires et explicites sur le fait qu’il faut aller au contact [des manifestants] et sur le fait que les policiers seraient couverts s’il y avait des débordements. »
« Ça fait un an qu’il ne se passe pas une manifestations sans qu’il y ait des blessés, parfois des blessés graves, des mutilés et c’est quelque chose que le gouvernement ne veut pas voir. »

 Sur la proposition de loi d’Elsa Faucillon 
« Le dépaysement, c’est le fait que l’enquête soit automatiquement confiée à un procureur qui ne soit pas le procureur territorialement compétent. »
« Ça peut changer la donne parce que souvent les services saisis par le procureur de la République pour enquêter sur les violences policières sont des services très liés aux policiers qui sont impliqués. »
« L’IGPN, compte tenu de son taux d’enquête qui prospère, pose question. »
« Plusieurs associations réfléchissent à proposer l’instauration d’une autorité indépendante. »

 Sur la violence « légitime » 
« On peut d’autant moins critiquer les violences des manifestants contre les forces de l’ordre ou contre l’Etat en général lorsque l’Etat est défaillant non seulement dans son maintien de l’ordre mais aussi lorsqu’il y a des dérapages des forces de l’ordre - et ils sont nombreux - le fait que ces dérapages ne soient pas sanctionnés efficacement par le pouvoir en place. Non seulement ils ne sont pas sanctionnés mais il y a même un discours qui donne presque l’autorisation aux forces de l’ordre de poursuivre leurs agissements. »

 Sur les propos d’Emmanuel Macron (à propos de Sarah Halimi) 
« La déclaration du président de la République est problématique pour deux raisons : la première c’est qu’elle laisse à penser que la décision de déclarer monsieur Traoré comme irresponsable aurait été prise par une seule personne alors qu’elle a été prise par la chambre d’instruction de la Cour d’appel de paris après une audience publique (…). Il y a trois expertises qui ont été menées par sept experts différents. La deuxième raison c’est que cette affaire n’est pas terminée : la famille Halimi s’est pourvue en Cassation et aujourd’hui les déclarations du président de la République qui disent qu’il faut un procès laissent à penser que c’est une forme d’injonction qui est faite aux magistrats de la Cour de Cassation qui est presque un ordre. »

 Sur les propos de Nicole Belloubet (à propos du droit de blasphémer) 
« Ça montre toute l’errance de ce gouvernement sur la question des libertés publiques dans ce pays. »
« Nicole Belloubet ne sait pas de quoi elle parle et elle change de position toutes les deux heures. C’est ridicule. »

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