Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 6 septembre 2018

Julia Cagé : « Les politiques ne cherchent plus à convaincre les électeurs mais les donateurs »

L’économie est-elle compatible avec l’écologie ? Le poids des intérêts privés dans les campagnes politiques est-elle compatible avec la démocratie ? Julia Cagé, économiste et auteure de Le Prix de la démocratie (Fayard) est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’écologie et l’économie 
« Je pense qu’on peut faire de l’économie verte, que l’économie verte est un facteur d’emplois important dans le futur. »
« Les économistes n’ont pas assez travaillé sur les questions d’environnement même si une nouvelle génération d’économistes qui se pose de plus en plus ces questions. »

 Sur la croissance et l’écologie 
« Je ne sais pas s’il faut promouvoir l’idée de décroissance et je ne sais pas si ce gouvernement est en train de faire de plus en plus de croissance - si on regarde les statistiques il n’y en a pas beaucoup actuellement - ce qui est sûr c’est qu’il nous fait aujourd’hui un nouveau modèle de développement. »
« Je pense qu’il est possible de faire de la croissance verte. »
« Je trouve dommage qu’à gauche on n’arrive pas à mettre d’accord Génération.s, le Parti socialiste, les insoumis et EELV parce que l’urgence c’est d’avoir un programme économique de gauche qui vise à réduire les inégalités et lutter contre le réchauffement climatique. »

 Sur la démocratie 
« La France est une démocratie mais ce que je montre dans le livre, c’est qu’on va de plus en plus vers un régime censitaire. »
« Les individus les plus favorisés, ceux qui sont les plus riches, ont plus de poids politique que les individus moins favorisés. »
« Il y a un problème en France du poids croissant des intérêts privés dans le jeu démocratique. »

 Sur la privation du jeu démocratique 
« Aujourd’hui en France, vous avez une minorité d’individus qui donne aux partis politiques. »
« Les dons aux partis politiques, c’est 290000 personnes par an, soit 0,79% des Français. »
« On a une course de la part des différents partis politiques aux financement privés. »
« Vous avez des hommes politiques qui vont chercher à avoir davantage de financements, qui proviennent des plus riches, qui vont privilégier les partis politiques qui vont avoir des programmes économiquement plus conservateurs - avec des baisses d’impôts pour les plus riches comme on l’a vu avec Macron et la suppression de l’ISF. »
« À la place d’essayer de convaincre les électeurs - la majorité des citoyens -, les hommes politiques vont de plus en plus essayer de convaincre les donateurs, c’est-à-dire une poignée d’individus. »

 Sur le contrôle citoyen 
« Le problème c’est le sentiment de dépossession du jeu démocratique même si ça n’est pas propre à la France. »
« Les citoyens choisissent soit de voter, soit de voter pour les partis populistes. »
« Le véritable problème c’est le poids croissant de l’argent privé dans le jeu électoral. »
« Il faut mettre en place des régulations contre ce poids massif de l’argent privé avec un financement public égalitaire de la démocratie. »
« Le constat de base c’est que la crise de la représentation n’est pas une fatalité mais que la démocratie a un coût. Ce coût ne doit pas être porté par les intérêts privés. Il faut un financement généreux de la démocratie. »
« Il faut lutter drastiquement contre les dons privés aux partis et aux campagnes électorales. »
« Il faut limiter le plafond des dons à deux cent euros par citoyens. »

 Sur la coût de la démocratie 
« Ce qu’on montre c’est qu’en moyenne, statistiquement, plus un candidat dépense, plus il obtient de voix, plus il augmente ça probabilité de gagner les élections. »
« Le prix d’un vote est relativement faible, il est de 32€. Si un individu est autorisé à donner 7500€ à un parti politique, il peut acheter un paquet de voix. »
« On a mis en place un système de financement injuste des dons aux partis politiques où l’Etat paie pour satisfaire les préférences politiques des plus riches à travers des déductions fiscales. »
« Ce qui permet à la droite de remporter en moyenne davantage les élections, c’est l’argent. »
« SI on veut permettre demain, pas seulement à la gauche mais à l’ensemble des partis politiques, de partir sur la même ligne de départ au moment de la course électorale, il faut égaliser les financements publics. »
« Il faut que chacun des Français aient le même poids politique devant les urnes. »

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Vos réactions

  • qu’elle appelle clairement à voter pour la France Insoumise et son programme de planification écologique.

    Les faux nez qui viennent semer la division à gauche en soutenant les européïstes libéraux à la sauce hamon : ça suffit.
    Votre revenu universel est une idée ultra-libérale créé par Milton Friedman lui-même : on n’en veut pas  .

    Hulot lui même vient de le reconnaître : pas d’écologie possible dans le cadre du marché. Il faut un État fort qui planifie la transition écologique. Ni EELV ni Génération.s ne proposent cela : ils sont dans la même ligne économique et politique que Macron.

    Il n’y a aucune union à avoir entre génartion.s et EELV. Il y a Hamon qui doit se retirer de la politique, et EELV qui doit se fondre dans LREM. Point.

    vraimentDeGauche Le 6 septembre à 16:17
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  • « une nouvelle génération d’économistes... »

    Ce n’est pas seulement d’une nouvelle génération d’économistes dont la révolution citoyenne à besoin , mais d’une nouvelle génération d’intellectuels dans tous les champs de la connaissance.

    De nouveaux intellectuels qui abordent la réalité avec de nouveaux schèmes , et qui nous réservent pas sans cesse le vieux schémas d’union contre nature , avec ceux-là même qui ont vidé le concept de « gauche » de tout son sens , aussi bien chez les sociaux-démocrates , chez génération, que chez EELV . Être de gauche cela se démontre par des gestes politiques forts et l’écologie n’est la propriété d’aucun (vieux) parti politique .

    Gege Le 7 septembre à 09:49
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