Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 6 juillet 2020

Isabelle Lorand : « A Vitry-sur-Seine, une clique a fait un putsch et pris le pouvoir de façon antidémocratique »

A Vitry-sur-Seine, alors que la liste gagnante était emmenée par le communiste Jean-Claude Kennedy, c’est son colistier (et camarade !) Pierre Bell-Lloch qui a été élu lors du conseil d’installation. On en parle avec la conseillère municipale Isabelle Lorand, elle aussi membre du PCF.

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur ce qui s’est passé à Vitry-sur-Seine samedi dernier 
« C’est la première fois que, dans le conseil d’installation, un colistier se présente contre la tête de liste. »
« Le principe dans les élections municipales, c’est que les gens élisent leur maire. Mais, dans l’esprit des institutions, ils élisent un conseil municipal qui élit, en son sein, un maire. »
« Le maire reste l’élu le plus proche et le plus apprécié des Français. »

 Sur Pierre Bell-Lloch, le nouveau maire de Vitry-sur-Seine, et son équipe 
« C’était clairement prémédité – cela fait un moment que j’avais vu le coup devenir mais jusqu’au jeudi qui a précédé, je ne pensais pas que cela se ferait aussi rapidement, au conseil d’installation. Ca ne s’est jamais fait ! »
« Si quelqu’un d’autre que la tête de liste veut être maire, il suffit de se présenter au suffrage universel des habitants. »
« Pierre Bell-Lloch est allé acheter les voix pour organiser son putsch au mépris de toute discussion avec les communistes et de tout respect des règles internes de fonctionnement. »
« Le problème n’est pas Jean-Claude Kennedy : quand une femme est violée, on ne peut pas lui reprocher d’avoir une mini-jupe. »
« Il y a une clique qui veut le pouvoir et qui a tout fait pour l’avoir. »
« Les habitants ne reprochent rien à Jean-Claude Kennedy puisqu’ils ont voté pour lui. »
« Je ne dis pas que le projet pour Vitry-sur-Seine ou que l’on est irréprochable mais il y a un candidat qui a rassemblé une liste, un projet et une équipe et qui a fait près de 50% des voix. Tout le reste, c’est de la conjecture. »

 Sur les raisons et les condamnations de ce « putsch » 
« Ce ne sont pas des histoires internes au Parti communiste français. »
« Les communistes ont appris hier par une communication d’EELV qu’ils n’auront pas de candidat à la législative partielle dans la 9ème circonscription du Val-de-Marne… »
« Des gens ont fait main basse sur le groupe EELV à Vitry-sur-Seine excluant les écologistes identifiés comme tels. »
« Le Parti communiste et la fédération du Val-de-Marne du Parti communiste ont condamné sans ambiguïté ce qui a été fait par Pierre Bell-Lloch. »
NB : le sénateur socialiste Luc Carvounas a demandé « à [s]es collègues PS élus de démissionner et de ne pas participer à cette mascarade démocratique ».

 Sur les dissensions au sein du PCF de Vitry-sur-Seine 
« Dans les années 1980, j’ai radicalement rompu avec tout ce qui peut avoir à voir avec tout ce qui peut avoir de près ou de loin avec l’histoire du stalinisme, c’est-à-dire les coups de force, l’autoritarisme, la violence et les affaires. »
« Les gens qui sont sur la liste de Pierre Bell-Lloch sont ceux qui se sont vanté d’avoir planté le drapeau soviétique sur la mairie de Villejuif le soir du 28 juin. »
« Dans la culture communiste, on ne croit pas qu’une telle trahison puisse arriver. »

 Sur les voies et moyens qu’il reste aux opposants au maire Pierre Bell-Lloch 
« Je crois à la puissance de la démocratie et de la mobilisation. »
« S’ils font un putsch, c’est qu’ils savaient très bien que par les voies démocratiques, ils ne pouvaient pas y arriver. Si Pierre Bell-Llloch pensait qu’il pouvait être élu tout seul, il aurait fait sa liste. Là, il a du passer par des manipulations pour pouvoir faire son coup d’Etat. »
« Un coup d’Etat, cela veut dire qu’on n’a pas le rapport de force démocratique : Pinochet avait les militaires mais dans les institutions françaises, on ne peut pas installer une garde militaire autour de la mairie de Vitry-sur-Seine. »
« On dénonce l’élection et j’appelle à la démission de Pierre Bell-Lloch – tout comme la fédération du Parti communiste du Val-de-Marne. »
« Sur le site de la ville, il y a un nombre énorme de réactions d’habitants. »
« Quand on est républicain et démocrate, on ne peut pas accepter qu’un homme élu par le suffrage universel soit renversé 5 jours après par ses colistiers. »
« J’appelle les habitants de Vitry-sur-Seine a se mobiliser pour demander la démission de Pierre Bell-Lloch. Et ils peuvent compter sur notre détermination pour être avec eux dans cette bataille. »

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • "Le problème n’est pas Jean-Claude Kennedy : quand une femme est violée, on ne peut pas lui reprocher d’avoir une mini-jupe. »
    Effectivement, à cet instant précis, mon problème n’est pas Jean-Claude Kennedy, ni Pierre Bell-Lloch. C’est vous Madame ! et votre comparaison abjecte. Non, la situation de M. Kennedy n’est pas assimilable à celle d’une femme en mini-jupe qui se ferait violer ! Vous m’avez donné envie de vomir. Je vous garantis que Vitry saura se passer de vous.

    Louiza Yacine Le 8 juillet à 21:17
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.