Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 9 février 2018

Jean-Marie Godard (auteur de "Paroles de flics") : "Les policiers ont l’impression d’être seuls contre tous."

Y a-t-il une fracture grandissante entre les Français et leur police ? Pourquoi les policiers votent-ils de plus en massivement pour le FN ? Et la « police de sécurité du quotidien » que Gérard Collomb a lancée hier, à quoi va-t-elle servir ? Réponses avec Jean-Marie Godard, auteur de « Paroles de flics » aux éditions Fayard.

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 Sur l’image de la police dans la société 
« Je ne suis pas sûr que tout le monde déteste la police. »
« Je pense qu’il y a une frange de la société, plutôt militante qui déteste la police. »
« A part pour Vigipirate, plus personne ne voit la police : elle est dans les voitures donc on n’a plus de contact avec la population sauf quand elle vient dans les commissariats. »

 Sur la « police de sécurité du quotidien » 
« La police de sécurité du quotidien, c’est le retour de la police de proximité. »
« Quand Nicolas Sarkozy a cassé la police de proximité, on est passé d’une police qui était axée sur la citoyenneté et la prévention à la création de plein de services spécialisés qui étaient consacrés au tout répressif. »
« C’est une bonne idée de vouloir que les policiers soient aussi sur le terrain à discuter avec les gens. »
« La police de sécurité du quotidien, elle peut résoudre les problèmes de malaise et de mal-être des policiers à partir du moment où on y met les moyens. »

 Sur la politique du chiffre dans la police 
« Il y a une politique du chiffre qui consiste à interpeler tout et n’importe quoi et à mettre des PV partout pour faire grimper les statistiques d’affaires résolues sans s’intéresser au contenu. »
« La police est une force civile, pas militaire. »
« Il faut supprimer définitivement la politique du chiffre. »

 Sur la hiérarchie dans la police 
« Il y a une coupure totale entre le politique et l’opérationnel sur le terrain. »
« Il y a une dichotomie totale entre le monde de l’administration et le monde du terrain. »

 Sur l’élaboration et l’accueil du livre 
« Quand j’ai voulu faire ce livre, on m’a tout simplement dit non. »
« Ce non prononcé d’en haut m’a ouvert encore plus de portes en bas. »
« Mon livre a été super bien accueilli par les policiers sur le terrain. »

 Sur les politiques et la police 
« Il y a un gros souci avec la question de la police à gauche. »
« Il y a une tentation d’une partie des policiers de se tourner vers Marine Le Pen. »
« Ce n’est pas une démarche idéologisée mais une démarche de colère et de révolte. »
« Les policiers ont l’impression d’être seuls contre tous. »

 Sur la formation des policiers 
« Le problème de la police, c’est un peu le même que celui de l’éducation nationale : les premiers postes d’affectation sont souvent les plus durs. »
« J’ai rencontré des policiers qui venaient de province et qui ne savaient pas ce qu’était la délinquance. »
« Les policiers ont une formation très théorique. »
« J’ai rencontré des policiers de province qui vivent super bien leur boulot. »

Sur les femmes dans la police 
« Il y a de plus en plus de femmes dans la police. »
« Dans la police, les femmes sont rentrées par le haut, par les commissaires et les officiers. »
« J’ai rencontré des femmes en BAC. »
« Je n’ai pas vu de problèmes de sexisme dans la police. »

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  • Bonjour
    je crois qu’il ne faut pas mélanger :avoir une bonne police , pour les criminels, voleurs....par exemple et une une politique sécuritaire en matière de maintien de l’ordre.....pour assurer l’ordre capitaliste faut-il le rappeler.Bonne police , veut dire , non seulement les conditions de travail, les moyens, mais le recrutement et surtout la qualité du recrutement, cela vaut pour les profs ...l’Armée, a peut être mieux compris que la police qu’il ne faut plus recruter n’importe qui.Il faut rappeler aussi , que la France est un des pays les plus fliqué au monde , en terme quantitatif, par rapport au nombre de sa population.
    Toujours le rapport quantité/qualité.
    De plus il faut-il s’inquiéter d’une demande sécuritaire de la population, qui demande de plus en plus d’être surveiller , au nom de sa sécurité. insécurité réel ou fantasmé ?!
    Dérive qui va avec le viéillissement de la population, et l’extension des logements pavillonnaires ?

    BOB Le 11 février à 14:49
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