Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 18 janvier 2021

Héloïse Gruz : « L’université qui nous emploie refuse de nous payer les heures perdues par le confinement »

Les étudiants-salariés de la bibliothèque Sainte-Barbe entament leur sixième semaine de grève : l’administration de l’université Paris-3 qui les emploie refuse de les payer quand l’établissement est fermé pour cause de confinement. Héloïse Gruz, l’une des gréviste, est l’invitée de la Midinale.

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ET À LIRE...

 Sur la grève des étudiants-salariés de la bibliothèque universitaire Sainte-Barbe 
« Certains d’entre nous ont eu la Covid et se sont aperçus que la bibliothèque [Sainte-Barbe] refusaient de les rémunérer alors même qu’une circulaire disait que l’on devait être payé. »
« La présidence de l’université Paris-3 [notre employeur] nous a annoncé que, s’il y avait un nouveau confinement, on ne serait pas payé. »
« Sur demande du ministère, de nouveaux contrats pour nous précariser encore plus sont en train d’être élaborés. »
« On est très vite entré en contact avec la CGT de l’université Paris-3. »
« Contractuel étudiant est un statut extrêmement spécial : souvent, même l’administration n’arrive pas à faire la différence entre contractuel étudiant et vacataire. »
« Il y a une clause dans nos contrats qui stipule que l’on est payé aux heures faites. Notre planning nous est donné chaque semaine : quand des heures sont planifiées, elles doivent normalement nous être payées… mais ils jouent sur cette mention ”heures faites”. »
« L’administration de l’université qui nous emploie subit des pressions de la part de Bercy : le Covid, ça commence à être long, il faut donc faire des économies. »

 Sur la situation des étudiants-salariés en général 
« Au piquet, beaucoup de personnes sont venues nous voir : des étudiants salariés des bibliothèques des Grands Moulins ou de Censier rencontrent exactement les mêmes problèmes. »
« Dans beaucoup de bibliothèques, il y a très peu d’étudiants salariés (2 ou 3 parfois) : ce n’est pas assez pour faire une grève qui puisse porter ses fruits. »

 Sur la précarité étudiante 
« Il y a une grande idée, qui est complètement fausse, que la plupart des étudiants ont leur famille qui peut les soutenir. »
« Le postulat selon lequel tout étudiant pourrait obtenir de l’aide de ses parents est faux. »
« Notre salaire n’est pas faramineux : par mois, il s’élève à 460 euros. Et à Paris, on ne paie pas son loyer avec 460 euros. »
« Moi, comme beaucoup, j’ai un deuxième boulot à côté. Et j’en ai besoin de ces boulots, c’est vital. »
« Il faut tout faire pour qu’un étudiant n’ait pas à travailler pendant ses études. »
« Il y a une très grande inégalité et injustice dans le fait que certains doivent travailler pour financer leurs études et pas d’autres. »
« Contrairement à ce que dit Bruno Lemaire, à 18 ans, on ne veut pas travailler, on veut étudier. »
« Il faudrait qu’étudier ne soit pas un poids ou une souffrance terrible. »
« Dans tous mes cours, mes professeurs ont été affolés parce qu’un tiers des étudiants ne se sont pas connectés aux cours. »
« Depuis la rentrée, dans mon cercle proche, trois personnes abandonnent leurs études. »
« La pandémie de la Covid accélère la sélection sociale : ce n’est pas n’importe qui qui décroche, ce sont d’abord ceux qui sont obligés de travailler. »

 Sur Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 
« Frédérique Vidal, depuis quelques mois, elle ne fait que de la communication : son engagement, il n’est que sur Twitter. »
« Elle vient de créer des postes de tuteurs : cela veut dire qu’on fait faire le boulot à des sous-fifres et elle démontre que l’enseignement supérieur n’est pas capable à lui seul de faire le travail. »
« Le gouvernement crée un climat délétère économiquement : au niveau des études, c’est une catastrophe mais quand on voit le marché du travail qui s’ouvre à nous, c’est encore pire. »
« Le gouvernement est en train de détruire toutes les perspectives d’avenir d’une grande partie des étudiants. »

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