Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 6 février 2019

« L’Etat ferme des EHPAD publics et fait donc de la vieillesse une manne financière pour le privé »

Elle vient de sortir "EHPAD, une honte française" chez Plon. Elle est aide médicopsychologique, militante CGT et elle brigue son premier mandat aux prochaines élections européennes sur la liste de la France insoumise. Anne-Sophie Pelletier est l’invitée de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la manifestation de mardi 5 février avec les syndicats et les gilets jaunes 
« Enfin, il y a une véritable convergence des luttes. »
« Nous avons tous, je ne dirais pas un ennemi commun mais un peu quand même : le gouvernement Macron et ses politiques actuelles. »
« Si aujourd’hui, avec les syndicats, les mouvements, les gilets jaunes, on arrive à porter la lutte pour de la justice sociale, de la justice fiscale, de la justice écologique, je pense qu’il y aura un acte 13, 14 et 15 ! »

 Sur la prise en charge de nos personnes âgées 
« Nos personnes âgées sont notre culture commune. »
« Il faut prendre en soin les personnes âgées dans la dignité qui leur est due. »
« Aujourd’hui, la dignité et l’humain sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité de grands actionnaires. »
« Dans les EHPAD comme à domicile, on manque de temps pour s’occuper correctement de nos personnes âgées. »
« Les soignants sont aussi maltraités et portent la culpabilité de ne pas réussir à faire leur travail correctement. »
« Les prescriptions de travail sont maltraitantes. »
« Il y a tout un système de maltraitance institutionnelle qui se pérennise depuis des années. »

 Sur les responsables de la situation actuelle de nos personnes âgées 
« Les gouvernements successifs sont les premiers responsables puisqu’il n’y a eu aucune politique d’anticipation mise en place pour la vieillesse. »
« Les gros actionnaires de certains groupes – qui ne sont pas des philanthropes – malmènent à la fois les soignants, les familles et les personnes âgées : ils sont là pour faire du profit et pas pour s’occuper des gens. »
« La vieillesse dépendante fait peur et personne ne veut la voir : les personnes âgées sont soit au domicile soit en EHPAD et, dans les deux cas, on ne les voit pas si on n’y travaille pas. »
« La société est jeuniste donc c’est le regard de la société qu’il faut changer. »
« L’Etat ferme des EHPAD publics, laisse la possibilité au privé de s’installer et fait donc que la vieillesse est une manne financière qu’on appelle l’or gris. »

 Sur ce qu’il faudrait faire pour nos personnes âgées 
« Il faudrait plus d’argent pour nos aînés. »
« Il faudrait revoir les montants des allocations personnalisées d’autonomie parce qu’elles ont très peu évoluées. »
« Il faudrait aussi plus d’argent en termes de moyens humains : les soignants ne sont même pas forcément dans une demande d’une réévaluation de leur salaire mais veulent pouvoir mettre de l’humain dans leurs soins, ce qui est la quintessence même de leur travail au-delà de leur technicité. »
« Nos personnes âgées s’habituent [à être maltraitées] et c’est terrible parce que cette habitude ne devrait pas exister. »
« Les soignants, eux, ne s’habituent pas à faire leur travail dans les conditions qui leur sont demandées. »
« Il faut que les soignants et les familles osent parler. »

 Sur la grève de 117 jours à l’EHPAD des Opalines 
« Le mouvement de grève des Opalines, c’était de regarder dans son rétroviseur de conscience et de se dire “quel est le sens de mon travail aujourd’hui ?” »
« Dans les EHPAD, on appelle les personnels soignants “les courants d’air”. »
« Cette grève, c’était un mouvement de la dignité aussi bien pour les personnes âgées que pour les aides-soignantes, les aides médicopsychologiques qui sont trop souvent considérées comme des invisibles. »
« C’était une grève des invisibles. »
« Aujourd’hui, la situation s’est un peu améliorée : un laboratoire de bien-être au travail a été mis en place et des postes ont été recrutés. »
« Ca n’est jamais assez : à moins de s’appeler Benjamin Button, nos personnes âgées vont vers une régression de la pathologie et, avec un nombre de soignants constant et des pathologies plus lourdes à prendre en charge, il y a un problème. »
« Dans les établissements privés à but lucratif, ils pourraient embaucher du personnel sur leurs fonds propres mais ce n’est pas fait car ils ne se basent que sur les dotations de l’ARS. »

 Sur les limites du syndicalisme 
« Les limites du syndicalisme, c’est de se battre avec des lois et un code du travail détricoté par des ordonnances et ne pas y arriver. »
« Plutôt que de me battre avec les lois, mon époux m’a dit : change les. »

 Sur ce qu’elle fera si elle est élue députée européenne 
« Si je suis élue, je vais m’acharner à ce que nos services publics ne soient pas démantelés. »
« L’Europe est vieillissante et c’est nombre de personnes âgées qui vont arriver sur le marché – et j’utilise volontairement ce terme parce qu’aujourd’hui, c’en est un. »

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