Accueil | Par Pierre Jacquemain | 21 décembre 2017

Jean-Baptiste Eyraud : "Macron veut ubériser les rapports locatifs et détruire le droit à la stabilité."

Emmanuel Macron s’est engagé à loger tous les sans-abris avant la fin de l’année 2017. À dix jours de l’échéance, #LaMidinale fait le point avec le porte-parole et fondateur de l’association Droit Au Logement (DAL), Jean-Baptiste Eyraud.

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Sur la politique du gouvernement
« Le gouvernement mène une politique mortifère du point de vue des migrants. »
« La France est une terre d’accueil et doit continuer à l’être. »
« Emmanuel Macron veut ubériser les rapports locatifs et détruire le droit à la stabilité. »

Sur les ministres Jacques Mézard et Julien Denormandie
« Ils sont hors-sol pour leur intérêt. Ils savent ce qui se passe en bas mais ils ne veulent pas s’en occuper, ça n’est pas leur priorité. »

Sur la situation du mal-logement
« Il n’y a jamais eu autant de sans-abris dans notre pays. »
« Avec un petit salaire aujourd’hui, on n’arrive pas à se loger dans les grandes métropoles. »
« Vivre dans la rue est une torture sociale et physique. »
« Sans logement, on n’existe pas dans la société. »

Sur le futur projet de loi Logement
« Il faudrait encadrer les loyers à la baisse, taxer vigoureusement les profits immobiliers pour que le logement redevienne accessible. »

Sur la solidarité
« Il y a un affaiblissement de la résistance et des luttes. »
« Ce qui nous manque aujourd’hui, ce sont les intellectuels, les artistes. »
« On sent qu’il y a une génération qui a du mal à se mettre dans le combat social et qui est plutôt dans des positionnements individuels. »

Sur le délit de solidarité
« La répression fait partie des moyens de casser les résistances. »
« Nous devons avoir des combats qui gagnent et qui encouragent d’autres à se mobiliser. »

Sur le budget de 1 200€ alloué aux députés pour se loger à Paris
« C’est le choc total. 1 200€ d’APL, c’est ce qu’on voudrait pour tous les locataires. »

Sur la réquisition des logements vacants
« La réquisition est populaire. Les expulsions sont impopulaires. »
« En France, on n’a jamais compté autant de logements vacants. On est bientôt à trois millions de logements vides dans l’ensemble du pays. »
« À Paris, quand on laisse un logement vacant, on spécule. »

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  • Depuis le 26 novembre des étudiants et de jeunes exilés nantais occupent un château de 888 m², le chateau du Tertre à Nantes. Ironie de l’Histoire, le bâtiment construit par un armateur nantais qui a participé au commerce d’esclaves noirs est maintenant occupé par leurs petits-enfants.

    Durruti Le 22 décembre 2017 à 08:25
       
    • Ironie du sort prêtant à l’idée qu’il y a une justice... Justice qui ne vient pas du tribunal en tous cas.

      Carlos Le 22 décembre 2017 à 08:50
  •  
  • JB Eyraud continue d’enfoncer les portes ouvertes , au sens propre comme au sens figuré.
    Dans des parties du territoire national, comme celle où j’habite, plus de 30 années de destructions d’emplois et de mise au chômage de centaines de milliers de gens ont abouti à la reconstitution de quartiers-ghettos où se concentre la misère moderne, économique , sociale et culturelle.
    Il y a effectivement des centaines de milliers de logements vides ( encore faut-il dire pourquoi) et plus encore de logements indécents loués à prix d’or par des marchands de sommeil à de pauvres gens qui déménagent à la cloche de bois dès qu’ils le peuvent. Le développement du sous emploi précaire conduit certains à vivre dans des foyers ou même des véhicules. Combien savent que les logements HLM sont refusés à des demandeurs parce que leur" reste à vivre" après avoir régler un loyer APAlisé serait trop faible. On préfère laisser les gens dehors plutôt que de les laisser mourir de faim...

    Bien sûr qu’il faut "des combats qui gagnent", pour sortir les gens de leur galère, yaka fokon ... mais où sont les
    militants et où sont les principaux intéressés eux-mêmes ? Samedi dernier , à Saint-Etienne, ville moyenne de 160 000 ha, pas moins de 47 !!! comités, associations diverses appelaient à se rassembler devant la préfecture pour que "personne ne dorme dans la rue" ; Bilan : une quarantaine de pélerins étaient au rendez-vous.Sans commentaire.

    Claude S Le 23 décembre 2017 à 17:44
       
    • Au contraire, j’aimerai que vous puissiez continuer à étoffer votre commentaire... Car d’après vous, le chiffre des présents correspondait il a celui des sympathisants ? Ou bien, y a t’il + de gens qui partagent votre diagnostic que le nombre ne le laisse figurer ? Et dans ce cas pourquoi selon vous les personnes ne se sont elles pas déplacées ? L’heure ? Le jour ? Etc...

      Carlos Le 24 décembre 2017 à 01:53
    •  
    • le samedi et l’heure avaient été choisis évidemment pour créer les meilleures conditions de ce rassemblement. Peut-être, la météo exécrable ( froid et neige) et la proximité des fêtes de Noël ont-elle joué en sa défaveur ? Plus fondamentalement, notre appréciation du niveau de conscience sociale et politique de nos concitoyens était erronée.

