Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 8 avril 2019

Jérôme Gleizes (EELV) : « Macron est l’idiot utile du fascisme »

Les européennes ne sont pas encore passées que les municipales - qui auront lieu en mars 2019 - sont déjà dans toutes les têtes. En juin prochain, EELV choisira son candidat pour Paris. Parmi eux, Jérôme Gleizes, élu du 20ème arrondissement et conseiller de Paris est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur EELV, la gauche et l’économie de marché 
« Je suis de gauche. »
« Tant qu’il y aura de l’exploitation et de l’aliénation, être de gauche aura toujours un sens. »
« Les rapports de classe existent toujours. »
« L’économie de marché n’existe pas : les libéraux nous ont vendu une fable qui n’existe pas. »
« L’économie de marché n’est compatible ni avec la gauche, ni avec l’écologie. »
« Les écologistes ont toujours défendu les petites entreprises et les petits commerçants mais ça n’a rien à voir avec l’économie de marché qui est l’économie des prédateurs et des grandes entreprises. »
« Yannick Jadot a fait une erreur de communication. »
« Je soutiendrai Yannick Jadot aux européennes. »

 Sur EELV et le macronisme 
« Il y’a des gens qui ont fait des changements de parcours politiques mais, quand on va voter EELV, on va voter pour le groupe écologiste au Parlement européen, pas pour l’ALDE. Or voter En Marche, c’est voter ALDE. »
« Les gens sont totalement perdus et ils font n’importe quoi. »

 Sur les gilets jaunes 
« Ce qui m’inquiète, c’est la violence. »
« Face à la violence légitime de l’Etat, c’est difficile de s’opposer. »
« La violence légitime d’Etat entraine un renforcement de l’Etat policier et une perte des libertés publiques. »
« On n’est pas en situation de guerre civile mais on habitue petit à petit les populations à la police. »
« Pour moi, Macron, c’est l’idiot utile du fascisme. »

 Sur sa candidature à la candidature EELV à la Mairie de Paris 
« Julien Bayou, Antoinette Guhl ou David Belliard [candidats à la candidature] sont dans un enfermement identitaire. »
« Il n’y a pas d’écologie possible autre que de gauche à Paris. »
« Il n’y aura pas de majorité à Paris. »
« Il faut s’élargir vers Génération.s et d’autres forces politiques. »
« J’ai toujours défendu l’union de la gauche et des écologistes de façon à pouvoir exercer le pouvoir. »

 Sur la politique écologiste d’Anne Hidalgo 
« Elle mène une politique du pas à pas et c’est une politique totalement segmentée. »
« Le problème avec les sociaux-démocrates, c’est qu’ils n’ont pas compris que l’écologie est quelque chose qui fait système. »

 Sur les enjeux de la prochaine mandature à Paris 
« Je pense que l’enjeu central est celui du logement et de la gentrification de Paris. »
« Il faut prendre possession des terres de façon à ne pas entrainer une hausse excessive du prix au m2 - pour la partie du logement privé. »
« Les communistes ne comprennent pas qu’il faut aussi arrêter de construire du logement : on peut faire du logement différemment, on peut conventionner du logement privé, on peut transformer des bureaux en logements. »

 Sur la situation des migrants à Paris 
« La situation française est kafkaïenne : les gens viennent et ils continueront à venir tant qu’il y aura des guerres. »
« On fait comme si les migrants n’existaient pas : toutes les semaines, on les vire et ils reviennent. C’est une situation française avec une hypocrisie macronienne. »
« Il faut assumer et ne pas avoir peur que le HCR fasse un camp à Paris. »
« On oublie qu’on a régularisé des centaines de milliers de personnes au moment des boat people. Là, on est sur des chiffres qui sont beaucoup moins importants que dans les années 70 donc c’est de l’hypocrisie. »
« On a peur de la montée de l’extrême droite donc on ne veut pas assumer notre rôle qui est d’aider des gens qui ne sont là que temporairement. »
« Il est normal d’aider les migrants le temps que les choses s’améliorent dans leurs pays. »

Pour aller plus loin, le texte de candidature de Jérôme Gleizes à la candidature interne à EELV : https://blogs.mediapart.fr/jerome-g/blog/010419/le-paris-ecologiste

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  • La situation de Jérôme Gleizes quant à elle n’est pas kafkaïenne mais elle est ubuesque. Est-ce tellement mieux ? Affirmer que l’économie de marché n’’existe pas est dénué de sens. Autant dire que l’économie n’existe pas, que le marché n’existe pas. Absurde. Il aurait pu dire, pour rester dans les parages de la raison, que l’’économie de marché n’est pas parfaite, que clients et fournisseurs ne sont pas parfaitement informés de l’état de la concurrence au moment d’effectuer un échange, que le marché est toujours plus ou moins biaisé. Mais il existe. Cela aurait été au moins sensé.

    Pour quelles raison proférer des absurdités ? Pour un avantage sur le marché politique ? En effet la politique est elle aussi un marché où l’on échange des promesses contre des votes. Mais quelle clientèle Jérôme Gleizes compte-t-il capter avec ce genre d’accroche ?

    Glycère Benoît Le 8 avril à 17:51
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  • Dire que l’économie de marché n’existe pas ne veut pas dire que le marché n’existe pas. C’est une fiction économique qui n’existe pas. La théorie économique dit qu’en concurrence pure et parfaite, les profits tendent vers 0. La réalité est loin de cette fiction.
    Pour les libéraux, la théorie doit être performative. La société doit s’adapter à leur modèle et non la théorie doit selon le principe de réfutabilité de Pop personnes, la théorie doit expliquer les faits.
    J’ai fait deux chroniques dans Politis sur ce sujet
    https://www.politis.fr/articles/2018/04/le-mirage-de-la-concurrence-38668/
    et
    https://www.politis.fr/articles/2016/08/le-mirage-de-la-concurrence-35266/
    Sinon la politique n’est un marché que pour l’école du "Public choice". Pour moi, la politique c’est celle dont Aristote dans un livre éponyme.
    https://la-philosophie.com/aristote-la-politique
    Jérôme

    Jérôme Gleizes Le 9 avril à 13:53
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  • C’est la concurrence pure et parfaite qui n’existe pas, comme toute perfection, comme toute pureté. Le marché réel fait partie de l’économie, qu’il n’est pas abusif sur le plan sémantique d’appeler économie de marché. Elle existe donc bien. On peut l’appeler aussi capitalisme, dont l’expression économie de marché est l’euphémisme. Cela évite d’employer des gros mots et permet de rester poli.

    Elle existe et il est même difficile d’imaginer une économie où il n’y ait pas de marché, c’est-à-dire l’endroit où se fait l’échange, lequel obéit au principe de la contrepartie. L’alternative au marché serait la distribution par rationnement, ce qui répond au principe marxiste ‘à chacun selon ses besoins’. Mais le rationnement engendre toujours un marché noir.

    L’échange par contrepartie est d’apparition spontanée entre les hommes. En cela il date de la nuit des temps. Il n’a pas été inventé par un théoricien. Il est spontané comme la convoitise, qui fait que nous sommes attirés par tel bien ou service plutôt que par tel autre, ce qui détermine leur valeur et pose des problèmes difficiles à résoudre au regard du maintien de la paix sociale, voire de la paix entre les nations, quand ces biens et services sont présents en quantité trop rare pour satisfaire tout le monde.

    Glycère Benoît Le 9 avril à 22:48
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