Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 7 avril 2021

Isabelle This Saint-Jean : « À gauche, il n’y a pas tant de désaccords que ça »

Où va le Parti socialiste ? Quelle est sa ligne politique ? Que veulent les socialistes ? Isabelle This Saint-Jean, professeure d’économie à l’Université Paris Nord 13, conseillère régionale d’Ile-de-France et secrétaire nationale du Parti Socialiste en charge des études, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le positionnement politique du PS 
« Le PS est arrivé en 2017 dans un état de très très grande faiblesse. Faiblesse qui est celle de toute la gauche. »
« On ne peut pas parler du PS sans parler de l’ensemble de la gauche. »
« Le PS a fait tout un travail à bas bruit de repositionnement très profond même si ça ne s’est pas vu. »
« Le PS a accepté de faire le bilan du quinquennat qui a été reproché très fortement à Olivier Faure. »
« Tout n’est pas parfait dans le bilan du quinquennat de François Hollande mais il y a des choses positives comme les accords de Paris. Tout n’est pas parfait mais tout n’est pas à jeter. »
« Il fallait que le PS se réaffirme très clairement comme un parti dont la volonté est une volonté transformatrice et pas une volonté d’accompagnement. »
« Le PS est dans une volonté de transformation radicale. »
« Le PS a laissé place à une nouvelle génération. »
« On a la volonté d’être une gauche de transformation. »
« Il faut une modification de nos institutions. La Vè République est à bout de souffle. »
« On a été sans arrêt dans l’opposition à Emmanuel Macron. »
« On est dans une stratégie d’ouverture vis-à-vis de la gauche. »
« À l’intérieur de l’espace de la gauche, on ne diffère pas fondamentalement. »
« Il serait bien de réapprendre, à l’intérieur de nos organisations politiques, syndicales et associatives, à discuter ensemble pour voir jusqu’à quel point on diffère. C’est absolument déterminant. »

 Sur la République, la laïcité, les réunions non mixtes 
« C’est des vieux débats qui déchirent la gauche depuis très longtemps. Ça n’est pas nouveau. »
« Ce que disent Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann à la France insoumise, c’est que dit le PS sur ces questions-là. »
« Ce que dit Manuel Valls n’est pas ce que dit le PS.
« Je ne pense pas que le PS dise ce que Valls et le printemps républicain racontent. »
« On prend pleinement les lois de la laïcité et on ne veut pas manifester avec des gens qui refusent ces lois [à propos de la marche contre l’islamophobie]. » 
« Le PS a voulu rappeler son attachement aux valeurs universalistes, aux valeurs de la République et à la laïcité. »
« À partir de la réaffirmation de cette identité de la République, des valeurs universalistes et de la laïcité, le PS a pu générer des incompréhensions et des crispations. Voire des positions dans lesquelles tout le monde ne se retrouve pas. »
« Il est temps de redescendre, de discuter et de se rendre compte du commun que l’on a ensemble à gauche. »
« Macron jubile parce qu’il divise la gauche. »
« Les attaques sur l’islamogauchisme à l’université ont été monstrueuses. »
« Il faut qu’on arrête de s’engouffrer dans les pièges tendus par Emmanuel Macron et qui divisent la gauche. » 
« L’égalité réelle passe par des luttes contres les discriminations et pour la justice sociale. On va tous s’y retrouver. Allons sur les combats qu’on peut mener ensemble. Nous avons les mêmes solutions à gauche, pour l’essentiel. »
« Je ne crois pas que nous ayons des désaccords radicaux à gauche. »