      Claude S Le 24 décembre 2017 à 14:59
  •  
  • @Claude - notre appréciation du niveau de conscience sociale et politique de nos concitoyens était erronée.
    => si je vous suis bien, la conscience citoyenne des français et proche de "zéro", c’est bien cela ?

    Carlos Le 25 décembre 2017 à 10:38
       
    • Vous me suivez bien. J’ajouterai que dans le monde formidable qui est le nôtre, qualifié de libre et démocratique et tout et tout... On n’en arrive à ne plus voir la misère sociale et culturelle au coin de sa rue, dans son quartier ou dans sa ville. Et surtout, même si on en a conscience, on préfère rester bien au chaud et bien calé dans son fauteuil derrière son clavier plutôt que de se réunir, se rassembler, manifester publiquement sa solidarité et agir pour que cela change.

      Claude Le 26 décembre 2017 à 19:40
    •  
    • @Claude - l’engagement militant ou associatif est un sujet d’étude en sciences sociales et on y mentionne bien souvent que celui-ci s’est transformé et continue de le faire d’ailleurs... Tout en soulignant que ces transformations s’accompagnent d’un recul notable des effectifs de ce secteur ainsi que du "Nous" au profit du "Je" (certains pensent pour autant que la "valorisation de soi" a toujours été un moteur du militantisme). Mais pour ceux qui sautent le pas, deux formes d’investissement se dégagent nettement :
       l’engagement local, la proximité du combat apparait ici comme primordiale,
       l’engagement "distancié", la cause défendue y est alors souvent plus globale ou diffuse et rend difficile tout autre mode d’actions qu’un "virtuel".

      Pour ces 2 cas, coexistent des tendances d’engagement différenciées qui vont de l’une très limitée dans le temps à une autre, empreinte d’une totale immersion dans le sujet.

      Quant à ceux qui vous chagrinent et qui ne s’investissent pas du tout, je me souviens de l’évocation du "passager clandestin" qui, anonymisé au possible, loin de tout sentiment d’appartenance, parfois résigné, sinon cynique, profite y compris sans en avoir conscience de la lutte dont d’autres que lui payent le prix... Cela apparait comme un comportement par trop rationnel, jusqu’à ce que, sans que lui-meme ait besoin de creuser très profond l’analyse, il sache indubitablement que ce comportement s’avère totalement anti-productif puisque grevant les victoires de ceux qui défendent y compris ses intérêts propres ! Mais encore faut il qu’il lui reste du "temps de cerveau" disponible pour mener à bien cette réflexion...

      Le militant et le "passager clandestin" restent donc bien au final, logés à la même enseigne, celle imposée lors de ce qui n’est qu’une lutte d’influence et de pouvoir pour faire "le droit", entre un intérêt général, collectif, et un intérêt particulier, florissant dans l’inégalité... Cette non-participation pose effectivement la question de la démocratie et donc de l’éducation "citoyenne" et populaire... L’éducation populaire étant le meilleur moyen de promouvoir "l’agir démocratique" !

      Et comme dans domaine, il est principalement question de volonté politique, il y a fort à parier que ce type de comportement, auto-destructeur, encouragé par la toute puissance d’une idéologie totalitariste économique qui l’est elle-même par nature, résiste pour encore longtemps...

      Pour ma part, je crois que pour changer durablement les choses, il faut un projet de société capable de "laisser le choix" réellement au citoyen de s’investir ou non. Les programmes politiques m’intéressent a ce titre... Et à part "l’avenir en commun", je n’en vois pas qui soit assez ambitieux pour faire que la balance penche vers plus de justice et de démocratie...

      Carlos Le 27 décembre 2017 à 07:46
    •  
    • @Claude - Je sous-entend, par mon argumentaire, que le salut de l’engagement associatif et citoyen passe par la nécessité d’un engagement politique... Tant que les associations qui se battent dans le champ de l’injustice jouerons la carte de la "neutralité" politique alors qu’elles subissent elles-mêmes l’influence néfaste d’une vision hautement individualiste et concurrentielle (qui n’est pas synonyme d’émulation) de la société, elles entretiendront le handicap qui est le leur à remplir les objectifs qu’elles se sont données...

      Carlos Le 27 décembre 2017 à 07:56
    •  
    • Carlos, je partage votre point de vue sur le mouvement associatif. L’aspect positif est que des individualités rejoignent un collectif qui les fédèrent pour fixer et atteindre un objectif donné ; l’aspect négatif, c’est son caractère volatil et temporaire : On retrouve souvent les mêmes bénévoles dans plusieurs associations à la fois dans des circonstances différentes. Cet engagement tout azimuts ainsi que la neutralité politique et idéologique revendiquée ( elle peut aller jusqu’à l’abstention électorale) seraient pour certains l’antidote de tout "embrigadement" partidaire. De là sans doute la préférence qu’ils donnent à l’adhésion au "mouvement" plutôt qu’au parti politique classique.

      Jacques M. Le 27 décembre 2017 à 18:36
  •  
  • Bonjour, j’ai eu le plaisir de me rentre sur ce blog, l’ambiance, la qualité des installations, le sentiment de liberté de bien être vous gagne des vôtre arrivé…
    Voyance en ligne par mail

    Shamss Le 26 décembre 2017 à 15:40
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