Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 21 avril 2020

Hocine Tmimi : « Les quartiers populaires vont payer un lourd tribut au coronavirus »

Crise sanitaire, sociale et alimentaire, tensions avec les forces de l’ordre : les quartiers populaires sont-ils en train de s’embraser ? Hocine Tmimi, élu à la jeunesse de Vitry et conseiller départemental du Val-de-Marne, est l’invité de #LaMidinale

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la question sanitaire dans les quartiers 
« Il y a un vrai problème sanitaire dans les quartiers populaires. »
« Cette crise met en exergue les inégalités sociales qui existaient déjà. »
« Ce qui sera intéressant - même si ce n’est pas le bon mot - c’est les conséquences de l’épidémie dans les quartiers populaires. On va payer un lourd tribut de ce virus dans les quartiers. »

 Sur les tensions dans les quartiers  
« J’ai été frappé et outré d’entendre les discours sur les mauvais élèves des quartiers populaires : sur le non respect des gestes barrières ou des confinements. C’est méconnaitre les quartiers populaires. »
« Dans la vie de tous les jours, il y a une réalité sociale dans les quartiers : on est dans la proximité, on aime le tactile, on organise des repas de quartier, c’est cette culture-là qui domine dans les quartiers et le confinement est vécu comme une épreuve extrêmement difficile. »
« Quand vous vivez à sept dans un deux pièces, ça a forcément des conséquences à l’intérieur de ces familles. »
« Les violences intra familiales commencent à exploser. »

 Sur l’origine des tensions et les violences policières 
« La puissance publique n’a pas traité correctement le dialogue nécessaire entre la police et les jeunes. »
« J’ai été surpris que 10% des verbalisations aient été données en Seine-Saint-Denis. »
« Il n’y a pas de volonté politique nationale de créer les conditions du dialogue avec la police, donc on essaie de le faire au niveau de la ville. »
« Le climat de confiance commence à s’installer même si la défiance est très forte. »
« La caricature, notamment médiatique, qui est faite des quartiers populaires est devenue insupportable pour les jeunes. »
« Les jeunes n’ont pas repéré une seule parole, du côté de l’Etat, qui les concerne. Tant qu’il y aura ce désert dans le discours politique il y aura de la défiance et ça s’exprime par la colère. »

 Sur l’économie souterraine  
« Je suis surpris des discours sur cette question là comme si les trafics de drogue étaient une exclusivité des quartiers populaires ? »
« La colère liée au ralentissement des trafics dans les quartiers est peut-être l’une des causes des tensions actuelles mais elle me semble extrêmement mineure par rapport à toutes les causes et les réalités qui existent dans les quartiers populaires. »
« Je vois dans nos quartiers tous ceux qui partent le matin bosser : les caissières, les agents de sécurité, les livreurs, tous ces petits boulots, ces petites gens comme certains les appellent, qui font tourner aujourd’hui la France. Il faut leur rendre hommage et les remercier. »

 Sur la crise alimentaire et le ramadan dans les quartiers 
« Cette situation de crise alimentaire dans les quartiers populaires existait avant la crise sanitaire. Elle était peut-être moins visible parce qu’il y a une vraie solidarité avec un tissu social d’entraide très important. Le confinement met en exergue ces inégalités-là. »
« Les conditions d’organisation du ramadan sont réunies pour que ça se passe bien et que ça s’inscrive dans les règles républicaines de confinement et de gestes barrières. »

 Sur l’organisation de la rentrée scolaire le 11 mai 
« Il y a une idée qui m’intéresse qui serait de donner la possibilité aux familles les plus en difficultés de permettre aux enfants d’aller respirer à l’école tout en respectant les règles de distanciation sociale. »

 Sur le 21 avril et le danger Rassemblement national (RN) 
« Je préfère ne pas imaginer le RN au pouvoir mais si on commence à mettre dans la cocotte minute tous les ingrédients qui feraient exploser le pays, c’est une hypothèse qui est sur la table. Il faut être attentif à ça. »
« J’ai une absolue confiance à l’élan républicain de la nation et j’espère qu’on saura tous à chaque fois se rassembler pour empêcher d’avoir un jour le RN au pouvoir. »

 Sur les contrôles au faciès  
« Vitry est une ville populaire avec des quartiers populaires où les jeunes sont victimes de contrôles au faciès. »
« Le contrôle au faciès n’est pas une utopie. »

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