Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 9 septembre 2019

« Les propos homophobes sont de plus en plus ringardisés, y compris dans les stades »

Homophobie dans le sport : comment agir, comment prévenir ? Jérôme Latta, journaliste et rédacteur en chef des Cahiers du football, a publié un article sur son blog du Monde « Une balle dans le pied » dans lequel il dénonce les stratégies de communication du gouvernement. Il est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’homophobie dans le sport 
« Il y a une part de surexposition du football parce qu’il n’est pas vraiment établi qu’il y a plus d’homophobie dans le football que dans les autres sports. »
« Les propos à caractère homophobe dans le football sont beaucoup plus visibles et médiatisés. »

 Sur le caractère ordinaire de l’homophobie 
« On fait beaucoup de parallèles avec le racisme (…) mais à la différence des propos racistes qui s’expriment dans un terrain de foot et qui se font à l’encontre d’un joueur noir - donc il y a un acte raciste directement dirigé vers sa victime -, l’usage de propos homophobes est indirect, c’est-à-dire qu’on ne vise pas les homosexuels, on essaye de disqualifier l’adversaire en mobilisant ces représentations-là. »
« L’homophobie est partiellement consciente quand elle se déploie comme c’est le cas en ce moment et un des enjeux, c’est de faire émerger la conscience que ces propos et ces stigmatisations sont problématiques. »
« Il y a un caractère inconscient de l’homophobie que l’on justifie par le folklore ou la tradition qu’il faut arriver à remettre en cause. »
« Il faut établir un dialogue avec les associations de supporters et notamment les supporters ultras. »

 Sur l’action du gouvernement 
« Ce qui est surprenant, c’est que le gouvernement semble découvrir ces chants [homophobes] qui ne sont pas nouveaux. »
« Le gouvernement a une méthode à la hussarde qui a consisté à stigmatiser systématiquement les ultras alors qu’il faut souligner que le problème de l’homophobie en France et de sa banalisation n’est pas propre aux ultras, il est transversal. »
« Les ultras ont à juste titre le sentiment d’être stigmatisés depuis longtemps et d’être victimes de privation de libertés avec des interdictions administratives de stade, des interdictions de déplacements ou des fichages illégaux. »
« Les supporters ont été les cobayes de ces politiques de surveillance et de privation de droits élémentaires. »

 Sur les suspensions de match 
« Pourquoi pas mais il faut expliquer la démarche et clarifier la sanction. »
« Il faut clarifier les propos problématiques et sanctionnables pour que les choses soient claires et que le terrain ait été préparé en amont mais surtout pour qu’à la fin, il y ait des résultats. »
« Les propos homophobes sont de plus en plus ringardisés, y compris dans les stades. »

 Sur le racisme 
« C’est comme pour l’homophobie, ça renvoie à un problème qui est posé dans l’espace public général en France et qui s’exprime avec une certaine vacuité dans le football. »
« Ça n’est pas qu’une question d’élite. Ça illustre le rapport très complexe du football avec ce qu’on appelle la diversité. Ça remonte à 1998 avec la France Black-Blanc-Beur dont on faisait l’éloge, sans se rendre compte que les symboles c’est bien mais qu’il faut derrière une société juste et qui représente les blancs, les blacks, les beurs, de manière équitable sans leur faire subir les discriminations. »
« On voit que dans le football, dans le sport d’élite - pas seulement le football -, il y a une surreprésentation des noirs mais qui tient à la composition sociologique des milieux sociaux, géographiques, où se trouvent les futurs footballeurs. »

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