Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 26 avril 2019

Ian Brossat : « Emmanuel Macron a fait un bras d’honneur aux gilets jaunes »

Que retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron ? Quelle stratégie à un mois des élections européennes ? Quelle réponse à l’appel de Jean-Luc Mélenchon pour une fédération populaire ? Ian Brossat, tête de liste communiste aux européennes, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur les annonces d’Emmanuel Macron 
« Le problème avec Emmanuel Macron, c’est que, même quand on en attend rien, on est déçu quand même. »
« J’ai trouvé que c’était un discours décevant tout simplement parce qu’il ne tient pas compte de ce qui s’exprime depuis six mois. »
« Il répond que tout va continuer comme avant, et même pire que ça, puisqu’il a bien l’intention d’accélérer. »

 Sur les mesures « impopulaires » 
« Il nous demande de le créditer d’une certaine forme de courage. Mais le courage, ça ne consiste pas à demander aux gens modestes de faire des efforts supplémentaires. »
« Le courage, c’est précisément de s’attaquer aux privilèges des puissants. Mais les riches semblent bénéficier d’une espèce de totem d’immunité. »
« La clef, si on veut répondre aux revendications de la France populaire, c’est le partage. C’est d’accepter de s’en prendre aux privilèges des puissants, de ces milliardaires qui sont trois fois plus nombreux qu’il y a dix ans. »

 Sur les gilets jaunes 
« Emmanuel Macron a fait un bras d’honneur aux gilets jaunes. Il ne répond en aucun cas à la revendication de justice sociale. »
« Je pense qu’il y a une stratégie du président de la République qui consiste à s’adresser à un Français sur trois. »

 Sur la sécurisation des frontières européennes 
« Je suis favorable à la fermeture des frontières pour les fraudeurs fiscaux. »
« Nous vivons aujourd’hui dans une Union européenne où on passe son temps à ériger des frontières pour empêcher que les réfugiés entre sur notre territoire et, dans le même temps, c’est frontières ouvertes pour les fraudeurs fiscaux avec des paradis fiscaux à l’intérieur même des frontières européennes. »

 Sur l’art d’être français 
« Emmanuel Macron a tellement enfilé les perles qu’il y avait de quoi remplir toutes les vitrines de la Place Vendôme. »
« Je ne sais pas ce que ça veut dire l’art d’être français. »
« La France a une identité particulière et des spécificités. »
« L’égalité est une valeur très française et je suis fier qu’elle figure sur notre devise républicaine. »
« Emmanuel Macron veut tuer la retraite par répartition en mettant en place la retraite par points et a évoqué la suppression du statut de fonctionnaire. Donc l’héritage de l’après-1945, Emmanuel Macron veut le mettre à terre. »

 Sur sa candidature aux européennes 
« Les communistes ont combattu avec constance tous les traités européens libéraux. »
« On peut nous créditer d’une certaine forme de cohérence dans notre combat parce que nous avons perçu très tôt l’ADN libéral de cette Europe. »
« Nous avons une belle liste qui permettra de faire élire une ouvrière [Marie-Hélène Bourlard] au Parlement européen. »
« Dans cette assemblée de lobbyistes et de financiers, ça ferait du bien d’avoir une femme comme Marie-Hélène Bourlard qui a tenu tête à Bernard Arnault. »
« Nous souffrons de politiques libérales qui sont déclinées à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne. C’est donc l’occasion de mettre un carton rouge à Macron et aux politiques libérales qui sont appliquées à l’échelle de l’Europe. »
« Il faut que l’Union européenne accepte qu’en son sein, il puisse y avoir des modèles économiques différents. »
« Il faut que l’Union européenne, par exemple, permette à nous Français de maintenir un haut niveau de services publics. »

 Sur l’après-européennes 
« Nous traversons une période qui est marquée par une grande division à gauche et je pense qu’au lendemain du 26 mai, il faudra retrouver le chemin du dialogue et encore mieux, du rassemblement. »
« Pour que l’union puisse se faire, il faut, à mon sens, réunir deux conditions : la première, c’est qu’il faut que cette union se fasse en rupture avec les politiques libérales (…). Le deuxième, qui est une condition de méthode, c’est que cette union ne pourra pas se faire avec l’hégémonie d’un parti politique sur les autres pour la simple et bonne raison qu’aujourd’hui, aucun parti politique n’est hégémonique à gauche. »
« L’enjeu, c’est d’éviter qu’on ait un paysage politique polarisé autour des libéraux d’une part et des fachos d’autre part. »

 Sur les violences policières 
« Le Conseil de Paris a adopté de très nombreuses délibérations et déclarations qui dénonçaient les violences policières. »
« Nous avons voté des textes très clairs qui dénoncent les violences policières. »

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  • L’avenir du parti communiste est l’objet de spéculations. Elles qui le portaient autrefois sur les rives de la science marxiste lui promettent maintenant les subtilités d’un marché de niche où il essaie de ramasser une clientèle et de sauver quelques places. Y parviendra-t-il ? Cela dépend de ses rivaux, qui peuvent avoir besoin d’un apport supplétif, l’éloignant ainsi de la disparition. Le lot des régimes communistes qui autrefois avaient avalé la moitié de l’Europe lui est épargné.

    Sur le théâtre européen justement, dont une scène se joue le 26 mai, les partis communistes résiduels essayent de figurer. C’est bien le mot : faire de la figuration. Mais en France l’accès au casting est soumis à un seuil de 5 %. Ian Brossat, sympathique apparatchik, fait des pieds et des mains pour l’atteindre. Nul doute qu’en cas de réussite il sera félicité par Anne Hidalgo, sa patronne.

    Glycère Benoît Le 29 avril à 06:40
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