Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 24 janvier 2019

Gustave Massiah : « Le néolibéralisme est toujours maître du monde »

Alors que le Forum économique mondial de Davos bat son plein, Gustave Massiah, membre du conseil international du Forum social mondial, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le Forum Economique Mondial de Davos 
« La mondialisation néolibérale ne s’est jamais aussi bien portée et n’a jamais été autant en danger. »
« Le Forum Social Mondial était une réponse au Forum Economique Mondial de Davos. »
« Le néolibéralisme est toujours maître du monde : il contrôle la finance, les chaînes de production et les Etats. »
« Au Forum Economique Mondial de Davos, ils ont eu le culot de demander à Jair Bolsonaro [le président du Brésil] de faire l’introduction et d’être l’hôte principal. »
« Voilà ce que ceux du Forum Economique Mondial de Davos veulent : le maintien de l’ordre, la répression et l’imposition des discriminations. »

 Sur les différents mouvements sociaux depuis 2008 
« La réponse des peuples à la crise financière de 2008, c’est 2011 et l’ensemble des mouvements et insurrections qui éclatent dans des dizaines de pays du monde : au Maghreb et au Mashrek avec la Tunisie et l’Egypte, avec les Indignés [en Espagne], avec les Occupy [aux Etats-Unis], les carrés rouges [au Canada], avec les étudiants chiliens, avec la place Taksim à Istanbul… »
« Toutes ses insurrections ont le même mot d’ordre : non aux discriminations, non aux inégalités, non à la domination mais aussi le refus de la corruption. »
« La corruption, ce n’est pas acheter des gens, c’est la fusion entre la classe politique et la classe financière qui abolit l’autonomie de la première. »
« Tous ces mouvements vont mettre en avant une solution : démocratiser radicalement la démocratie. »

 Sur les gilets jaunes 
« Nous sommes dans une période, et les gilets jaunes en sont l’expression, marquée par le refus de la délégation et de la représentation. »
« Les gilets jaunes sont une réaction à l’évolution de la mondialisation néolibérale avec une recherche de solutions plutôt nationales et de repli. »
« Sur la question des migrants et du racisme, heureusement les gilets jaunes n’ont pas basculé mais cela peut arriver : et même si ca arrive, dans tous les pays où c’est arrivé, on voit se soulever des gens qui sont pour l’accueil et l’hospitalité. »

 Sur les contre-révolutions 
« Il y a une réflexion à avoir sur l’autoritarisme qui passerait un compromis avec le social. »
« A partir de 2013-2014, nous entrons dans une période de contre-révolution. »
« Les mouvements doivent recomposer et redéfinir leur stratégie en résistance par rapport aux contre-révolutions. »
« Il y a des convergences entre les gilets jaunes et certaines des propositions des altermondialistes. »
« Les révolutions sont courtes mais les contre-révolutions sont longues. »
« Les contre-révolutions n’annulent jamais les révolutions. »
« Nous sommes dans une période où il y a beaucoup de nouveau et des résistances énormes. »
« On rentre dans la deuxième phase de la décolonisation : la première, c’était l’indépendance des Etats – et on en a vu les limites – et maintenant se pose la question de la libération des peuples. »
« La lutte continue ; et on ne sait pas ni quand, ni comment on pourrait gagner, mais c’est possible. »

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