Accueil | Par Pierre Jacquemain | 23 mai 2019

Isabelle Lorand : « Il faut accompagner la mort et se donner les moyens des soins palliatifs »

L’affaire Vincent Lambert relance la question de la fin de vie. Quel accompagnement pour quelle fin de vie ? Et quel système de santé ? Isabelle Lorand, chirurgienne, élue communiste à la mairie de Vitry-sur-Seine, est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le cas Vincent Lambert 
« Personnellement, je n’ai pas d’opinion sur ce dossier. »
« Il n’y a pas de vérité dans un sujet comme ça. »
« Tout ce qui tend à formaliser, à donner des vérités, à donner des cadres généraux dans des histoires aussi complexes et intimes que la fin de vie, pousse la société à des catastrophes. »
« Le débat tel qu’il se mène dans la société sur l’euthanasie conduit des catastrophes. »

 Sur la fin de vie 
« Dans la grande majorité des cas, ça se passe de bonne façon avec un accompagnement. »
« La loi actuelle permet la sédation profonde : la personne ne doit plus avoir de douleur physique et morale. »
« La mort a toujours été un tabou. »
« Quand on regarde les peintures rupestres, c’est une façon de transcender la mort. »
« Aujourd’hui, on est dans un déni de mort : il y a plus de la moitié des gens de moins de 40 ans qui habitent dans la région parisienne qui n’ont jamais vu un mort. »
« Avant, le mort était accompagné par la famille, les voisins, le village, il y avait un processus collectif. La mort n’existe plus dans le quotidien, la réalité de vie des gens. »
« La mort n’est plus un tabou, c’est un déni. »

 Sur le suicide assisté 
« Dans ma pratique de médecin, je n’ai jamais été confronté à cette réalité. »
« La réalité, c’est qu’il y a des familles avec qui on parle longuement. Et, s’il y a une attention collective portée sur l’accompagnement, les choses ne se font jamais de manière brutale. »
« Il ne faut pas légiférer parce qu’il n’y a que des cas particuliers. Il n’y a pas de cadre général. »
« Si on légifère, c’est qu’on considère qu’il y a une vérité, et la seule vérité, c’est le respect de la famille. »
« Il faut que la société se donne les moyens de ne pas arriver à des impasses comme celle de la situation de Vincent Lambert. »
« Il faut remettre la mort dans le quotidien, dans la normalité des processus de vie. Il faut accompagner la mort et se donner les moyens des soins palliatifs. »
« Il faut avoir une pensée collective sur ce sujet. »

 Sur l’évolution de la qualité des soins et la politique de santé 
« On est en régression : on était le premier système de santé au monde il y a vingt ans, on est aujourd’hui au 22ème rang. »
« Les baisses de moyens et de personnels sont lamentables. »
« En 1985, l’OMS alertait sur le fait que le numerus clausus allait entrainer une pénurie de médecins (…). De gouvernement en gouvernement, on a supprimé les médecins, les kinésithérapeutes, les infirmières, les aides-soignants. »
« Derrière les cas particuliers, on s’évite les vrais débats c’est-à-dire comment on développe les soins palliatifs et comment on traite la douleur. »
« La tarification à l’activité a été le coup de grâce de ce qui était le fleuron du meilleur système de santé au monde : il n’y a plus que la logique comptable. »

 Sur le recrutement des personnels soignants 
« Il faut arrêter les concours sélectifs. »
« On est très loin des besoins. »

 Sur l’Europe et la santé 
« Il faut arrêter le pacte de stabilité parce que le désastre du service public, c’est cette folie de la logique du pacte de stabilité. »
« Il faut privilégier la politique du mieux disant : il faut chercher dans chaque pays ce qui est le mieux pour les gens et pas pour l’argent. »

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