 Sur la progression et le danger de l’extrême droite  
« Il faut sortir du cadre strictement français. On vit une crise internationale et on l’a vu au moment des gilets jaunes. »
« Chaque époque se vit comme historique mais comment ne pas penser que la nôtre ne l’est pas sérieusement ? Nous faisons face à la fois au défi climatique et environnemental avec la sixième extinction de masse ; au défi de la pandémie (…) ; au défi technologique qui bouleverse nos vies quotidiennes, nos modes de travail et l’emploi. »
« L’extrême droite est extrêmement organisée. »
« Les modifications géopolitiques se traduisent par une fragilisation de l’Europe et un sentiment très profond des gens qui pensent qu’il n’y a pas de solution. »
« Il faut arrêter les divisions stériles à gauche qui font qu’on passe plus de temps à se foutre sur la gueule. »
« À gauche, il n’y a pas tant de désaccords que ça. »

 Sur la nécessaire réunion à gauche 
« Je n’ai absolument aucun doute sur le fait qu’il faille un candidat unique de toute la gauche pour 2022. »
« Je ne crois pas à la tripartition de l’espace politique qui est le notre entre la gauche radicale, l’écologie politique et la sociale-démocratie. »
« Je ne crois pas à la disparition des partis politiques. »
« Je crois qu’il faut un nouveau souffle démocratique. »
« Chez les jeunes, ce qui prime, c’est l’abstention : ils ne se reconnaissent plus dans rien. »
« Je ne sais pas s’il faut aller vers une 6e République mais il faut en tous les cas une évolution profonde de la 5e. »
« Je ne crois pas au remplacement des partis par de la démocratie directe. »
« Le rôle d’un parti politique, c’est d’essayer de faire en sorte que la pluralité des intérêts qui sont portés par chacun d’entre nous soit discuté collectivement dans l’intérêt général. »
« Un parti, ça a la fonction de transformation des demandes individuelles en une offre politique collective. »
« Je n’aime pas les partis qui sont organisés uniquement derrière un homme : je ne crois pas à l’intelligence individuelle d’un seul. »
« Il faut que tout le monde autour de la table pour se parler et discuter. »
« Il y a une urgence sociale, démocratique et écologique : il y a le feu ! »
« La situation nécessite que la gauche revienne. »
« Il ne peut y avoir d’homme ou de femme providentiel-le. Il faut un mouvement et une personne qui porte le talisman de l’unité de la gauche. »
« Si le seul adversaire, c’est le Parti socialiste dit social-démocrate ou social-traitre, on ne va pas y arriver. »
« Olivier n’exclut rien [pour 2022] : il dit qu’il faut que cela soit le ou la meilleur-e d’entre nous. Et, évidemment, en tant que secrétaire national du Parti socialiste, il préférerait que ce soit un socialiste. »
« C’est Yannick Jadot qui a lancé le dernier appel à la réunion mais Olivier Faure le lance avec constance, depuis 3 ans, qui l’honore. »

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  • Isabelle This Saint-Jean maîtrise très bien la langue de bois, la langue française aussi, mais c’est la première qui compte en politique. Elle en fait en professionnelle, avec talent. L’expression ‘gauche radicale’ qu’elle utilise désigne en fait, traduite de la langue de bois en français, l’extrême-gauche.

    Ainsi, par un biais langagier, l’extrême-gauche n’existe pas. On peut donc parler de la gauche comme d’un ensemble homogène sur bien des points, permettant à tous ses composants de se fréquenter. En son sein toutes les alliances sont possibles, sans qu’aucun principe ne vienne les questionner. Cette règle pratique est actée implicitement par tout le personnel politique.

    Sur la partie droite de l’échiquier politique, cette règle ne s’applique pas. La distinction est absolue entre la droite et l’extrême droite. Aucune alliance n’est possible, et la division définitive des courants de droite est une règle irréfragable. Celui qui envisage de la fissurer, même par un simple accord de désistement au second tour, est un fasciste, un raciste, un adepte des idées nauséabondes qui rappellent les heures les plus sombres. Bref un monstre. Ainsi, par le jeu des triangulaires, l’ensemble formé par la gauche et l’extrême-gauche peut garder le pouvoir tout en étant minoritaire.

    Glycère BENOIT Le 8 avril à 07:34
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